‹ Étude Pathogénique et Clinique de l'Hydronéphrose CongénitaleChapitre 16 sur 18 · RAS · texte numérisé non relu

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res et sans albumine, la malade dit éprouver parfois une sensation de cuisson au moment de la miction. Cystoscopie le 12 février, Excellente capacité vésicale : vessie absolument saine. On cathétérise très aisément l’uretère gauche (côté supposé sain), urine parfaitement limpide, un peu pâle, à cause de l’ingestion d’eau d'Evian, qui a précédé l'examen.

Le méat urétéral droit (côté de la lésion) est difficile à voir : il paraît petit et, à aucun moment. on ne le voit s’entr'ouvrir, On pousse sur lui la sonde n° 7 qui ne peut s'engager, mais au moment où elle presse sur le méat, sans pénétrer, la malade accuse la douleur élective spéciale, qui s'irradie le long de l’uretère et jusqu'au rein droit. On n'insiste pas pour ne pas faire souffrir inutilement la malade et on remet la sonde dans l’uretère gauche. Afin d'être renseigné sur le débit du rein malade, on vide la vessie dans laquelle on place une sonde de Nélaton, l’uretère gauche restant cathétérisé à demeure; ainsi, seule l’urine du rein droit parvient jusque dans la vessie. Le débit de ce rein est d’ailleurs presque nul; on l’augmente très nettement en pressant sur le rein droit que l'on exprime en quelque sorte : l'hydronéphrose n’est donc pas absolument fermée.

L'urine de ce rein est claire; mais, chose curieuse, elle se trouve moins pâle et plus foncée que celle du rein sain.

Cette impression est confirmée par l'analyse chimique des deux échantillons d'urine, qui montra que l'urine droite avait une teneur en éléments normaux un peu plus élevée que l'urine gauche. Cela s'explique parce que le rein malade, beaucoup moins sensible que le rein sain à l'influence diurétique de l’eau d’Evian, avait donné une urine plus concentrée.

Analyse chimique pratiquée par M. Joris, pharmacien de l'Hospice de Bellevue.

Rein gauche : pas d’albumine.

Urée : 3 gr. 26 pour 1,000.

Acide phosphorique : 0 gr. 24 pour 1,000.

Chlorure de sodium : 0 gr. 92 pour 1,000.

Rein droit : pas d’albumine.

Urée : 4 gr. 56 pour 1,000.

PU

Dee

Chlorure de sodium : 1 gr. 92 pour 1,000. |

Suffisamment renseigné sur le bon fonctionnement du rein gauche, on pratique la néphrectomie.

2 mars 1909. — Laparotomie latérale droite, aa point eulminant de la tumeur (M. Viannay).

On reconnait l’hydronéphrose à ses caractères de tumeur kystique, rétropéritonéale croisée verticalement par le côlon. Incision, en dehors du côlon, du péritoine postérieur que l'on suture séance tenante au péritoine antérieur, suivant le procédé de Tessier-Villard. Ponction de la tumeur au moyen d'un trocart à kyste de l'ovaire; isolement et clivage de proche en proche; ligature et section du pédicule rénal ; mèches, sutures.

Suites opératoires simples; guérison en vingt jours.

L'examen de la pièce montre une énorme dilatation du bassinet avec amincissement considérable de la substance rénale. Le grand calice supérieur était sur ce rein, remarquablement long, et sa jonction avec le bassinet donnait à l’ensemble de l’hydronéphrose la forme d'un V. L’abouchement de l'uretère ne siégeait pas au point déclive de la poche, mais était situé sur son bord interne, à peu près à mi-hauteur. Le collet de l’uretère ne paraissait pas rétréci, et une sonde urétérale, introduite après section du pédiecule rénal, descendit sans rencontrer d'obstacle vraisemblablement jusque dans la vessie. Dans ce cas, l'indication d’une urétéro-pyélo-néostomie ou d’une pyélo-plicature, eût peut-être pu se discuter. Mais ces interventions sont surtout de mise dans les petites distensions ; aux hydronéphroses volumineuses et anciennes comme celle-ci, convient plutôt la néphrectomie.

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