‹ Étude philosophique. L'abbé Simon FoucherChapitre 24 sur 55 · Mais dont l'onde trop noire aux vents de mes soupirs · texte numérisé non relu

Mais dont l'onde trop noire aux vents de mes soupirs

Troublée et gémissante, Décrira ma tristesse, et pour mes déplaisirs Se rendra transparente.

Puis, s'adressant à la France :

Après ce coup fatal

Rends-toi, rends-toi stérile.

Ou suffoque aussitôt, si tu te vois féconde.

Tes enfants au berceau; Et que le premier jour qui leur ouvre le monde Leur ouvre le tombeau.

Quand on a lu de pareils vers , on comprend le dédain que Malebranche professait pour la poésie et les poètes. Et Foucher écrivait ces vers trente ans après l'apparition du Cid !

APPENDICE. m

2« Nouvelle façon d'hygromètres, par S. F. (Simon Foucher), 1672, brochure in-12. — Lettre du 15 décembre 1672, 18 pages.

30 Dissertation sun la RECHERcnE de la vérité ou sur la philosophie DES académiciens, OÙ Von réfute les préjugés des dogmatistes, tant anciens que nouveaux^ avec uu Examen particulier des sentiments DE M. Descartes. Paris, in-12, saos nom d'imprimeur et sans date.-— Il paraît, à la première page, que ce fut en 1673. Le premier volume contient les dissertations sur la logique des académiciens. L'auteur avait fait un système entier de leur philosophie, lequel en contenait toutes les parties.

40 Critique de la recherche dk la vérité, où Von examine en même temps une partie des principes de M. Descartes F^tireparun académicien anonyme. Paris, Goustelier, 1675, in-12, 124 pages — On jBt, la môme année, une critique de cette critique. Dom Robert des Gabetz, bénédictin, en est auteur. Elle fut imprimée h Paris, in 12, chez Dupuys. Il est fait mention de ces critiques dans une lettre latine de Paul Vindigius, conseiller du roi de Danemark, qui, parlant de Foucher, dit : Mihi in paucis carus. Cette lettre se trouve dans le recueil de Jean Decker, De Scriptis Adespotis (1). V. Prœfat. Fabricii ad Placcium de anonymis, et p. 60C, n^s 2437 et 2487 du Traité de Placcius.

50 Réponse pour la critique à la préface du second volume de la Recherche de la vérité. Paris, Angot, 1676, in-12, 128 pages, sans la préface de 12 feuillets. — It,, ibid., La Caille, 1679, in-12.

60 De la sagesse des anciens, où Von fait voir que les principales

(i ) Voici le passage de cette lettre qui a trait à Foucher et à Malebranche : t In Gallia magnum appiausum meruit liber cui titulus Recherche de la vérité, IJII ▼ol. Auctor ejus est Mailbranus, Père de l'Oratoire. Cum autem tomum I, in lucem emiserat, insecutus est libellus : la Critique de la Recherche de la vérité, par un académicien. Is est cl. Simon Foucherius, canoaicus Divionensis, mihi iu paucis carus. Mailbranus vero ab hoc antagooista provocatus, defensionem suam conscripsit in prsefat Tomi II operis sui, quam iterum adortus est Dn. Foucherius tractatu : la Réponse pour la Critique. Dum hi ita digladiantur, Monachus Benedictinus e Loteringia, Don Robert de Gales, si recte memini (nomen enim tacetur), litem componere aggressus est, per la Cnlique de la Recherche de la vérité; cui iterum responsum est à Do. Foucberio per la Réponse à la Critique de la Critique de la Recherche de la vérité. Idem Du. Foucherius auctor est brevissimi tractatus. Nouvelle façon d'hygromètres, par S. F. h. e. Simon Foucherius.

Bayle faisant allusion à ce passage, juge ainsi le livre de Decker et la lettre de Vindigius : « S'il n'a pas mieux réussi ailleurs que quand lui et l'un de ses amis parlent des auteurs français, autant vaudrait-il qu'ils eussent laissé les livres anonymes dans leur premier état. » {Nouvelles de la République des lettres, sept. 1685, p. 10*25 et avril 1686, p. 459.) On peut voir aussi à ce sujet une lettre latine de Bayle à Almeloveen, qui se trouve à la suite de l'ouvrage de Decker, et de la lettre de Vindigius, qu'il y corrige, p. 390 (Editio tertia).

IV APPENDICE

maximes de leur morale ne sont pas contraires au christianisme, Paris, Dezailliers, 1682, in-lâ. — /d., ibid,, 1683, 246 pajçes. J'ai vu des fragments imprimés de la troisième partie (1).

(1) C'est un commentaire sur des vers didactiques, qui n*a rien de commun avec le livre de Bacon (de Sapientia veterum) ; il est fait uniquement au point de vue moral, pour réunir en un petit nombre de sentences les principales maximes des anciens philosophes; ce commentaire a un double but : Indiquer les sources anciennes d'où ces sentences sont tirées, et en rapprocher les maximes du christianisme et les passages des saintes Ecritures qui s'y rapportent. Foucher emprunte surtout ses citations à Senèque, à Eprctète, à Apulée, a Boëce, à Lucrèce, à Virgile, à Horace, à Sénéque le tragique, à Lucain. Ce livre, dans la pensée de l'auteur interprétée par les docteurs, dont l'approbation est en tête du volume, est une sorte de préparation évangélique : « Il est plein, disent-ils, d'une doctrine t curieusement recherchée et déduite avec un fort bel ordre, pour élever l'âme « de la sagesse humaine à la sagesse de J.>C. ■ Voici quel était le dessein primitif de l'auteur, dessein qui resta iuachevé : I. Ou fera voir que les hommes se rendent malheureux par leurs préjugés. II. Que les biens de la fortune ne sont pas capables de nous rendre heureux. III. On donnera une idée de la sagesse en sa perfection. lY. On examinera ce que l'on peut par rapport à l'état présent de cette vie et à celui de l'avenir. Foucher n'a traité complètement que les deux premières parties. Voici les vers qui servent de texte à la première ;

Les cieux nous vendent tout au prix de notre peine ;

A qui veut du repos la tempête est certaine.

Pour avoir de la joie, il faut verser des pleurs,

Et pour un seul plaisir, souffrir mille douleurs.

Mortel, qui tout rempli d'une indiscrète envie.

Parmi les voluptés veux consommer ta vie.

Reconnais ton erreur, et vois que de chagrins

Te vont livrer sans cesse aux malheurs que tu crains.

Ces maux que ton esprit faussement se figure.

Ce défaut, cette perte et cette vaine injure.

Sont des biens que tu fuis, et par un traître effort.

Tu cherches d'augmenter les rigueurs de ton sort.

Cet aveugle désir qui te porte à la gloire.

Ces faux contentements qui flattent ta mémoire.

Tous ces objets trompeurs qui surprennent tes sens.

Et semblent te causer des plaisirs innocents.

Te ravissent ton calme, et formant tes traverses.

Sont les auteurs secrets de tes peines diverses.

Ainsi la volupté confondant ta raison,

Dans une coupe d'or te doni^e du poison.

Pourquoi te réjouir de ta propre ruine ?

Tu préviens les malheurs que le sort te destine;

Et ce fantôme vain qui te tient enchanté

Est un funeste obstacle à ta félicité.

Tout se change, tout fuit, et perdant sa nature Vient renaître à nos yeux sous une autre figure; Et la vie et la mort, la joie et la douleur, La mémoire et l'oubli, la crainte et la valeur

APPENDICE. V

70 Réponse à la Critique de la Critique de la Recherche de la vérité sur la philosophie des académiciens, Paris, 1686, iQ-12.

8° Traité des hygromètres (ou machine pour mesurer la sécheresse ou l'humidité de Tair). Paris, Michallet, 1686, in-12.— -Voy. Textrait de ce livre dans la Bibliothèque universelle de Jean Le Clerc, tom. I, p. 344 (1).

90 Dissertation sur la recherche de la vérité, contenant l'apologie des académiciens, où l'on fait voir que leur manière de philosopher est plus utile pour la religion^ et plus conforme au bon sens (pour servir de réponse à la Critique de la Critique, etc.), avec plusieurs remarques sur les erreurs des sens, et sur l'origine de la philosophie de M. Descartes. Paris, Michallet, 1687, in-12, 156 pages, sans la préface de 9 pages. Ces dissertations ont paru par lambeaux, chez différents imprimeurs. — It., Paris, 1693. Tous ces morceaux sont contre Dom Robert Desgabetz. Voyez-en l'extrait dans Basnage, Histoire des ouvrages des savants, juin 1688, p. 258.

10° Lettre sur la morale de Confucius, philosophe de la Chine. Paris, Horlemels, 1688, in-80, 29 pages. — L'auteur y dit à la page 26 : « Je me suis expliqué 1&- dessus dans mon Apologie des académiciens. » Et il signe S. F.

Foucher, étant Fauteur de V Apologie des Académiciens, Test donc aussi de la Lettre sur la morale de Confucius, Ce que je fais observer, parce que certaines personnes n'ont pas cru qu'il eût composé ce dernier ouvrage (2).

U« Dissertation sur la recherche de la vérité, ou sur la philosophie des académiciens. Livre 1, contenant l'histoire de ces philosophes. Paris, Jean Cusson, 1690, in-12. — Ce livre et le précédent, que j'ai cité au n*» 9, sous le litre de Dissertation sur la Recherche de

Se succédant ainsi par leurs vicissitudes.

Fournissent des sujets à nos inquiétudes, Et de ce qui nous manque animant nos désirs, A nos travaux passés mesurent nos plaisirs.

Selon Foucher le fondement de toute la morale antique comme de celle du christianisme est dans cette maxime d'Epicharme : ff Dii laborlbus omnia vendunt. »

(1) V. aussi les Nouvelles de la République des lettres, avril 1687.

(2) Cette lettre parut en tête de l'ouvrage de La Brune, la Morale de Confucius, Pans, Hortemels, 1688, in-8* (V. Nouvelles de la République des lettres, mars, 1688). Foucher y a réuni les plus belles sentences du philosophe chinois. « Je donne Confucius tel que je le trouve, dit-il eu finissant, et quoique je l'aie un peu ajusté à la française, je ne pense pas pourtant l'avoir entièrement déguii^é. •

VI APPENDICE

la vérité, ont été réimprimés ensemble à Paris^ chez Michallet^ en

1690, in-12. Voy. Basnage, Histoire des ouvrages des savants, août 1692.

120 Lettre a M. Lantin, conseiller au Parlement de Bourgogne, sur la question : « Si Carnéade a été contemporain d'Epicure. » — Voy. l'extrait de cette lettre à la page 509 du Journal des Savants,

1691, édit. in -12. La réponse de M. Lantin se trouve ibid., p. 206. Il est parlé de cette dispute entre nos deux savants Dijonnais dans les Lettres de Bayle (lettre 149, à M. de La Monnoye) (1). Prosper Marchand, dans la note sur cette lettre, dit que ce que Foucher a fait sur les académiciens, contre le P. Malebranche, depuis 1687 jusqu'en 1693, est renfermé en 4 vol. in-12.

130 Extrait (fort long) d'une lettre de Foucher à M. Lantin, sur Carnéade, dans le Journal des Savants de 1692. Edit. in-12, p. 704.

140 Dissertation sur la philosophie des académiciens, livre III. Paris, Michallet, 1692 in-12.

150 Extrait d'une lettre à M. de Leibniz, sur les académiciens. Imprimé dans le Journal des Savants, 1693, in-12, p. 182. La réponse de M. de Leibniz est ibid,, p. S27.

Page 395, ibid., on lit l'extrait d'une lettre de M. de Leibniz à M. Foucher, au sujet de quelques axiomes de philosophie (2).

16» Dissertation sur la recherche de la vérité, contenant l'histoire et les principes de la philosophie des académiciens, avec plusieurs réflexions sur les sentiments de Descaries, etc. Paris, J. Anisson, 1693, in-12, 240 pages, et une préface de 6 pages. — Cette édition contient les dissertations dont j'ai parlé, auxquelles on a joint une QUATRIÈME PARTIE. Voy. le Journal des Savants, 1693, in-12, p. 756.

170 Réponse de M. S. F. à M. de L. B. (M. Simon Foucher à M. de Leibniz ) sur un airtre système de la communication des mouvements.

(1 1 Dans cet endroit de ses lettrej, Bayle résume une longue note de son dictionnaire sur cette discussion, où il donnait gain de cause à Lantin, et qu'il terminait ainsi : t Je sais bien que des lecteurs s'écrieront que je m'arrête plus qu'il ne faut à des minuties et qu'on n'a que faire de savoir si Carnéade est venu à Rome l'an 532 ou l'an 598; mais je me soucie peu du faux goût de tels censeurs, et j'aurais mauvaise grâce de faire le délicat par rapport à des recherches qu'un illustre Conseiller au Parlement de Bourgogne et un illustre Chanoine de la capitale de la même province n'ont pas jugées indignes de leur attention, et qu'ils ont communiquées au public sous les auspices d'un célèbre Président en la Cour des Monnoies à Paris (Cousin.) •

(2) Correspondance de Leibniz et de Foucher.

(S) Ibid.

APPENDICE. Vil

Dans le Journal des Savants, 1695, p. 639. Voy. le 3e tome des Lettres de Bayle, p. 480.

18® Dialogue entre Empiriastre et Philalète, in-12, sans date, sans nom de ville ni d'imprimeur. Ou n*a imprimé que 360 pages de ce livre, qui est resté incomplet.

Il est à propos d'observer qu'une partie de ces ouvrages ne portent point le nom de l'auteur, qui s'y découvre ordinairement par ces lettres initiales : S. F., et que souvent ils ont été imprimés par morceaux en brochures.

Foucher a été loué par plusieurs gens de lettres, entre autres par M. de Leibniz, singulièrement, dans VHistoire critique de la République des lettres, de Jean Masson, t. IX, p. 105. M. de Leibniz y parle de Foucher comme d'un homme très habile dans les méditations philosophiques (1).

Voici un livre dans lequel on fait l'honneur à Foucher de l'associer avec les plus fameux philosophes de son siècle. Cet ouvrage est iutitulé : Bulfinger, De harmonia animi et corporis humanij maxime prœstabilita ex mente Leibnitii, commentatio hypotetica. Acceduiit solutiones difficultatum ab eruditis viria, Foucherio, Lamio, Tourneminio, Newtonio, Clarkio, atque Sthalio motarum. Leipsick, 1723, in- 8° (2). Le môme ouvrage a été traduit en français, et ou le trouve annoncé au t. XX II de la Bibliothèque germanique, imprimé en 1731 dans les Nouvelles littéraires de Berne, p. 185, sous ce titre : Controverse philosophique qu'il y a eu entre M. le baron de Leibniz, d'une part, et MiM. Foucher, Bayle, Newton et Clarke, de l'autre, sur l'harmonie préétablie qui se trouve entre l'âme et le corps, avec une préface où l'on prouve la vérité de cette harmonie, par J.-J. K.

Foucher a laissé en manuscrit une tragédie de V Empereur Uon. Il avait eu dessein de composer quelques autres ouvrages, comme : Une oaine philosophie, Une véritable théologie. Je ne sais s'il a laissé quelques morceaux de ces deux derniers.

Voyez les auteurs cités dans cet article.

(1) Voir, plus bas, jugement de Leibniz sur Foucher.

(2) Le nom allemand est Bùiffinger, et Bilfîngerus le nom latinisé. Ce livre a eu plusieurs éditions : une seconde en 1735, et une troisième eu 1741; c'est cette dernière que j'ai eue entre les mains. Un appeudice contient : 1' une dissertation de Camérarius sur Tunion de l'àme et du corps; 2* uue lettre de Bùiffinger à J. Leclerc.

VIIl APPENDICE.

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