LÀ CRITIQUE
peu de chose pour tioobler les lumières que nous commençons à recevoir dans la recherche de la vérité. « Nous ne sçaurions satisfaire en même temps à la raison etàla foy^ parce que la raison nous oblige d'ouvrir lesyeux^et la foy nous commande de les fermer. ' Et cependant je trouve qu'il a tellement attaché ses principales propositions avec ce que la religion veut que nous croyions, qu'il semble plùtost parler en théologien qu'en philosophe. Par exemple^ entr'autreschoses^ il conclut que n nôtre voloiUi fiétoit pa$ libre, et si elle portait s à tout ce gui a des apparences de vérité, eUe se tromperoit presque toujours : d'oiL il semble qu'on pourroit conclure que son auteur seroit aussi Vauteur de ses égarements, etc. Et ensuite, la liberté nous est donc donnée de Dieu, afin que nous nous empêchions de tomber dans Verreur, etc. Il est visible que ce raisonnement n'est fondé que sur ce que Fauteur prétend que Dieu ne veut pas nous tromper.
^ Mais ne peut-on pas douter, si Dieu ne nous a pas fait seulement pour jouir de la vraysemblance, et s'il a résolu de se conserver à lai seul la connoissance de la vérité, ou mesme s'il a dessein de nous en faire part seulement ^ dans le Ciel?
D'où il ne faut pas conclure qu'il serait un troàpeur s'il ne nous avoit donné aucun moyen de la découvrir.^ le laisse à penser, Monsieur, ce que diroient des Pyrrhonniens, si on leur proposoit ce raisonnement. Il y en a encore beaucoup de semblables dans le cours de cet ouvrage, surtout dans la dernière partie, dont presque tous les chapitres contiennent des raisons qui embrassent les questions de la Théo-
RÉPONSB.
• S'il parle 'dd lui - même, il faut le croire sur sa parole.
' Ce qu'il vient de dire est vrai; mais ce qu'il en va conclure est faux; car c'est la raison et non pas la foi qui nous apprend que Dieu n'est point trompeur.
s II a supprimé ici deux mots qui font toute la force de mon raisonnement. Il y a : Si elle se portoit infailliblement et NECESSAIREMENT à tout. On Verra bientôt pourquoi il fait ce retranchement.
^ La raison apprend que Dieu n'est point trompeur et la foi le suppose : c'est tout le contrabe de ce que le critique s'imagine.
iOn ne peut point en douter quand on a des raisons pour cela : mais il est inutile que je réponde à toutes ces demandes.
1 Je ne le conclus pas aussi par cette raiâon : la mienne est bonne, et celle-ci ne vaut rien, p^enï"^ Il y a diflférence entre nous por- •» *«nfl' pter infailliblement et nécessairement à consentir à l'erreur, et ne nous donner aucun muyen de découvrir la vérité. Il ne falloit pas supprimer ces mots infailliblement et nécessairemeent.
APPENDICE
des méritez que la philosophie nous peut démontrer^ il devoit toujours les séparer des fondements de cet oavrage.
S'il les considère comme des articles de foi, il est assez persuadé qu'elles sont obscures; et s'il les regarde comme les conclusions de la science humaine, il faut que sa méthode les précède et non pas qu'elle 8*en serve comme de principes sur lesquels elle se doive appuyer.