‹ Étude philosophique. L'abbé Simon FoucherChapitre 52 sur 55 · XCIV APPENDICE · texte numérisé non relu

XCIV APPENDICE

Quand aux indiyisibUs^ lorsqu'on entend par là les simples extrémités du tems ou de la ligne, on n'y sauroit concevoir de nouTelles eitrémités, ni des parties actuelles ni potentielles. Ainsi les points ne sont ni gros ni petits^ et il ne faut point de saut pour les passer. Cependant le continu, quoiqu'il ait partout de tels indivisibles, n*en est point composé, comme il semble que les objections de sceptiques le supposent, qui à mon avis n'ont rien d'insurmontable, comme on trouvera en les rédigeant en forme. Le père Grégoire, de Saint-Vincent (l)j a fort bien montré par le calcul même de la divisibilité k l'infini, l'endroit où Achille doit attraper la tortue qui le devance, selon la proportion des vitesses.- Ainsi la géométrie sert à dissiper ces difficultés apparentes.

Je suis tellement pour l'infini actuel, qu'au lieu d'admettre que la nature l'abhorre, comme l'on dit vulgairement, je tiens qu'elle l'affecte partout, pour mieux marquer les perfections de son auteur. Ainsi je crois qu'il n'y a aucune partie de la matière qui ne soit, je ne dis pas divisible, mais actuellement divisée ; et^ par conséquent, la moindre particelle doit être considérée comme un monde plein d'une infinité de créatures différentes.

De Paris, le 15 juillet 1693.

Je vous réponds, Monsieur, positivement et par avance puisque vous le souhaités. Il y a cinq jours que j'ai receu vostre dernière. 1» J*ay donné vostre réponse à M. le président Cousin. S» Il a mis dans le journal du 2 de juin 169S, un extrait de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. 3» J'ay fait répondre à cette lettre, dans laquelle il est parlé des axiomes que vous scavez : Natura non agit saltatim, et Extrema in idem recidunt. Laquelle réponse est insérée dans le journal du 16 mars 1693; de sorte que la pièce que

(f) Grégoire de Saint-Vincent, de Bruges (1584-1667), OjfNtf g$9meiricvm qmdraturœ circuli, etc. Antr., 1647, in-fol.

APPENBIGB. XCV

vous m'avez envoyée voua tiendra Hea de réplique (1). 4» Je crois que vous aurez vu Textrait de M. l'abbé Nicaise, qui ccmUent vostre jugement sur led ouvrages de Des Cartes^ il est inséré dans un journal de cette année (2). 5« La pièce que vous avez envoyée à M. Pelisson a esté insérée aussi dans le 1^' journal de janvier 1693. Tontes ces pièces^ comme je pense. Monsieur, ne vous doivent point inquiéter, car elles ne vous font point deshonneur. Yostre medianique ou dynamique a esté mise de la part de Messieurs de TAcadémie, entre les mains de M. de Varignon (3), lequel a écrit son sentiment sur vostre ouvrage, et ne le fera point imprimer sans voua Tafvoir fait scavoir à ce que me dit M. Tabbé Galois, lequel est toujours disposé à mettre dans ses mémoires les pièces quMl vous plaira de luy envoyer. 11 faut, M vous le trouvez bon, les addresser à Messieurs de TAcadémie, et Les réduire en forme de lettre. Je les donueray à M. l'abbé Galois, et auray soing qu'elles soient dans les mémoires de l'Académie. Vous me mandez que vous m'envoyez une ou deux fois vostre réponse par le journal. Mais, je ne l'ay reçue que cette seule fois. M. l'abbé Galois a receu vostre lettre de M. Pelisson. M. Lantin s'est défait de sa charge et la remet à son fils. Il travaille présentement à faire les remarques sur Diogône Laerte; il les nomme son Spicilegium, Il travaillera après à son histoire du Plaisir et de la Douleur, mais il me mande qu'il doute fort si vous approuverez son dessein. 11 écrira à la manière du chancelier Bacon, par observations, histoires et remarques. Je suis fort de vostre avis. Monsieur, qu'il seroit à souhaiter qu'il nous donnast de son vivant un Lantinian. Ce seroit l'un des bons livres que l'on pourroit avoir. Car il a fait d'excellentes réflections sur diverses choses. Il voudrolt bien aussi luy et moy que vous en fissiez de mesme quelque jour. Pour éviter les transitions et la géhenne des divisions de matières, le plus court est de dire tout franc ce que l'on pense sans autre ajustement ; mais souvent la prudence ne le permet pas. Je m'empresseray de vous communiquer ce qui luy reste des mémoires de feu M. de Saumaise et de M. de la Marre (4). Vous aurez bientôt, comme j'espère, un quatrième

(i) Cette pièce n'est autre chose que la lettre qui précède, et dont il nous manque les particularités auxquelles Foucher répond ici : nous n'en ayons que l'extrait publié dans le Journal deê Savants au mois d'août de la même année 1693.

(3) Journal des Savants, 13 avril 1693.

(3) C'était le plus habile homme de l'académie des sciences en ces matières. Dès l'année 1687 il s'était feit connaître par son Projet d'une nouvelle méchanique, y. son Eloge par Fontenelle.

(4) « J'espère, écrirait cette même année Leibniz à Nicaise, comme Dijon nous

XCVl APPENDICE.

livre de Dissertations sur la philosophie des académiciens (1). 11 y sera traitté des premières notions^ le tout dans Testendue de deux feuilles en petit-romain. Je vous enverrois volontiers les mémoires de M. d'Avranches sur Thistoire des cartésiens. Quatrièmement {i)f je n'en say qu'un exemplaire dont l'auteur m'a fait présent. S'il estoit à Paris^ je luy en demanderois un pour vous. La vie du cardinal Ximènes est imprimée et on commence de l'exposer en vente. Il y en a deux de deux auteurs qui paroissent en même tems. Celle d'Avrillon a esté faite par M. l'evesque de Nismes (8), et l'autre par un chanoine d'Usez. y être projet^ Codex Juris gentium diplomaticusy a esté inséré dans le journal. Je vous ay donné la connoissance de M. Bulteau (4), secrétaire du roy, très habile en histoire. Il m'apprend qu'il vous écrivoit. Je donneray cette lettre à M. Brosseau, qui m'a fait la faveur de m'envoyer les vostrc et la dernière nouvellement.

Je suis, Monsieur,

Yostre très humble et très obéissant serviteur^

FOUCHER

J'auray l'honneur de voir M. Laloubere (5), et tacheray de le connoistre. Je le priray de vous faire réponse.

donne la vie de M. Saumaise, qu'il nous donnera aussi les précieux restes de ce grand homme. »

(1) Ce livre parut en 1693.

(2) Lisez plutôt : « Malheureusement, d

(3) < L'ouvrage de Fléchier, dit d'AIembert dans son Eloge, fut effacé par l'hisa toire du même cardinal que Marsollier fit paraître à peu près dans le même temps. n Fléchier n'avait guère montré dans son héros que le prélat religieux; Marsollier > avait peint le ministre politique. »

(4) Bulteau, 1625-1693, savant très modeste à qui l'on doit de grands travaux d'histoire monastique. (Dupin, XVII* siècle.)

(5) Il s'agit ici non du géomètre Antoine de la Loubère (1600-1664), comme le prétend une note de M. Foucher de Careil, mais du neveu de celui-ci (1642-1729), célèbre voyageur et mathématicien, avec qui Leibniz fut en relation de lettres de 1680 à 1705.

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