‹ Etúde pratiqueChapitre 10 sur 32 · MALADIE ÉPIDÉMIQUE DANS LES PRISONS DE ROUEN · texte numérisé non relu

MALADIE ÉPIDÉMIQUE DANS LES PRISONS DE ROUEN

aphtheuse, c’est-à-dire vésiculeuse avec exsudation spéciale, comme nous l’entendons aujourd’hui, ou bien une inflammation diphthéritique? Bien que l’auteur ne décrive pas ce traumatisme d’une manière suffisamment précise pour nous édifier complètement sur ce point, il ne me semble pas qu’on puisse douter qu’il ne s’agisse ici en effet d’une véritable inflammation aphtheuse. Si, comme nous le verrons ailleurs, Lepecq confond, avec presque tous ses contemporains, l’angine diphthéritique qui survient dans la scarlatine, ou isolément, avec l’angine gangréneuse, si rare, bien que réelle, il connaissait au moins cette forme morbide, et savait en distinguer les aphthes purs et simples, soit stationnaires, soit éphémères, soit discrets, soit confluents, pour indiquer plus vite les formes diverses de cet accident ordinairement léger. Lors donc qu’un observateur aussi habile, que celui dont nous méditons en ce moment les ouvrages, prononce le nom d’aph thés, nous devons croire qu’au moins il ne s’agissait pas de diphthérite qui répondait dans son esprit aux noms de gangrène scorbutique

ET"? f rPahiS (Van Swieten)’ de Chancres “Iniques

Boerhaave), de fegante des médecins espagnols, de canker in the moutk, ou son mouth des Anglais. D’un autre côté i'ai remarque que, certaines années, dans les fièvres continues

. qu e, es reenent épidémiquement, soit qu’on les observé seulement al état sporadique, la muqueuse buccale se recouvre dans une plus ou moins grande partie de son étendue d’uné .uda on creuse, qui ne se lie ni à la lésion spécifique de

“ T" g éralive de la Ps™d°-™mbra„e de la le aractèm n “"Ü S‘mi)lement la ^«ion morbide quiest diSrenTd P?’,' mUgUet °r’ étai'-Ce cet accident, si contrait d, a®ctlon aPhtheuse proprement dite, qui se ren- Roùen’Ce "S è ma adle épidémique des prisonniers de

n es pas vraisemblable : les accidents inllamma-

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toires angineux, si je puis ainsi dire, y étaient trop marqués pour qu’il en fût ainsi. Cette question me semble donc résolue : c’est bien d’apbthes qu’il s’agit dans la maladie épidémique décrite par notre auteur.

Une autre question, qui me paraît encore beaucoup plus facile à résoudre, est celle-ci : était-ce une dyssenterie, que cette diacrise intestinale qui s’observe constamment dans cette affection? Quoique Lepecq ne parle pas de selles sanglantes, ce ténesme, ces épreintes qu’il signale, ne me paraissent pas permettre de douter qu’il ne s’agît en effet de l’enterite qui se marque surtout par ce caractère. Je ne puis reconnaître là la diarrhée de la fièvre typhoïde.

Cependant si la maladie était une simple dyssenterie avec concomitance aphtheuse, soit uniquement sur la muqueuse buccale, soit peut-être simultanément sur la muqueuse de l’intestin, comment se fait-il que la plupart des malades, dans la première période de la maladie, ou même dès la seconde, c’est-à-dire au commencement du deuxième septénaire, comment se fait-il, dis-je, que la plupart des malades présentaient les symptômes typhoïdes les plus graves, affaissement, délire, somnolence, ou coma, pétéchies, ou parfois une convalescence, où le système nerveux témoignait par son état de l’atteinte profonde qu’il avait reçue? Dans mon opinion, si les choses se passaient ainsi, c’est qu’en effet la maladie ne resta pas simple, et que le typhus s’y joignit pour la marquer d un caractère particulier et beaucoup plus grave. Lepecq nous dit, il est vrai, que cette affection sévit exclusivement parmi les prisonniers du palais : mais bien que sa plume, toujours un peu métaphorique, nous trace un tableau lamentable de l’état de ces malheureux, nous ne savons pas précisément si la cause la plus puissante, la seule peut-être du typhus, soit comme maladie primitive, soit comme maladie secondaire, l’aggloméra-

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tion des hommes dans un espace trop étroit, nous ne savons dis-je, si cette cause agit sur les détenus de Rouen, à l’époque où l’épidémie les frappa. Pourtant ce qui tendrait à faire croire qu’il en fut bien ainsi, c’est que, parmi les moyens que Lepecq employa pour combattre le fléau, figure en première ligne la dissémination des malades. Et non-seulement il employa judicieusement ce moyen, mais ce qui me paraît militer encore plus fortement en faveur de l’opinion que je viens d’émettre, c’est que cette dissémination des malades arrêta rapidement l’épidémie. Enfin une considération qui nous incline encore à admettre dans cette maladie, qui se produit d’abord sous une forme simple, mais qui rapidement en prend une autre si grave, un élément nouveau, et que cet élément nouveau porte en lui la vertu mystérieuse de la contagion, c’est que la maladie se confine parmi les hommes qui vivent en commun, et

qu’elle épargne les femmes qui vivent dans un quartier séparé.

Je n’étendrai pas davantage ces remarques, d’abord parce qu il ne faut pas oublier, que nous ne sommes ici que sur le terrain de la probabilité, et qu’ ensuite il ne semble pas, que de l’étude de la thérapeutique suivie par Lepecq dans’ cette circonstance, il puisse sortir d’utiles enseignements pour la pratique. En effet, cette thérapeutique, qui consiste à peu près exclusivement dans l’emploi des évacuants plus ou moins répétés et les vésicatoires, son efficacité ne se dessine pas aussi nettement dans ce cas que dans les deux épidémies précédentes : la maladie est plus rapide dans sa marche, l’influence e ïa médication qu’on lui oppose y reste souvent douteuse.

tlent l1 a ce Aue la maladie consistait surtout dans une angine aphtheuse, avec ou sans dyssenterie, et que l’élément e ranger qui seul en faisait le danger, disparut, dès que les malades furent soustraits au foyer d’infection? Je ne sais : la

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terminaison, dans tous les cas, en a été heureuse, puisque sur trente malades, Lepecq n’en perdit qu’un.

11 me resterait, pour épuiser le cadre de cette monographie, à suivre l’auteur dans la longue discussion à laquelle il se livre sur la fièvre aphtheuse , comme il dit, et sur la signification critique des aphthes, quand ils surviennent comme manifestation intercurrente spécifique dans les maladies. Quant à ce qui est de cette fièvre aphtheuse, si l’auteur entend par là que le traumatisme local qui constitue l’aphthe peut déterminer symptomatiquement une réaction fébrile plus ou moins intense, nous n’avons d’autre objection que celle-ci à faire à cette appellation, c’est que pour être logique, il faudrait dès lors distinguer autant de fièvres qu’il y a d’inflammations locales, qui peuvent provoquer la réaction fébrile. Quant à la signification critique des aphthes dans les maladies, où ils se produisent, Lepecq, en homme judicieux, n’accepte que fort discrètement la théorie des médecins qui admettent les aphtes comme une crise, et érigent ce fait en principe. Dans tous les cas, pour lui, il a parfaitement observé que cette affection vésiculeuse était presque contemporaine des premiers accidents, disparaissait assez rapidement, et sans que les autres phéno- 3â mènes sérieux en fussent en rien influencés dans leur marche ; il a parfaitement observé, dis-je, que dans cette épidémie locale les aphthes étaient un symptôme, et rien de plus. Aussi la considération de cet accident ne contribua-t-elle en rien à diriger son traitement. La seule concession qu’il fasse dans cette circonstance à la théorie, qu’en pratique il se contente de respecter, c’est de n’employer aucune médication topique, qui puisse empêcher, comme il le dit lui-même, « ces petites élevures de verser leur sanie. » C’est ainsi que les esprits les plus droits ont de la peine à s’affranchir complètement du joug des théories régnantes, alors même que les faits

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mieux observés ne semblent déjà plus concorder avec elles ICI se termine le premier ouvrage que Lepeeq de la Clôture ait publie, et que le monde médical accueillit avec intérêt. Le mente de cet ouvrage, non moins que le patronage royal sous lequel!1 paraissait, ne pouvait manquer d’appeler sur lu, 1 attention de la Société de médecine. Bien que je n’aie pas sous les yeux le rapport de cette société savante, je ne puis douter d apres les quelques mots qui échappent sur ce point à h mo es^ de l’auteur, qu’il ne lui ai, éSUtoemT L omble. Ma, s non-seulement la Société royale de médecine onora ce livre de sa haute approbation, elle fit plus elle anifesta a l auteur le désir de lui voir entreprendre un tra vail d une plus haute portée encore, celui de la topographie medicale de la vaste province, où il avait recueilli sfs nremiè res observations. Lepeeq était en partie en mesure de ripou' c cet appel s, honorable pour lui, car il avait recueilli de puis plus de vingt ans des matériaux précieux dn f premier ouvrage n’éhif mi’ r ^ son

restait ni,,- 1 1 frag«ient détaché; il ne lui

restait plus qu’aies coordonner et à 1pC m j \

principes qui constituaient sa doctrine et le “ ^

cessivement appréciés C’est mi ’ que nous avons suc-

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