ET RESTAURATEUR DE L*AGADÉMIE
Fûuehéf remarque avec sens que le principe d'autorité sup" posé^ la Connaissance préalable de la vérité des choses : «' Si c nous ne connaissons point la vérité, nous ne saurions sac voir si un philosophe en approche plus qu'un autre, en < quoi nous voyons quMl est plus facile de juger des choses « que des personnes... Il faut être sage, dit Cicéron, pour « juger entre les sages... Autrement ce n'est qu'un aveugle <c qui veut conduire d'autres aveugles... Que l'on ne s'ima- «f giûe donc point que l'on prend le plus court chemin en c( stdvant l'autorité; au contraire, c'est le plus long... et * quand il arriverait par hasard que l'on choisirait le meil- « leur guide, ce ne serait rien fait, parce que l'on ne Voit ce pas par les yeux d'un autre (4). »
La conclusion toute cartésienne qui ressort de tout ceci, c'est qu'il faut voir par ses propres yeux à la lumière de l'évidence. Foucher n'a pas de termes assez méprisants et assez odieux pour flétrir ceux qui ne veulent point se rendre à Tôvidence, et sont rebelles à la lumière. « Ce sont des « malades incurables... ils agissent en bêtes... c'est par « cette sorte d'animaux que le monde est troublé... »
Mais de ce que chaque homme doit chercher la vérité par lui-même, sans se prévaloir des recherches d'autrui (2), il ne faut pas conclure de là que nous sommes à nous-mêmes notre lumière; et ici Foucher se rapproche avec bonheur de Malebranche et du véritable spiritualisme : « Je suis a biesQ, dit^i], la cause subjective de ma lumière, et j'en
(1) Foucher relègue l'usage de rautoriié dans le domaine des faits et de rhistoire^ le soumettant à cette règle prudente « de distinguer « nettement ce que les hommes soient effectivement de certaines « coûeiusions qu'ils tirent presque imperceptiblement dans leur este prit, jugeant avec trop de précipitation des causes de quelques « effets qu'ils expérimentent, ce qui arrive ordinairement lorsque « les événements ont quelque chose de surprenant. »
(S) a Autrement, dit Foucher, on ferait la même chose que si Ton « voulait toiyours s*appuyer sur ces machines dont les enfants se « servent pour se soutenir, lorsqu'ils apprennent à marcher, et n'Ont itpAs encore assez de force pour affermir leurs pas. »
c suis aussi la cause occasionnelle, ma lumière intellec- ^ tuelle, étant une façon d'être de mon âme; et de même t qu'il m'est libre d'ouvrir les yeux et de les fermer, il «c m'est libre aussi de contempler des vérités ou de ne le « point faire. Mais, avec tout cela, je ne suis pas la cause c efficiente des lumières que je reçois ; car, comme je ne « puis éclairer mes yeux, si le soleil sensible ne m'éclaire, « de même, je ne puis éclairer mon entendement, si le so- « leil intellectuel, qui est la raison éternelle, ne répand en « moi ce rayon de la divinité qui illumine tous les hommes. » Il était difficile de mieux exprimer le grand principe ontologique de la raison impersonnelley qu'ont adopté tous les grands esprits du XYIP siècle et qui divise encore aujourd'hui l'école des vrais rationalistes des restes de l'ancien sensualisme péripatéticien, qui comptera longtemps encore des disciples. Si Foucher reconnaît que la vérité esipersonr neUCy ce n'est que dans ce sens que chacun doit la chercher pour lui-même. Il se peut faire ainsi que les hommes, ayant reconnu la vérité, la perdent de vue avec le temps ; le meilleur moyen de conserver la vérité dans le monde, est de ramener constamment les esprits aux premiers principes et aux vérités générales.
Le caractère des premiers principes ainsi établi, et le but marqué à la philosophie dans la recherche de la vérité à la lumière de l'évidence, Foucher se demande quelle est celte vérité que recherche la philosophie. La recherche philosophique a, selon lui, trois objets principaux : le premier est une marque infaillible de la vérité, un critérium général ; le second, la connaissance des choses qui sont hors de nous, un critérium particulier ; le troisième, « un ordre f nécessaire entre nos connaissances, afin de savoir la con- « nexion que les vérités ont entre elles, et cela est proprec ment chercher un système universel et infaillible... La « première de ces recherches se peut terminer en cette < vie ; la seconde aussi, mais la troisième ne se peut achever