XXXII APPENDICE
▼elles découyertes, que pour ayancer ses méditations et faire xudtre des éclaircissements sur des sujets les plus difficiles et les plus importants qui puissent exercer des philosophes Mais yoyons si j'ai
parlé de lui d'une manière qui ait pu lui faire croire que j'avais dessein de le choquer. Voici les termes qui le touchent de plus près : a Les personnes dont on parle (avert., p. 2) ne devant attendre que des louanges et des reconnaissances, on aurait été fort injuste de tâcher d'obscurcir leur mérite de quelque manière que ce soit; d'autant plus qu'elles ont travaillé sur une matière daris laquelle on sait assez qu'il est difficile dt avoir tout le succès que l'on pourrait souhaiter. » Il ne trouvera rien ici qui soit capable de le blesser^ à moins qu'il ne se croie infaillible, ou qu'il tienne à déshonneur de ce qu'on le met en parallèle avec M. Descartes. Mais je parle de lui séparément; je le prie donc d'examiner ce que j'en dis : « Pour ce qui est de l'auteur de la Recherche^ on ne croit pas qu'il soit assez attaché à son livre pour le vouloir défendre au préjudice du bon sens et de la vérité, dans tous les endroits où il reconnaîtra qu'il le doit abandonner. On aurait trouvé dans les ouvrages de M. Descartes de quoi donner lieu aux réflexions que Von a faites; mais on est bien aise d^ avoir une personne qui se puisse expliquer elle-même, et qui puisse appuyer sa doctrine quand il sera juste de le faire. On se persuade aussi que cet auteur en usera avec
beaucoup d'équité et de modération » On voit encore à la fin de la
Critique : « Son livre contient des réflexions très judicieuses. On y rencontre partout des marques de sa modestie, de sa piété, de son désintéressement, et du désir généreux qutl fait paraître pour l'avancement des sciences. De sorte que cet ouvrage n'est pas des moindres qui ont attiré l'estime de notre siècle, et quelques défauts qu'on y puisse remarquer, ils sont encore plus supportables que les chicanes de PEcole dont l'auteur s'est heureusement délivré. » Cependant, je souhaite que l'on examine si j'ai raison de me plaindre de ses termes. « Je ne puis, ditil au commencement de sa réponse, repousser les coups qu'il me veut porter sans lui faire sentir et sans faire connaître aux autres sa faiblesse et son impuissance, » Ensuite, il m'accuse de légèieté, de témérité. Il veut que Ton croie que je n'entends ni les anciens, ni les modernes, que je raisonne à outrance sans savoir ce que je combats, et sans que l'on puisse voir ce que je prétends; que je suis aveuglé parla passion de critiquer. Enfin, il conclut que je me divertis de la vérité, que je n'ai pas tout le respect qu'on doit avoir pour le public lorsque je tâche de le surprendre, à ce qu'il dit , en plusieurs manières différentes. Je ne m'arrêterai pointa faire connaître que l'auteur est semblable à des gens qui, pour empêcher qu'on ne les soupçonne, attri-
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baent aux autres les fautes dont ils sont eux-mâmes coupables. Gela ne servirait de rien pour les sciences ; et je suis entièrement ennemi de ces façons d*écrire qui ne tendent qu'à rabaisser des personnes pour lesquelles, après tout, on pourrait n'avoir aucune aversion. J'excuse une chaleur qui est assez naturelle à ceux dont on réfute les raisonnements; et je veux penser que quelques personnes auront fait croire à l'auteur que j'avais dessein de le choquer, dans le désir où elles étaient d'éprouver son éloquence en matière de satire. Quoi qu'il en soit, je me figure que les gens raisonnables me feront justice, s'ils veulent prendre la peine de confronter la Recherche avec la Critique (c'est ce que l'auteur demande, p. 40); ou s'ils n'ont pas le loisir ni la volonté de le faire, j'espère qu'ils ne se laisseront pas conduire par la passion de notre auteur. Ils feront réflexion qu'on ne doit pas se persuader par de simples mots, et qu'il faut discerner les façons de parler que des partis contraires peuvent employer de part et d'autre avec une égale autorité, de ce qui concerne les questions qui les obligent de contester. Il est nécessaire qu'il y ait des disputes, et qu'il y en ait de publiques. Deux hommes, dans un cabinet, peuvent décider quelques points qui les regardent en particulier; mais lorsque le sujet qui les occupe est un sujet sur lequel tous les hommes ont autant de droits les uns que les autres, il faut qu'ils les considèrent tous comme autant de juges qu'ils sont obligés d'instruire de leurs différents. Le moyen d'éviter l'erreur dans les sciences, la recherche de la vérité, et la perfection de l'esprit humain , sont des pièces qui intéressent assez le public pour lui être communiquées, et je soutiens que sur des matières de cette conséquence, il est de son avantage de se déclarer contre ceux qui ne craignent pas de blesser la liberté des savants. Cette honnête liberté serait entièrement anéantie par le déplaisir qu'on aurait d'attirer sur soi des ix^ures qui ne sauraient avoir que de méchants effets, et que l'on ne peut réparer sans perdre une partie des soins qu'il faudrait destiner & l'avancement des sciences. On peut employer toute la force de son esprit à détruire des raisonnements, à découvrir les contradictions qui leur sont jointes, ou les mauvaises conséquences qu'on en peut tirer; et ceux qui font profession de cheicher la vérité doivent regarder d'un œil égal tout ce qu'on peut établir de constant, soit pour ou contre les sentiments qu'ils avancent ; mais c'est une chose indigne qu'ils s'attachent & obscurcir ou à renverser indifféremment tout ce qui s'oppose à leurs propositions. On sait d'ailleurs qu'il n'y a rien de si exact, ni de si juste qu'on ne puisse piendre en mauvaise part. La seule façon de raconter les choses que l'on veut rabaisser suffît pour les faire passer