‹ Étude raisonnée de la versification françaiseChapitre 20 sur 73 · Qui sont tout par eux-même et rien par leurs aïeux · texte numérisé non relu

Qui sont tout par eux-même et rien par leurs aïeux

Dans les trois premières citations, l'orthographe des mots en italique est défigurée ; dans la quatrième, 5/ est mis pour ainsi et le sujet/^ du verbe ferai est en outre supprimé ; dans la cinquième, c'est l'adverbe où qu'il faudrait à la place de que. Dans tous les autres vers, les lois de l'accord grammatical sont violées : c'est à tort que La Fontaine

*^^»^—— >— ^— — — ■— — ■ Il ■■—^— ——————

a mis un 5 à deux participes présents et qu'il a allongé d'une syllabe le verbe culbuter. Lamartine esj impardonnable d'avoir rendu invariable le participe passé ramenée ; et l'exemple de Racine, malgré la beauté de l'image qu'il renferme, ne saurait autoriser à employer le mot même comme adjectif alors qu'il est adverbe, pas plus que l'exemple de Voltaire ne doit faire approuver l'inverse.

On pourrait citer pas mal d'autres vers renfermant des infractions de ce genre ; mais il suffit d'avoir indiqué l'écueil à éviter. Nous insistons surtout sur un point : c'est que les incorrections que l'on peut rencontrer dans les œuvres des maîtres ne donnent à personne le droit d'en commettre dç semblables ; elles prouvent seulement que nul n'est parfait icibas, et que les plus grands ont leurs faiblesses.

Est-il besoin de le rappeler, d'ailleurs : le génie a des immunités qu'on n'accorde pas au commun des mortels. On n'est généreux qu'envers les riches !

« O vous qui brûlez de vous affranchir de certaines entraves, vous, les réformateurs, les libéraux à tous crins, commencez donc par être des hommes de génie ! » pourrions-nous nous écrier.

Mais ne vaut-il pas mieux dire, avec notre ami Antonius Adam :

« Plus on est élevé, plus on se doit à son génie, et moins on doit descendre dans le péché grammatical ?..• »

Oui, noblesse oblige ! et les maîtres devraient se garder doublement de toute violation des règles ; pour leur propre gloire, d'abord, et ensuite parce que leur exemple est pernicieux pour les jeunes...

On le voit, les licences admissibles ne portent guère que sur sept ou huit mots. On peut encore, cependant, supprimer 1'^ de certains noms de villes ou de personnes, tels que Thèbes, Athènes, Charles, Démosthènes etc. :

Mes aïeux, pour Âthène^ à la gloire ont tout pris.

Par saint George!

11 me poursuit encor le quatrain sur la gorge.

Ici, l'inconvénient n'est pas grand, parce qu'il s'agit de noms propres : les cas sont rares et aucune règle d'accord ne se trouve violée.

Page 1