BIOGRAPHIE DE FOUCHER
PAR l'abbé papillon (Bibliothèque des auteurs de Bourgogne.^
Il est triste qu'un écrivain qui a fait tant d'honneur à sa patrie et à la république des lettres ne soit presque plus connu que par ses écrits. Voici tout ce que j'ai pu apprendre sur son sujet. Simon Foucher^ fils de Nicolas Foucher^ marchand, et d'Anne Richot, fut baptisé dans la paroisse Notre-Dame de Dijon, le !•' mars 1644. Après qu'il eut reçu l'ordre de prêtrise, il entra en la sainte chapelle de Dijon en qualité de chanoine honoraire. A peine garda-t-il cette place deux ou trois ans. Il se rendit à Paris, où il crut pouvoir satisfaire plus aisément son inclination pour les lettres. Il y acquit l'estime d'un grand nombre de savants, qui l'honorèrent aussi de leur amitié. Il prit le degré de bachelier de Sorbonne. Baillet m'apprend (1) que Foucher se chargea, à la prière de Rohault, de l'oraison funèbre de Descartes. Le même Baillet appelle Foucher (2) le restaurateur de la philosophie académicienne, et il lui donne d'autres éloges. La philosophie académicienne faisait les délices de Foucher. Il avait dessein de la rétablir, la croyant la plus conforme & la raison et la plus utile à la religion. L'histoire qu'il en a composée est admirable, au sentiment de Ménage, c'est-à-dire de l'un des plus savants hommes de
{\\ Vie de Descartea, iD-4*.part. II, p. 439. (2) Vie de Descartes, p. 592.
M APPENDICE
âon temps sur Tbistoire et sur les dogmes de rancienne philosophie. Les éditeurs du Menagiana (1) nous assurent que Ménage disait ordinairement que M. Foucher et M. Huet étaient les plus versés qu'il y eût dans Thistoiie des sectes différentes des philosophes. Parallèle qui fait un honneur infini à notre auteur, venant surtout d'un juge aussi habile que Ménage. La grande application à l'élude nuisit extrêmement à la santé de Foucher ; elle lui causa la mort dans un âge peu avancé; ce fut à Paris, un vendredi 27 avril 1696. Il fut enterré dans le cimetière de Saint-Nicolas-des Champs.
Catalogue de ses ouvrages.
10 Poème sur la mort d'Anne d'Autriche, Paris, 1666, in-4o, 21 pages, pour le poème, qui est en stances élégiaques, comme parle l'auteur. L'Epitre dédicatoire à la reine Marie-Thérèse est contenue en 12 pages (2).
(Ij Voy. le Menagiana, t. II, p. 359, 377 et siiiv., édit de 1715; Bayle, Dictionnaire critique^ art. Carnéaoe, et le t, III de ses Lettres, p. 450,
('2) Voici un échantillon du style poétique de Foucher; en rers comme en prose il est d'un autre âge :
1. Muses, si la douleur trouve chez vous des charmes Pour enchanter ses traits, Si jamais les ennuis ont pu rendre les armes A vos divins attraits, 2 Employez votre adresse à vaincre les tourments Dont mon âme est atteinte, Ou du moins accordez à mes ressentiments Lei douceurs de la plainte.