OBSERVATION IV
(In Lyon Médical, 5 avril 1906. Service de M. Duraxp.)
Femme de 62 ans, qui avait été opérée par voie abdominale pour une lésion kystique qu'on avaitrapportée au pancréas, à cause de sa situation abdominale et non lombaire et de ses rapports avee l'estomac et le contenu de l'abdomen. Elle fut trouvée
En aÿeLe
porteuse d'une fistule de l'hypocondre gauche donnant lieu à un écoulement considérable d'un liquide qui n'a jamais présenté de caractères urinaires. Comme cette femme se .cachectisait, on fut amené à intervenir, malgré la gravité probable de cette intervention, dirigée dans l'esprit de M. Durand contre le pañcréas.
Intervention le 7 février 1905, Incision losangique autour de fistule méthodiquement obturée. Décollement de la zone d'adhérences et pénétration dans le péritoine. Traction de la poche qui l'amène au dehors. Décollement du péritoine qui recouvre la poche et décortication de celle-ci. On arrive rapidement sur le pancréas, la tumeur est enchâssée dans la queue de cet organe, de sorte que l'origine pancréatique continue à ne faire aucun doute. À ce moment, le clivage de la poche n'est plus possible. On dissèque à coups de ciseaux dans le pancréas, ce qui provoque une véritable hémorragie qu'on arrête par tamponnement.
L'hémostase faite, on explore la cavité rétro-péritonéale laissée par l'opération et on trouve deux cordons tubulés qu’on essaie de cathétériser. L'un est manifestement l’uretère, l’autre se dirige en dedans et ne donne lieu à aucun écoulement, un stylet introduit se dirige vers la ligne médiane et un jet de sang artériel jaillit. Le conduit était l’artère rénale allongée, un peu rétrécie, momentanément obturée, et le stylet avait atteint l'aorte abdominale.
On ne peut expliquer pourquoi en enlevant un kyste du pancréas on avait sectionné l'uretère et la rénale. L'examen de la pièce ne permettait pas d'en indiquer l'origine. Les raisons en furent fournies par M. Paviot, qui constata que la poche enlevée était manifestement une hydronéphrose et ne pouvait être rapportée au pancréas.
Aucun incident post-opératoire. La malade guérit parfaitement. Elle est encore en excellente santé.
Sos tes
OBSERVATION V (In Lyon Médical, 16 septembre 1906)
Pièces d'autopsie présentées par M. Mouriquand, au nom de M. Pic.
Homme de 30 ans, amené à l'hôpital dans un état de coma profond.
A l'entrée, le malade ne présentait pas de signes nets d’hémiplégie, mais une paralysie faciale totale droite. La respiration présentait par instant le type de Cheynes-Stokes. Le malade est mort pendant la nuit.
A l’autopsie, on a trouvé :
Une hydronéphrose volumineuse du rein droit de la dimension d'une très grosse tête d’adulte. La pièce était formée par une poche à parois minces multiloculaires. La substance parenchymateuse rénale avait à peu près complètement disparu, sauf en un point voisin du pôle inférieur de la poche où elle existait sous la forme d'un moignon fibreux de la valeur d’une petite noix.
L'uretère était petit, légèrement atrophié. Il n’a pas été possible de trouver, même par des recherches patientes avec un stylet, son orifice d'abouchement dans la poche. Sur son trajet, et notamment au niveau de la vessie, il n'existait aucune cause de compression.