‹ Etúde pratiqueChapitre 13 sur 32 · DE 1763 A · texte numérisé non relu

DE 1763 A

t'faut de concordance entre les maladies épidémiques, et les données de la météorologie. — Epidémie de fièvre typhoïde, qui semble bornée au premier âge de la vie. — Emploi de l’émétique dans les fièvres éruptives, avec complication saburrale, de l’opium, dans le délire violent des fièvres graves. — Dyssenterie épidémique, son traitement. — Utilité des vomitifs dans les maladies de l’appareil thoracique chez les enfants et chez les vievlards. Comment expliquer la fausse apparence d’une prétendue phthisie épidémique? Nous revenons au traitement de cette maladie tel que le comprenaient les médecins du xviil siècle. - Épidémie d’apoplexie pulmonaire. — Epidémie de fièvre putride à Cottevrard. — Pourquoi les

0b,Cr”ien'-i,S d. „ peau

La longue discussion à laquelle je me suis livré sur la question, qui se pose naturellement à propos de celte nouvelle division des ouvrages de Lepecq, lorsque j’ai examiné la philosophie medicale du médecin du xvm- siècle, doit nécessairement rendre ici ma tâche beaucoup plus facile, et en même temps abréger mon travail. La plupart des maladies, en effet, qui sont décrites, ou dont un plus ou moins grand nombre d observations sont rapportées dans ce nouveau volume du laborieux epidémiographe, sont des maladies vulgaires, ou

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des épidémies vraies; mais l’auteur s’efforce <îe les rattacher aux vicissitudes atmosphériques amenées par les saisons. Il leur suppose une nature identique par cela même, quelle que soit la forme sous laquelle elles se produisent, quelles que soient les lésions qu’on y constate, en se servant de tous les artifices que comporte la science diagnostique du temps. Combattre l’erreur capitale qui se reproduit ici, ce serait évidemment répéter ce que j’ai dit déjà : je ne commettrai pas cette faute. Toutefois, comme en face d’une idée, qui fut pendant si longtemps acceptée dans la science , et qui aujourd’hui même séduit encore quelques bons esprits, parce qu’au milieu des incertitudes de celle-ci, elle semble offrir à la pratique une base plus fixe; comme en face de cette idée, dis-je, il faut mettre en vive lumière la doctrine qui la combat, j’entrerai dans quelques nouveaux développements sur ce point et confirmerai ainsi en présence des faits ce que, dans la discussion générale que je rappelais tout à l’heure, je me suis déjà efforcé d’établir.

Lepecq place en tête de cette nouvelle série d’observations la description de l’état des saisons en Normandie, pendant la période, c’est-à-dire pendant les quinze années, que ces observations embrassent. L’on 11e s’attend pas sans -doute à ce que je résume un travail aussi fastidieux. Je me contenterai de faire remarquer à cet égard que, quand on conlère les observations cliniques que rapporte l’auteur avec les données météorologiques des saisons ou de l’année, auxquelles elles correspondent, il est impossible de ne point être frappé de la complète discordance que découvre, dans quelques cas, cette comparaison. Mais heureusement la doctrine sur laquelle on s’appuie est très-élastique, et, grâce à la facilité qu’elle ofire de se rendre compte des choses par la concentration, ou l’effervescence, l’élaboration louable ou mauvaise des humeurs

qui sont au fond de toutes les' maladies, c’est-à-dire par des mots, on a aisément raison de ces prétendues discordances. D’ailleurs l’intervention des constitutions stationnaires , les épidémies spécifiques qui viennent les traverser, telles que la variole, la rougeole, la scarlatine, etc., apportent encore un secours fort utile au médecin pour le tirer d’embarras, en face d’un ensemble symptomatique, qui n’est pas parfaitement d accord avec les indications du baromètre, du thermomètre, ou la quantité approximative de pluies tombées dans une période de temps déterminée. Il n’y a pas jusqu’à l’expédient de dénominations différentes, appliquées à des maladies évidemment identiques, dont on ne se serve, dans un certain nombre

de cas, pour se mettre en règle avec les exigences de la doctrine.

Je ne citerai qu’un tait, pour mettre en évidence ce dernier artifice. Lepecq observe pendant des années, et sous des températures essentiellement différentes, des fièvres continues épidémiques. 11 suffit de lire la description générale qu’il trace de chacune d’elles , ou les observations particulières qu’il en rapporte, pour se convaincre que c’est bien là une maladie, au fond toujours la même (eu égard au moins à l’état actuel de la science), c’est-à-dire une fièvre typhoïde. Or, comment notre auteur élude-t-il la difficulté qu’il rencontre ici sur ses pas? D’une manière fort simple : il appelle les unes des fièvres muqueuses, les autres des fièvres putrides, avec prédominance de Fatrabile, celles-ci des fièvres malignes et miliaires, celles-là des fièvres lentes nerveuses. Tous les hommes , qui sont un peu au courant de la science, ne manqueront pas de reconnaître que, derrière les formes plus ou moins différentes que supposent ces dénominations variées, il y a une maladie identique, c est-a-dire la grande endémie de l’Europe , la fièvre

MALADIES ÉPIDÉMIQUES AU XVIIIe SIÈCLE.

Cel te identité ne résulte pas uniquement de la forme symptomatique de la maladie qui, suivant la gravité des cas, est difleîente, bien qu un fond radical de faiblesse les caractérise tous, parce que cette forme, plusieurs autres affections essentiellement distinctes, la néphrite, la cystite, la pneumonie, l’infection purulente, peuvent la revêtir : elle ne résulte pas uniquement de la lésion intestinale , parce que , quoique cela soit extrêmement rare, cette lésion peut manquer : mais elle résulte en même temps, et surtout peut-être, de l’immunité absolue que fait acquérir à l’organisme une atteinte de la maladie, quelle que soit la forme que celle-ci ait revêtue. C’est là principalement, suivant moi, qu’éclate l’unité de l’affection typhoïde, et ce qui justifie la doctrine qui réduit à cette unité les formes multiples de cette affection.

Maintenant , les causes accidentelles qui agissent sur les populations, et parmi celles-ci, les influences atmosphériques, ces causes ne concourent-elles pas à donner à une affection, qui reste au fond la même, cette physionomie diverse qu’expriment avec plus ou moins de justesse les appellations dont je parlais il y a un instant ? Ceci est une autre question. Bien que j’y aie déjà touché, comme c’est là une question capitale, j’en dirai encore un mot ici. Quand on cherche, dans les ouvrages de notre auteur, à s’édifier sur ce point, on n’y trouve que quelques indications vagues , d’où il est difficile de tirer des conclusions sérieuses. Cependant, autant qu’on en peut juger par sa statistique toujours incomplète, et par ses observations qu’il choisit arbitrairement au milieu d’un grand nombre de faits qu’il ne cite pas , il semble que , dans quelques-unes des épidémies de fièvres continues qu’il rapporte, l’éruption miliaire, par exemple, se rencontre un peu plus souvent dans les temps secs et chauds, que dans les constitutions médicales opposées. D’autres observateurs ont cru devoir faire la même

remarque, et semblent ainsi justifier cette conclusion. Il en est peut-être encore de même de la forme de la maladie qu’il décrit sous le nom de fièvre lente nerveuse, et qu’il semble avoir observée plus souvent pendant l’automne et l’hiver, que pendant les autres saisons de l’année. Mais, je le répète, ce ne sont là que de simples conjectures, et dont la justesse ne peut être vérifiée ni par les travaux propres de Lepecq, ni par les recherches des médecins sur l’autorité desquels il s’appuie ; car pour conclure ici, il faudrait une grande masse d’observations rigoureuses, et cette base nécessaire fait là partout complètement défaut.

En attendant cette démonstration, ce que l’on peut nettement affirmer, c’est que, si les influences atmosphériques ont quelque part dans la physionomie particulière, comme dans la gravité variable des épidémies typhoïdes, cette part est fort restreinte, car le plus souvent cette maladie s’observe, sous les formes les plus diverses, dans les mêmes saisons ou les mêmes intempéries, car s’il y a des épidémies graves de fièvre typhoïde dans l’automne et dans l’hiver, il n’est pas rare non plus d’en observer au printemps et même dans l’été. La même observation s’applique aux fièvres continues , considérées à 1 état sporadique : tout le monde sait en effet que, dans cet état, bien qu’elles s’observent peut-être un peu plus fréquemment en automne, on les observe souvent, et sous toutes les formes , en toute saison (1).

Je ne pousserai pas plus loin les réflexions, qui naissent naturellement en présence d’idées erronées déjà combattues, et flui se reproduisent ici, et passe de suite aux observations pro-

(1) Consultez les ouvrages de MM. Chomel Louis

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|nie]> Louis, Andra), déjà ouvrage le plus récent sur folliculeuse , de M. Forget

Paris, 1841, in-8.

220 MALADIES ÉPIDÉMIQUES AU XVIIle SIÈCLE.

prement dites de l’auteur, qui, au point de vue de la symptomatologie et du traitement, nous offriront encore quelques vérités à recueillir.

Dans la constitution catarrhale de 1763-64-65, qui d’abord est simplement catarrhale, et qui se transforme successivement en constitution catarrhale bilieuse, puis miliaire, que traverse une constitution varioleuse et morbilleuse , et qui aboutit enfin, sous une forme plus nette, à une dyssenterie épidémique , nous ne trouvons à glaner que quelques observations importantes. Quelques-unes de ces observations figureront dans le cadre , auquel elles appartiennent évidemment, c’est-à-dire dans la section des maladies sporadiques : les autres, nous allons nous en occuper immédiatement.

Parmi ces observations, nous signalerons d’abord une épidémie qui, d’après le témoignage de l’auteur, frappa surtout les enfants. 11 est assez malaisé, d’après les détails fort incomplets auxquels Lepecq se borne dans cette circonstance, de décider quelle fut véritablement la nature de cette aflection. L’âge des malades n’est pas indiqué d’une manière précise ; et cette omission est fâcheuse, car il est quelques maladies, contemporaines d’un certain âge, et qu’un autre âge exclut. Pourtant la localisation des accidents principaux dans les viscères de la cavité abdominale, les symptômes cérébraux qui s y joignaient, la surdité observée quelquefois, la longue durée de la maladie, qui se prolongeait chez quelques sujets jusqu à trente et quarante jours , l’absence de symptômes sérieux signalés du côté de l’appareil respiratoire, cet ensemble de circonstances ne semblerait-il pas indiquer que nous avons encore là sous les yeux une épidémie de fièvre typhoïde ? Mais une semblable épidémie , qui paraît avoir frappé presque exclusivement les enfants, serait au moins un fait assez nue .

dans tous les cas, l’auteur dit positivement que les purgatifs n’y réussissaient pas au début.

Rien non plus que de très-vagues indications sur un catarrhe, qui frappa beaucoup de vieillards, et qu’il appelle catarrhe suffocant. Les éméto - cathartiques y réussissaient surtout , en préparant une diaphorèse efficace.

La prétendue transformation de cette constitution médicale en constitution catarrhale miliaire ne mérite pas davantage de nous arrêter; les mêmes erreurs appelleraient nécessairement les mêmes réflexions que j’ai déjà faites.

Je passerai moins rapidement sur une épidémie de variole que l’auteur signale plutôt qu’il ne la décrit, et qui, sans être bien grave, à ce qu’il paraît, s’observa en même temps dans une grande partie de la France, au printemps de 1764. L’auteur, toujours fidèle à sa doctrine, voit, dans cette épidémie, la constitution catarrhale imprimer un cachet particulier à la forme de la maladie. C’est là encore une complète illusion, et qui est propre à cette école que Van-Helmont a justement stigmatisée sous le nom de catarrheuse. Lisez en effet les observations que rapporte Lepecq pour justifier ses vues, et dans le but de vous en faire voir la justesse, et vous y verrez que vous n’y voyez rien du tout. Est-ce que dans tous les temps, et sous toutes les constitutions médicales, les souffrances de l’intestin ne s’associent pas à des degrés différents au traumatisme spécifique du derme, qui s’observe dans cette malaie, et surtout à l’intoxication inconnue qui commande tous es symptômes? Est-ce qu’après la rachialgie, qui est avec la hevre un des caractères les plus tranchés des prodromes de u e affection, on n’y observe pas, comme un des phénomènes es p us constants, les nausées, les vomissements ? Est-ce que ans une ouïe de cas, et dans tous les temps, un vomitif n’est pas un des moyens les plus sûrs pour simplifier cet appareil

de symptômes plus formidable en apparence qu’en réalité ? Encore une fois, il n’y a donc en tout cela rien de particulier, rien qui soit l’effet démontré des accidents météorologiques au milieu desquels la maladie s’observe. M. Valleix, dans ses leçons cliniques, faisait remarquer naguère à ses auditeurs que, quant à lui, bien qu’il sût parfaitement que des désordres graves sont possibles du côté du tube digestif dans la variole, il n’hésitait pas cependant à combattre les symptômes saburraux, quand ils s’y présentaient. C’est, là certainement une observation juste, mais on voit qu’elle n’est pas neuve, et que ce n’est qu’en traversant Broussais qu’elle prend une légère teinte de hardiesse et d’originalité. Mais puisque je viens de citer les leçons de M, Yalleix, qu’on me permette encore à leur propos une remarque, qui n’est peut-être pas dénuée d’intérêt. Ce médecin , observateur distingué , en parlant du délire symptomatique dans les maladies aiguës , et surtout dans les fièvres éruptives, dit que, suivant en cela les errements de son savant maître, M. Louis, il n’hésite pas à combattre la perturbation du système nerveux, dont ce délire est l’expression, par les préparations opiacées. 11 a raison : c’est là certainement une saine pratique, pourvu qu’on n’en abuse pas : moi-même ai rapporté ailleurs quelques faits qui justifient cette méthode; mais ce n’est encore là que de l’invention à la suite, car avant que Broussais, avec sa théorie exagérée de 1 irritation, n’eût fait de toutes les maladies des espèces de noh me tangere , ce délire symptomatique était combattu par l’opium dans un bon nombre de cas, et cette pratique conduisait à d’aussi heureux résultats qu’ aujourd’hui. C’est là un fait qui nous montre une fois de plus que parfois; dans notre science, pour avancer, il faut reculer, recedc, ut procédas. Quelque vergogne que nous en ayons, il faut bien en convenir en face de 1 inexorable histoire.

Une vieille pratique que je retrouve encore ici, c’est celle qui consiste à combattre l’angine simple, à sa naissance, qu’elle soit sporadique ou épidémique, pourvu qu’elle ne soit pas l’expression d’une pléthore sanguine, au moyen des émétiques. On n y réussit certainement pas toujours, mais il est incontestable que, dans un bon nombre de cas, cette méthode est de toutes celles qui ont été tour à tour proposées, la plus efficace. Dans cette épidémie, dit-il, on enlevait sûrement le mal

par 1 emetique, quelquefois après avoir été obligé de faire précéder une saignée. 1

J ai eu déjà occasion de signaler dans Lepecq de la Clôture une des qualités les plus précieuses de l’observateur, c’est à savoir un amour sincère, invincible de la vérité. Dans’la rela- ^■d'me épidémie de fièvre typhoïde qu’il observa à Caen en 1763, et qu ,1 désigne sous le nom de fièvre maligne milau e, il nous donne encore une nouvelle preuve de cette véracité. Apres avoir fort bien dessiné la physionomie générale de la maladie, et y avoir indiqué, comme un de ses traits particuliers, une grande aptitude à la sueur, il passe en revue les diverses méthodes thérapeutiques par lesquelles on s’est efforcé de combattre le mal. Il fait observer à cet égard que coutraia «qu'il avait vu si souvent, les purgatifs déterminaient des évacuations considérables, et dont le résultat était une aggravation visible de la prostration. Il s’explique jusqu’à

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224 MALADIES ÉPIDÉMIQUES AU XVIIIe SIÈCLE.

à des résultats définitifs bien évidemment plus favorables. 11 paraîtrait, d’après Zimmermann, que la franchise n’était pas de son temps la vertu de tous : en est-il autrement aujourd’hui? qu’on nous laisse au moins le croire.

Grâce à un certain artifice, dont nous avons déjà parlé, la constitution médicale stationnaire subit encore ici une nouvelle modification, et tout en restant toujours catarrhale au fond, elle devient atrabilieuse simple ou inflammatoire. C’est comme expression de cette nouvelle métamorphose, que Lepecq nous trace rapidement l’histoire d’une dyssenterie épidémique grave qui frappa Caen et une certaine étendue de sa banlieue, dans l’automne de 1765. Rien de plus embarrassé que le raisonnement de notre auteur, pour établir la responsabilité de l’atmosphère dans le développement de cette maladie populaire. On ne conçoit pas qu’un esprit aussi judicieux que Lepecq se soit alieurté à cette théorie, surtout en présence d’une semblable affection. Plus de deux cents ans auparavant, notre Fernel s’était trouvé lui aussi en face d’une épidémie de ce genre, et' bien qu’il acceptât, en partie, les idées hippocratiques sur le rôle que jouent les qualités de l’air dans la production des maladies, son esprit logique le conduisit à secouer le joug de l’autorité dans cette circonstance. Ecoutons-le un instant : « Cœterüm quùrri longa observatio tempestates non paucas us <1 uas Hippocrates commémorât similes notaverit , easque admodùm salubres ; multas verô temperatas et œqualcs cum prions insalubres et perniciosas, non possum equidem non suspicari , prœter qualilatum , tempestatumque mutationes , occultius quiddam et perniciosius in ambiente nos aere tùm volitare , et eircumferri (1). » Puis il indique la grande épidémie de dyssenterie de 1538, qui ravagea toute l’Europe : « ltà ut civilas alla

(I) Ioannis Fernclii ambiant, de abditis rerum causis, c. xm, t. I.

CONSTITUTIONS MÉDICALES. ««g

tmmurns evaserit, cùm tatnen nee exuperans intempéries , ncc temporum inœquilitas, nec valida tempestas ulla a ut vigerdt, autantè viguisset (l).»Lepecqdela Clôture manquait decetto Vigueur d’esprit, qui fait supporter impatiemment tout autre joug que celui de la vérité, et il fait plus d’efforts pour se maintenir dans son erreur, qu’il ne lui en eut fallu faire pour en soitii. Quoi qu il en soit, il décrit assez complètement les symptômes de cette grave épidémie, et fait, à propos de cette maladie, quelques remarques justes. C’est ainsi qu’il fait observer avec raison, que la cessation complète des douleurs abdominales, pendant que les symptômes graves existent toujours, loin d 'être d’un bon augure, est au contraire le sème une mort prochaine. C’est ainsi encore qu’après avoir montre, que la meilleure méthode de traitement consiste dans un Jregime severe, 1 ipecacuanha, les minoratifs, il fait observer que c eta, etermser le flux intestinal, que de soumettre excluivement les malades pendant la convalescence à la diète lactée. Les amers devenaient nécessaires, et parmi ceux-ci il signale, comme ayant été fort utile, une plante, peu usitée en mei ecrne, le huis, qu’on faisait prendre en décoction Cette constitution atrahilieuse n’engendre pas seulement épidémie de dyssentene dont je viens de parler, elle im Fune son cachet à des pleurésies intercurrentes comme elle se trouve encore au fond d’une épidémie de fièvre ente nerveuse, de fièvres double-tierces, ou hémilritées

J, ™ P°Urrais’ a Pr°P°s dc cette discussion confuse où "Ut ur * priori sur la composition du sanl’ '

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(0 I'r vol., p. 201.

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226 MALADIES ÉPIDÉMIQUES AU XVIIie SIÈCLE.

taient aujourd’hui de semblables questions, je ne pourrais, dis-je, à propos de cette discussion, que répéter ce que j’ai dit déjà, je ne ferai donc qu’en marquer ici la place.

Nous allons maintenant suivre Lepecq sur un autre terrain d’observation, c’est-à-dire Rouen. Bien que là encore nous soyons menacés de rencontrer bien des discussions oiseuses, nous y trouverons quelques épidémies, celle de Dieppe, en 1775, par exemple, celle de Cottevrard en 1774, qui mériteront un peu plus de fixer noire attention, et où les vues sages du praticien nous feront oublier les erreurs de l’homme de la théorie pure. Mais avant d’arriver là, qu’on me permette de rappeler brièvement quelques remarques justes que je trouve disséminées çà et là, et qui, aujourd’hui même, ne manqueront peut-être pas d’à-propos. La première observation, qu’à ce point de vue je crois devoir consigner ici, c’est l’observation relative à une maladie, que le médecin de Rouen rencontre chez un certain nombre d’enfants, et qui intéresse plus particulièrement l’appareil respiratoire. Que ce fût là une simple bronchite, ou qu’une séméiotique plus rigoureuselui eût appris à reconnaître la part qu’y prenait peut-être le parenchyme pulmonaire lui-même (pneumonie lobulaire), c’est une question dont nous ne devons pas nous occuper, parce qu’elle est insoluble. Dans tous les cas, cette incertitude du diagnostic n’ôte rien à l’intérêt de la remarque qu’il fait ici sur la thérapeutique la plus efficace à opposer à cette maladie. Des médecins, guidés par l’acuité des phénomènes, bourraient les petits malades de loochs, de sirops, et sous l’influence de cette thérapeutique de confiseur, la maladie semblait s’éterniser. Mieux inspiré, Lepecq fit vomir les petits malades, et cetle secousse, imprimée à l'organisation en temps opportun, taisait cesser rapidement les accidents. C’est là un fait presque aussi vieux que la science, et que l’engouement delà doctrine

de l’irritation nous fit longtemps perdre de vue. Depuis que I que dix ans, ce fmt important ne commande pas seilement la thérapeutique qu appellent les maladies de l’appareil respira toire chez les enfants, il faut en tenir compte à tout âge mais surtout chez les vieillards. Un médecin distingué, dont jé viens e iecevon- le livre qu-i! a publié il y a quelques jours M le docteur Max. Durand-Fardel, fait sur celte question l

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1SÔ4, p. <23. m'I<K prfjtuluc des maladies des vieillards, Paiis,

mie montrent une activité, qui ne dépasse pas une certaine mesure, marchent en général plus probablement vers une terminaison heureuse. 11 cite à cet égard un lait, qui porte avec lui un enseignement qu’il est peut-être bon de rappeler.

« Ainsi, dit-il, j’ai vu une femme qui, me paraissant affaiblie, exténuée, au quinzième jour de sa maladie, par un flux de ventre qui lui procurait vingt selles chaque nuit, avala le souhuit grains de diascordium. La diarrhée fut supprimée dans la même nuit, son ventre devint tendu, douloureux : le lendemain, elle avait les mains, la face œdématiées, la tête pesante, elle délirait, et faisait des efforts continuels pour vomir. On lui passa deux cuillerées contenant deux douzièmes d’un grain d’émétique, et le flux de ventre se rétablit à son grand soulagement (1). « C’est là certainement un fait d’observation judicieuse, et qui méritait d’être mentionné d’une manière particulière.

Cette observation intéressante se trouve comme perdue au milieu d’une discussion théorique un peu nébuleuse, que je passerai sous silence, et qui a trait à une épidémie de iièue bilieuse que Lepecq a observée à Rouen dans l’automne de 1769. Or, qu’est-ce que c’était que cette fièvre bilieuse? Rien autre chose évidemment qu’une fièvre typhoïde. En doutez-vous ? Je vous demanderai alors ce que c’est qu une maladie aiguë, qui durait de vingt à trente jours et qui se traduisait par une fièvre intense, sans accidents locaux bien dessinés, par du dévoiement, des épistaxis, de la céphalalgie, du délire, de la surdité, de la prostration, des sudamina? etc. Que le délire y fût plus fréquent et plus intense que dans quelques épidémies du même ordre, bien que rien au monde ne le démontre, comme le prétend l’auteur ; que les saignées >

(1) Collection d’observations sur les maladies et constitutions eptdemiques, Paris, 1778, p. 843.

concourussent, bien que le gastricisme y paraisse plutôt une assertion qu’un fait , cela est possible, et ne prouverait qu’une chose, c’est à savoir, que les épidémies n’ont pas toujours les mêmes qualités, si je puis ainsi dire, ou bien que les constitutions qu’elles frappent ne sont pas toujours dans des conditions identiques; enseignement grave assurément, et qui montre quelle réserve il faut apporter dans les conclusions thérapeutiques auxquelles conduit l’observation d’une fièvre typhoïde épidémique ; car ces conclusions, vraies pour celleci, pourront être fausses pour celle-là; mais enseignement qui ne fonde encore qu’une notion empirique , et que l’avenir seul pourra élever à la hauteur de la science, en l’intellectualisant, si je puis ainsi dire.

La hile n’était pas seule mise en cause dans cette maladie, la miliaire, cette sorte de bouc émissaire de la pathologie du xum siècle, y prenait aussi sa part de responsabilité: ainsi on supposait que celle-ci était cantonnée dans les nerfs ou dans les méninges, et provoquait surtout par sa rétention les accidents cérébraux graves qui s’observaient. C’est, dans la n ue d appeler cette éruption au dehors, qu’on appliquait quelquefois des vésicatoires à la nuque, et aux jambes simultanément. Sans admettre la théorie de l’auteur sur ce point d’une discussion depuis longtemps épuisée, je ne puis pas ne pas signaler un fait où des accidents très-graves du côté du cerveau disparurent rapidement à la suite de cette révulsion énergique. Mais nous avons déjà signalé plusieurs faits de cet ordre, inutile donc d’y insister.

A 1 influence de la constitution bilieuse-putride, au milieu e laquelle apparaissent les maladies dont je viens de parler , ep]eCqde la Cloture rattache encore une sorte de phthisie epidemique, qu’il dit avoir observée dans le même temps à Houen. Ce serait là effectivement un fait fort rare; mais est-il

230 MALADIES ÉPIDÉMIQUES AU XVIIIe SIÈCLE.

réel? Voilà la question qu’il faudrait loutd’abord résoudre. Or, quand on y regarde d’un peu près, il est facile de s’apercevoir qu à côté de phthisies réelles, il y a des pleurésies chroniques, des pneumonies chroniques peut-être, qu’une science diagnostique insuffisante, et surtout des préoccupations théoriques fausses empêchent de saisir. Ce n’est pas qu’il faille nier d’une manière absolue que, sous l’influence de certaines perturbations atmosphériques, la phthisie ne puisse subir une impulsion funeste vers une terminaison fatale; c’est même sans doute a cette cause qu’il faut attribuer la plus grande mortalité des phthisiques, coïncidant avec la saison printanière ; mais est-ce là une épidémie tuberculeuse? Non assurément. Ici se place une remarque fort juste de M. Andral, et qui explique, tout en la réfutant, l’erreur dans laquelle Lepecq est tombé dans cette circonstance. «On ne doit jamais perdre de vue, dit le professeur de pathologie générale, que pour que l’inflammation de la membrane muqueuse des conduits aériens puisse amener la production des tubercules pulmonaires, il faut admettre une prédisposition. Cette prédisposition étant admise, nous pouvons facilcmentconcevoir comment, chez un de ces individus, la plus légère bronchite suffit pour produire des tubercules (à plus forte raison, pour imprimer une impulsion funeste à des tubercules existants déjà) : tandis que chez un autre non prédisposé, la phthisie tuberculeuse ne résulte pas du catarrhe le plus grave et le plus long (1). »

Cette erreur relevée, je n’en crois pas moins devoir rappeler ici une pratique, dont notre auteur s’applaudit hautement dans celte affection ; cette pratique consistait à faire prendre aux malades, pendant un temps assez long, des sucs exprimés de cresson, de cochlearia, etc. Or, si l’on veut bien se rappeler,

(1) Clinique médicale, t. Il, p. 32.

d une part, que les préparations iodiques méthodiquement employées, permettent assez souvent aux médecins d’enrayer la marche de la phthisie; si l’on n’a pas oublié, d’un autre coté, qu un chimiste aussi habile que dévoué à la science M. Chatin, a démontré la présence de l’iode dans une foule de plantes, et surtout dans un certain nombre de plantes aquatiques, telles que celles dont Lepecq se sert ici, on ne sera nullement étonné des résultats heureux qu’il signale dans son ouvrage, et que je viens de mentionner. Si les pêcheurs des bords de la Baltique ont reconnu depuis longtemps l’utilité de l’usage de l’huile de foie de morue dans quelques cachexies, pourquoi le même empirisme, qui est nécessairement derrière l’idée théorique, puisque celle-ci conduit à l’expérience, pourquoi le même empirisme, guidant les médecins, ne les aurait-il pas servis aussi heureusement dans quelques circonstances? Entre les médecins qui cherchent la vérité, et des hommes ignorants qui ne la voient que quand elle leur crève les yeux, admettons au moins des chances égales pour la trouver.

Je ne veux pas passer complètement sous silence une remarque pratique, que Lepecq consigne dans cette partie de ses ouvrages, à propos de l’accouchement artificiel ; c’est un cri genereux arraché à l’indignation de l’honnête homme Dans l’espace de quatre mois, il a compté jusqu’à quarante ou cinquante femmes accouchées avec le forceps. « Nous gémissions alors, dit-il, sur l’abus que la précipitation, ou l’impaüence lait trop légèrement d’un instrument, si utile dans des mams prudentes, s.dangereux dans des mains téméraires (1). » e n est pas cependant sur le bois ou sur la pierre, qu’on agit ajoute-toi avec Deventer, répétant le mot de Galien, non hÿnum traclae lapidera. Peut-être abuse-t-on moins au-

MALADIES ÉPIDÉMIQUES AU XVIIIe SIÈCLE.

jourd’hui de ce moyen violent, mais il est un moyen nouveau, dont on abuse encore plus peut-être, et qui n’est pas moins luneste, quand il n’est pas positivement indiqué, c’est le seigle ergoté. Ce mal doit-il être uniquement imputé à une sorte d’ardélionisme thérapeutique ? espérons-le, bien que cette interprétation ne diminue pas la gravité du mal du côté des victimes : et rejetons comme impossible une autre conjecture odieuse.

Au printemps de 1773, on observa à Rouen, chez un certain nombre d’individus (on n’ose pas dire que ce fut une épidémie), une maladie, dont le siège était évidemment dans l’appareil thoracique, et que Lepecq décrit sous le nom de péripneumonie gangréneuse. On a beaucoup parlé, et à diverses époques, de ces pneumonies. Il est incontestable, l’observation moderne l’a démontré par l’inspection cadavérique, que, dans quelques cas, on voit l’inflammation du poumon aboutir à la gangrène : mais a-t-on jamais rencontré dans l'espèce humaine une épidémie de pneumonies, dont cette mortification du parenchyme pulmonaire fût le trait essentiel? c’est là une question qui peut, je crois, être résolue d'une manière négative. Dans tous les cas, je ne vois rien, dans l’histoire que Lepecq nous trace de cette épidémie, qui autorise un autre jugement que celui que je viens de formuler. Les symptômes principaux, que le médecin de Rouen met en relief dans l’intérêt de son diagnostic, ce sont : une oppression extrême, subite, des crachats noirs, peu abondants, des douleurs thoraciques diffuses, non constantes, et souvent peu d’émotion fébrile, malgré les frissons qui ouvrent ordinairemeut la scène morbide. En l’absence de résultats nécroscopiques qui eussent tranché la question, les crachats dits jus de pruneaux, l’odeur si spécifique de la gangrène, dont est presque constamment imprégné l’air qui sort de poumons frappés de

sphacèle, et qu’on retrouve dans les matières expectorées, en l’absence des lésions cadavériques, dis-je, ces symptômes eussent pu nous édifier sur la maladie rare qu’on affirme, mais on les cherche en vain dans l’énumération des phénomènes pathologiques indiqués par l’observateur. Cependant si rien ne nous démontre, qu’on eut réellement affaire, dans cette circonstance, à une pneumonie gangréneuse épidémique, la maladie n’en fut pas moins réelle, et, à ce qu’il paraît, trèsmeurtrière. Qu’était-ce donc que cette maladie ? Bien que j’eusse pu éluder cette difficulté d’une manière fort simple, c’est-à-dire en la supprimant, je ne profiterai pas du bénéfice certain de cette critique facile, et dirai hardiment ici, comme ailleurs, mon opinion sur ce point. Or, cette opinion, la voici en deux mots : cette prétendue pneumonie gangréneuse, c’était une hémorrhagie interstitielle des poumons, c’était une apoplexie pulmonaire. Que des pneumonies, que des pleurésies, que des bronchites plus ou moins capillaires, se mêlassent à cette maladie épidémique ; que celles-ci fussent mises sur le second plan à cause des symptômes insolites de la première, c’est la une double conjecture qui a beaucoup de vraisemblance : l’influence du printemps de 1773 ressemblerait en cela à tous les printemps du monde, comme la préoccupaion c e cpecq, a l’egard de symptômes insolites, ressemble à toutes les préoccupations; mais la maladie, sur laquelle on a eut surtout fixer notre attention, n’en reste pas moins ce que je viens de dire, une pneumohémorrhagie, que Laënnec a décrite le premier sous le nom d’apoplexie pulmonaire. Il ser.nt trop long de justifier ce diagnostic rétrospectif : les éléments de cette justification se trouvent d’ailleurs dans le groupement des phenomenes que j’ai surtout mis en lumière, et je passe de

su; c au tl aitement dont je dois dire un mot. Ce traitement consistait essentiellement dans des saignées peu abondantes, des

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éméto-cathartiques, et des révulsifs énergiques à la peau : c’était le traitement de la plupart des pneumonies, tel qu’il était institué au xvme siècle ; et comme très-vraisemblablement ce traitement allait souvent, dans cette circonstance, à l’adresse de simples pneumonies, on conçoit qu’il y réussît quelquefois. Quant aux cas d’apoplexie pulmonaire véritable, outre que la secousse émétique y pouvait être dangereuse, les saignées étaient faites d’une main trop timide, et n’étaient point en proportion avec la nature et la gravité du mal.

Le défaut de précision, qui se remarque dans cette partie des ouvrages de Lepecq, se reproduit encore plus loin, quand il s’agit de ce qu’il appelle, d’après Sydenham, la fausse péripneumonie, peripneumonia notha. Ce n’est pas que l’observation moderne n’ait vérifié quelques remarques pratiques fort justes, qui ressortissent de la distinction que cette appellation suppose. Il n’y a qu’un instant, en parlant des maladies des enfants, nous avons vu une application de ces vues sages, mais dans toutes les réflexions auxquelles se livre l’auteur silice point, il fait une très-large part à l’imagination : et si quelques vérités s’y trouvent mêlées, elles ne se dégagent pas du nuage de la théorie d’une manière assez nette ; elles n’apparaissent encore qu’à l’état de simples nébuleuses, passons.

Lepecq signale, dans la Constitution médicale de 1774, un caractère qui se rencontre bien rarement, suivant lui, en Normandie , c’est le caractère inflammatoire. Mais quand on cherche à se rendre compte de cette distinction, on trouve qu’elle se fonde bien plus sur des faits négatifs que sur des faits positifs. On ne signale effectivement, dans cette série d’observations, peu étendue, du reste, que des faits qui n’ont entre eux aucun lien d’analogie même apparente; c’est ainsi qu’on y trouve des angines, des rhumatismes aigus, des otites, des pleurésies, des fièvres typhoïdes, sous forme de petites épidé-

mies locales, telles qu’on en observe parfois dans les pensions, dans les casernes, etc. ; mais où se montre ce caractère exceptionnel, ce génie inflammatoire accidentel? On le cherche, et on ne le trouve là ni plus ni moins qu’ailleurs. Plus j’étudie cette question, et plus je me persuade que les constitutions médicales ne sont pas sans quelque analogie avec certaines constitutions politiques, la nature y règne, mais elle n’y gouverne pas.

Nous nous arrêterons un peu plus sur une épidémie que Lepecq eut occasion d’observer au commencement de 1774, a Cottevrard, dans le pays de Caux. Cette épidémie est une fièxre continue typhoïde, que l’auteur lui-même compare à celle du Gros-1 heil, sans l’y assimiler complètement. Ainsi qu’on l’a observé PIus d’ülle fois, la maladie sembla d’abord se montrer bemgne, et des vomitifs, des purgatifs en faisaient disparaître les principaux symptômes en assez peu de temps • mais plus tard, elle devint plus grave, et fit périr un assez bon nombre d’individus; c’est alors que Lepecq fut envoyé sur le theatre de l’épidémie. Le tableau qu’il trace des phénomènes par lesquels se traduit cette maladie populaire, les exemples qu il en cite, ne peuvent laisser aucun doute sur l’exactitude ' u lagnostic que je viens de rappeler. Il insiste sur lesémétocathartiques, la décoction de quinquina : les vésicatoires et les saignées de pied paraissent réservés pour combattre les sympomes cérébraux les plus graves. «A partir du moment, dit epecq, ou cette méthode de traitement fut mise régulièrement en usage, tous ceux qui furent atteints se rétablirent. »

ci encore se présente la question de savoir si cette efficacité constante de la thérapeutique ne coïncide pas avec le déclin

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Une remarque plus importante que celle-ci, que j’eusse pu

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faire déjà, et que j’ai ajournée jusqu’à présent, parce qu’elle emprunte à une plus grande quantité de faits une plus grande valeur, c’est la remarque suivante : nous avons vu dans vingt passages des ouvrages du laborieux médecin de Rouen que, pour peu que des accidents sérieux parussent du côté du système nerveux, surtout sous la forme de délire et de coma, il recourait immédiatement à l’application de vésicatoires, soit aux membres inférieurs, soit à la nuque, soit sur ces deux régions à la fois. Mais comment se fait-il que, dans aucun de ces cas, peut-être, il ne signale la gangrène, comme un phénomène présenté par ces plaies artificielles? Quelques médecins, de nos jours surtout, on le sait, ont beaucoup insisté sur cette circonstance, sur ce danger de la révulsion cutanée dans les fièvres typhoïdes, quelques-uns même ont argué de ce fait, pour proscrire d’une manière absolue ce mode de révulsion du traitement de la maladie. D’où vient cette opposition, si, comme je le crois fermement, elle est réelle, dans les données fournies par l’observation d’une maladie identique? Dans mon opinion, voici le nœud de cette difficulté. Bien que tout le monde à peu près soit revenu aujourd’hui des exagérations de Broussais, à l’endroit des lésions que présente l’intestin dans les fièvres graves, un grand nombre de médecins insistent peutêtre un peu trop longtemps sur la diète absolue dans cette maladie. Or, il n’en était pas ainsi dans la pratique des médecins du xvuie siècle, qui nourrissaient plus tôt, peut-être trop tôt, leurs malades. Si vous ajoutez à cctle circonstance, qu a la même époque, presque tous les médecins, et Lepecq de la Clôture en particulier, administraient le quinquina, d’abord à doses légères, puis à doses plus élevées, peut-être trouverez-vous là comme moi la raison de la différence, que nous dirent sut ce point les résultats de l’observation des uns et des autres.

Mais ce n’est pas tout encore; non-seulement il semble

qu’alors la gangrène se montrât rarement dans les plaies artificielles des vésicatoires, mais la mortification des points de la peau qui, dans le décubitus, sont soumis le plus à la pression ou à l’influence de quelque autre circonstance accessoire, cette mortification, dis-je, que nous observons si souvent aujourd’hui, il semble également qu’elle se montrât bien moins fréquemment alors. D’où vient encore cette différence entre les résultats de l’observation ancienne et ceux de l’observation contemporaine? Pour moi, j’ai à peine besoin de le dire, ce n’est point ailleurs que dans la cause que j’ai signalée, qu’il faut en chercher la raison. A cette question, qui se pose incidemment ici, se lie dans ma pensée une série de recherches dontl importance ne saurait échapper à aucun esprit sérieux , et dont je ferai peut-être un jour l’objet d’un travail particulier : c’est pourquoi je n’insiste pas davantage sur ce point.

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