‹ Étude Pathogénique et Clinique de l'Hydronéphrose CongénitaleChapitre 13 sur 18 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Service de M. Poxcer

(Observation prise par M. Arnaud, interne des hôpitaux.)

Volumineuse hydronéphrose d'origine probablement congénitale. Extirpation. — Guérison.

J.J., 28 ans, entre le 25 octobre 1908 dans le service de M. le professeur Poncet pour des troubles gastriques anciens qui vont en s'accentuant. Depuis une quinzaine d’annnés, cet homme, dont l’état général était excellent et qui n'avait aucune hérédité facheuse, souffrait de douleurs dans le côté droit, accompagnées de douleurs contrictives à l'épigastre, de digestions lentes et de pyrosis.

Depuis deux ans ces troubles gastriques avaient augmentés, les douleurs étaient devenues plus vives, les vomissements étaient apparus de plus en plus fréquents et abondants. Dans ces derniers temps, l'alimentation est devenue réellement difficile, le malade vomit tous les jours. Amaigrissement considérable.

A l'examen, malade amaigri, mais nullement cachectique, facies coloré et état général bon.

L'examen de l'abdomen ne montre pas de défense de la paroi, pas de voussure anormale.

La palpation révèle l'existence d'une masse rénitente occupant la majeure partie de l'hypocondre gauche et descendant jusqu’à deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic. A la percussion cette tumeur est sonore dans sa partie haute et mate dans sa partie basse. CÜlapotage net à jeun, Pas de péristaltisme,

pas de tumeur. Matité hépatique normale. Reins non perçus. Urines normales.

Devant ces signes, on pense à un estomac dilaté. Ulcère probable et sténose pylorique bénigne.

28 octobre. — Anesthésie à l'éther, M. Leriche fait une laparotomie sus-ombicale; le péritoine ouvert, on aperçoit une tumeur remontant très haut et arrivant au petit bassin en bas, bleutée. Cette masse est accolée à l'estomac intact et de volume normal, qui est refoulé dans l'hypocondre gauche. On pense à un kyste du pancréas, à cause de nombreux feuillets péritonéaux recouvrant la tumeur en avant. Ponction du kyste. Ecoulement de trois à quatre litres d’un liquide clair, à peine teinté, sans odeur.

On cherche un pan de clivage en incisant les feuillets péritonéaux qui recouvrent le kyste et assez aisément la main clive la poche qui s'enfonce dans la profondeur. Pendant ces manœuvres, on aperçoit un petit cordon fibreux qui descend vers le pôle inférieur de la tumeur. A la section, lumière nette, c’est l'uretère On se trouve donc en présence d'une hydronéphrose,

Le clivage est poursuivi et après avoir récliné quelques gros vaisseaux en haut et à gauche, la poche est enlevée en totalité, il n'y a sur elle nulle trace de tissu rénal. C’est un énorme kyste que l'on a extirpé. L'uretère est lié. Le péritoine postérieur marsupialisé au péritoine pariétal antérieur. Deux mèches et un drain sont placés dans la cavité déjà presque virtuelle. On referme l'abdomen.

En somme, il s'agissait d’une volumineuse hydronéphrose droite à développement purement abdominal, ayant passé dans l'espace intergastro-colique droit. Le duodénum n’a pas été vu et devait être refoulé en dedans.

La pièce est lisse extéricurement et intérieurement. Elle a quelques petits diverticules en certains points. Nulle part il n'y a trace de tissu rénal. L'uretère est placé en un point non dilaté, sans malformations, sans calcul.

Les suites opératoires ont été idéalement simples. Le malade est présenté trois semaines après à la Société des sciences médicales par M. Arnaud.

L'examen histologique de la poche a montré qu'il s'agissait bien d’une paroi rénale.

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