‹ Étude Pathogénique et Clinique de l'Hydronéphrose CongénitaleChapitre 14 sur 18 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(In Loire médicale,numéro du 15 janvier 1909. Service de M.VIannay.)

Femme âgée de 30 ans, venue consulter en 1908 pour savoir si oui ou non elle est encejnte.

A l'examen : persistance des règles, absence de pigmentation, tumeur abdomino-pelvienne du volume d’une grossesse de sept mois environ, tendue, fluctuante, sans connexion avec l’utérus, non exactement médiane, mais se rattachant nettement à l'hypocondre gauche et donnant le ballottement rénal.

Sept ou huit ans auparavant, crises douloureuses dans le côté gauche, on avait parlé de colique néphrétique de rein mobile, Depuis, la malade sentait de temps en temps son hypocondre gauche et avait conservé une pollak yurie diurne à peu près constante, qui l'obligeait parfois à uriner toutes les trente à quarante minutes.

Radiographie négative. À

Examen cystoscopique et cathétérisme urétéral. *

L'uretère droit (côté supposé sain) fut cathétérisé d’abord et donna une urine parfaitement claire et limpide. Le méat urétéral gauche restainvisible, bien que le bourr elet interurétéral gauche fut très saillant et très net chez cette femme. En vain on resta plusieurs minutes en observation devant l'extrémité inférieure gauche de ce bourrelet, au point où devait siéger le méat, dans la position rigoureusement symétrique à celle du méat du côté droit. Pas d'évacuation de liquide. Impossible de pénétrer avec la sonde n° 7. Il s'agissait donc d'une hydronéphrose formée et le méat urétéral oblitéré ne fonctionnait plus.

Intervention le 6 novembre. En raison du développement franchement abdominal de la tumeur on choisit la voie antérieure. Incision verticale suivant Je bord externe du grand droit. On tombe sur une volumineuse tumeur rétropéritonéale soulevant le côlon descendant.

res 2e

Suture du péritoine postérieur ou péritoine pariétal antérieur, suivant le procédé de Tessier-Villard.

Clivage de la tumeur relativement aisé.

Près du pôle inférieur, ou plutôt un peu au-dessus, et sur la face interne je trouvai l'uretère deux fois coudé. La portion intermédiaire aux deux coudes, dilatée, longue de trois centimttres, suivait un trajet ascendant et s'accolait à la paroi du bassinet énormément distendu. Au-dessous du second coude, l’uretère reprenait son tiajet descendant, mais il devenait alors tellement atrésié et filiforme que l'on ne pouvait raisonnablement songer à pratiquer une opération plastique quelconque. On termine par nephreetomie, sans autre incident que la rupture de la poche qui laissa écouler plusieurs litres de liquide parfaitement clair.

Mèches et drain retirés progressivement, guérison complète au

bout de trois semaines.

. Poche constituée en majeure partie aux dépens du bassinet énormément dilaté; le rein dilaté lui aussi, a été rejeté sur le pôle supéro-externe de l'hydronéphrose, sa substance corticale est très amincie.

L'examen de l’origine de l'uretère et de son abouchement dans le bassinet montre ce qui suit :

L'uretère ne s’abouche pas au point déclive de la poche, mais à trois travers de doigt plus haut sur son bord interne. Ce point d’abouchement est marqué par une valvule falciforme à bords tranchants, oblitérant les deux tiers de la lumière utile de l'uretère, Puis, le premier segment de ce conduit, qui s’accole à la paroi de la poche et suit pendant trois centimètres un trajet ascendant, est un peu dilaté; après ce segment, l'uretère se recourbe brusquement en bas et redevient filiforme, on a beaucoup de peine à le cathétériser avec un fin stylet. Chaque coude était occupé par un rétrécissement.

Dans ces conditions, l'indication d'une opération plastique quelconque, visant à rétablir la perméabilité de l’uretère ne pouvait se poser.

Le rein enlevé n'avait d'ailleurs plus qu'une valeur fonctionnelle restreinte, ainsi qu’en témoigne l'analyse du liquide con-

TN tenu dans la poche. M. Joris, parmacien de l'hôpital de Bellevue a trouvé : |

Urée 0 gr. 42 °/,. — Acide urique 0 gr. 07 °/,, présence reconnue des chlorures et des phosphates, pas de dosage, mais proportion très faible.

Au point de vue pathogénique, hydronéphrose due à une coudure de l'uretère d'origine congénitale.

Cette malade présentait également un léger rétrécissement de la partie supérieure du vagin, d'origine congénitale lui aussi. Elle présente donc deux malformations similaires intéressant des organes dérivés du corps de Wolf.

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