DES LICENCES
Nous avons déjà dit qu'il faut se montrer d'une réserve excessive en matière de licences.
Toutefois, nous n'imiterons pas l'ostracisme de M. de Banville, qui déclare dogmatiquement qu'il n'y en a pas ! Un tel laconisme s'accorderait mal avec le titre de notre ouvrage, qui est une étude raisonnée de la versification.
On ne saurait, d'ailleurs, dénier aux poètes certains privilèges. Ne leur permet-on pas, avec l'emploi de termes particuliers, des constructions elliptiques d'une hardiesse inconnue à la prose ? Ils peuvent même modifier l'orthographe de quelques mots.
Ce sont bien là des licences ; mais nous allons voir, par leur énumération, qu'elles doivent être restreintes à un petit nombre.
Nous estimons, en effet, qu'il est du devoir des poètes de rejeter absolument toutes les tournures vieillies, comme toutes les constructions qui violent les lois fondamentales de la grammaire.
Ici, plus que partout ailleurs, il faut indiquer ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, afin que les jeunes versificateurs ne puissent se méprendre sur la portée de ce mot de licence.