RÉPONSE. LA CRITIQUE
» Il ne trouvera point dans tout le livre logie. » Soit donc » qu'il coih qu'il critique, que je suppose quelque ar- sidère toutes ces suppositions ticle de foi comme un principe, pour tirer comme des articles de foi, des conséquences essentielles à laRecher- soit qu'il les regarde comme che de la Vérité. Mais dès que Ton parle de la bonté de Dieu, des mceurs dépravées, et des mav aises inclinations , il s'imagine qu'on parle de quelque article de foi.
» Il me semble que ces deux conclusions ne tendent à autre chose qu'à obtenir par surprise quelques petits applaudissements gratis.
Si je croiois que le monde se mit en peine de sçavoir exactement que l'auteur de la Critique n'a point entendu ce qu'il a prétendu combattre, je continuêrois comme je viens de faire jusqu'à la fin de son livre, et je ferois voir ainsi d'une manière incontestable qu'il n'a presque jamais pris mon sens et qu'il n'a aucune idée de mon dessein; mais je croi que les gens raisonnables n'y prennent guères d'intérêt. Ainsi pour ne les pas fatiguer Inutilement, et pour satisfaire cependant à ce que quelques personnes croient que je dois à la vérité, je répondrai en peu de mots à tous les chapitres de la Critique, Et je prie ceux qui auront assez de loisir et de curiosité d'examiner avec attention si mes réponses sont justes, en confrontant la Critique avec la Recherche.
Dans le quatrième article ou chapitre l'Auteur combat fort au long mes sentimens sans les sçavoir. Il ne voit pas qu*il y a de deux sortes de traces ; les unes que Tesprit se forme pour se représenter les choses, comme la trace qui accompagne l'idée d'un quarré ; les autres qui accompagnent les idées abstraites et qui ne les représentent pas, comme sont les traces que le son des mots et la veuê des caractères produit dans le cerveau, lesquelles n'ont point naturellement la force de représenter ou de réveiller les idées. Les grands
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raisomiements de nôtre Auteur se trouTent détroits par cette distinction.
n m'impose dans son cinquième GLapitre plusieurs sentimens^ que je n*ai pas. Il n*est point vrai que je reconnoisse que toutes nos idées ne sont que des façons d'être de nôtre ame, J*ay fait au contraire dans ^ ^^^^ le troisième Livre qu'il critique^ un chapitre exprès pour prouver mi. que cette opinion est insoutenable. Quand on Critique un Livre, il me semble qu'il faut au moins l'avoir lu. Il n'est point encore vrai, que Je reconnoisse, que les idées que nous recevons par les sens, ne nous représentent que les effets que les objets extérieurs produisent en nous : j'ai dit le contraire en plusieurs endroits, dans le Chapitre quinzième du premier Livre et ailleurs. Que ne cite-t-il , ou plutôt que n*examine-t-il ce qu'il Critique ? Au reste je ne puis concevoir distinctement tous les raisonnemens qu'il fait ici : je n'en sçai pas la raison. Ceux qui les liront avec application en penseront ce qu'il leur plaira. Mais je ne crains point d'assurer qu'il est si éloigné de combattre mon sentiment sur la manière dont l'esprit apperçoit les objets de dehors, que ce qu'il dit dans cet article marque au contraire qu'il n'en a aucune connoissance.
Dans son 6. Chap. il m'impose ce qu'il appelle ma sixième supposition : ou plutôt il n'a aucune connoissance de mon sentiment sur cette matière. Il ne parolt pas mesmes avoir lu ce que j'en ai écrit. Enfin il ne combat point ce que j'en ai dit. Il assure en plusieurs endroits que je me fonde sur ce que Monsieur Descartes a résolu touchant cette question. Cependant l'opinion de Monsieur Descartes est entièrement différente de la mienne. Mais il est évident à tous ceux qui entendent Monsieur Descartes, et qui ont bien voulu lire ce que j'ai écrit sur cette question, que l'Auteur ne comprend ni Monsieur Descartes ni mes opinions. Cependant 11 raisonne à outrance sans sçavoir ce qu'il combat et quelquefois sans que l'on puisse voir ce qu'il prétend.
L'auteur n'a pas raison dans son septième chap. de vouloir que je prouve qu'il y a de l'étenduô, lorsque je pense seulement à combattre les erreurs des sens au regard des qualitez sensibles : je serois bien fâché d'avoir suivi cette méthode. Je prouve ce qui me doit servir dans la suite, et je n'établis rien sur la supposition qu'il me fait faire. Au reste je ne sçai pas comment il s'avise après sept ans de se plaindre d'une réponse de Monsieur Rohault. Il falloit le pousser lorsqu'il étoit vivant. Mais il n'y avoit pas de sûreté : car tout le monde sçait assez avec quelle justesse et quelle force ce sçavant homme repoussoit les coups qu'on lui vouloit porter, et qu'avec deux ou trois