LXXXVIII APPENDICE
nèbres du sien. C'est suiTant cette pensée qu*on lit dans le livre qui est attribué à saint Denis^ queTélrc souverain est au-dessus de toute conception humaine; et cela revient à ces paroles de saint Paul: Lucem habitat inaccessibilem. Avec tout cela nous sommes toujours obligé de recourir à Tètre infini^ non seulement pour trouver la cause des prodiges et des miracles, mais encore vous le reconnoissez fort bien, pour rendre raison des loix du mouvement et des actions réciproques des esprits sur les corps^ aussi bien que des corps sur les esprits. Et après tout comment serait-il possible qu'aucune chose existât, si Tétre même, ipsum esse, n*avoit Texistence. Mais bien au contraire, ne pourroit-on pas dire avec beaucoup plus de raison, qu'il n'y a que lui qui existe véritablement, les êtres particuliers n'ayant rien de permanent ? Semper generantur et numquam sunt.
Voilà, monsieur, ce que j'ai cru devoir vous répondre en peu de mots au sujet des axiomes dont je viens de parler. Pour ce qui est d'en établir quelques uns par avance, avant que de travailler à la philosophie des académicien?, c'est une chose dont vous trouverez bon que je me dispense, si vous considérez que ce n'étoit point là leur méthode. Ils traitoient des questions par ordre, et sulvoient toujours le fil des vérités par lequel ils se conduisoient pour sortir du labyrinthe de l'ignorance humaine.
Voilà, monsieur, ce que j'ay donné pourinsérer dans le journal des scavans. Je crois que vous n'en seriez point fâché, car quoyque je dise que la difficulté ne m'en paroisse pas être résolue, ce n'est que pour vous donner l'idée de s'expliquer davantage. Je n'ay point encore vu votre dynamique. On m'a dit qu'elle estoit enfermée parmi les papiers de M. Thévenot (1), sous le scellé. M. Tabbé du Hamel me fait voir une espèce de mémoire où vous parlez des tors des principes du mouvement par raport au sentimens du P. Malebranche et de M. l'abbé Catelan. Vous m'aviez dit {2) dans cet écrit, que l'on doit re-
(1) Mort en 1692.
(2) Lisez : « Vous avez dit... » — Nouvelles de la République des LeUres, juillet, 1687. — Voici le passage de ce mémoire auquel Foucher fait allusion : a C'est sanctifier la philosophie que de faire couler ses ruisseaux de la fontaine des attributs de Dieu. Bien loin d'exclure les causes finales et la considération d'un être agissant avec sagesse, c'est de là qu'il faut tout déduire en physique. C'est ce que Socrate, dans le Phebdon de Platon, a déjà admirablement bien remarqué en raisonnant contre Anaxagore et autres philosophes trop matériels, lesquels, après avoir reconnu d'abord un principe intelligent au-dessus de la matière, ne l'employent point quand ils viennent à philosopher sur l'Univers, et au lieu de faire voir que cette intelligence fait tout pour le mieux, et que c'est là la raison des choses