L. Brocberie
Généralement, on fait rimer le 2°** vers avec le 5® :
Ce n'est pas à moi, ma colombe, O ma Aile, Ame heureuse !
De prier pour tous les mortels, O lac de pureté !
Pour les fiTants dont la foi tombe, Dans la vallée ombreuse,
Pour tous ceux qu'enferme la tombe, Redte où ton Dieu te creuse
Cette racine des autels ! Un lit pliis abrité !
Victor Hugo.
Viens, ma chère Avany, viens vers la rive ombreuse
Où le Gange roule ses eaux ;
je connais un endroit où Ponde paresseuse.
Voluptueusement, ainsi qu'une amoureuse,
S'endort au milieu des roseaux.
Emile Barbier.
On peut encore faire rimer ensemble les deux premiers vers et le quatrième :
Au travail, au travail ! marche, voici ta route !
Au lieu de suivre encor tes rêves en déroute,
Monte, sans t'arrêter, si haut que tu pourras,
Monte au-delà du Mal, monte au-delà du Doute,
Alors, mais seulement, tu te reposeras !
Maiime du Camp.
Ou le premier seulement avec le quatrième :
La fortune ici-bas n^est pour nous qu'une épreuve ;
Qui possède beaucoup doit donner beaucoup d'or.
Et qui possède peu devra donner encor.
C'est le cœur qui fait tout : le denier de la veuve
Sera compté comme un trésor.
A, Guiraud.
La disposition la plus harmonieuse consiste à faire rimer le troisième vers avec le sixième. Victor Hugo affectionnait cette strophe magistrale, composée tout entière d'alexandrins ou coupée par deux vers de trois pieds, quelquefois de quatre i
Gloire, jeunesse, orgueil, biens que la tombe emporte ! L'homme voudrait laisser quelque chose à la porte.
Mais la mort lui dit non !
Chaque élément retourne où tout doit redescendre : L'air reprend la fumée, et la terre la cendre ;
L'oubli reprend le nom !
Vous savez ce qu'on fit du géant historique : Pendant six ans on vit, loin derrière l'Afrique,
Sous le verrou des rois prudents.
Oh ! n'exilons personne ! oh ! l'exil est impie ! Cette grande figure en sa cage accroupie,
Ployée et les genoux aux dents !
Plus que nulle autre, cette strophe a de la force. Elle peut aussi avoir de la grâce, témoin cette description de Minerve :
Ses yeux d'azur sont pleins d'une céleste flamme ;
Ses traits sont fiers et doux ; son visage de femme
A le teint d'une fleur fraîche-éclose au matin ;
On y voit se mêler le lys avec la rose ;
La jeunesse fleurit, la majesté repose
Sur son front immortel, dans un calme divin.
Camille Queudot.
Et aussi cette strophe où le sixième vers est octosyllabique ;
Souvent, pour louer Dieu, l'oiseau dit un cantique,
Un Pater cadencé : l'arbre est Tautel rustique ;
Avec ses doux parfums la fleur sert d'encensoir.
L'alouette se lève et chante les matines,
Et c'est le rossignol aux notes argentines
Qui fait la prière du soir.
A nais Ségalan.
Force et grâce se trouvent réunies dans la strophe suivante sur la mort de Victor Hugo :
Mais un jour a suffi pour te frapper, ô maître ! La foudre, sur le sol, a renversé l'ancêtre,
Les temps heureux sont bien finis.
Et finis sont les chants des fauvettes craintives Qui vont mirer leur aile au courant des eaux vive* :
L'arbre mort . . . c'est l'exil nés nids !
J. CayroQ.
On peut varier encore les mètres de diverses façons :
Noble patrie
Au sein meurtrie !
Nous mourrons tous ou nous te vengerons!
G belle France,
Notre espérance Est de laver dans leur sang leurs affronts !
Louis Gorlier.
Admirez la sœur Rosalie !
Sa vie A les exemples les plus grands.
C'est la sœur fidèle et modeste Qui reste, Les nuits, au chevet des mourants.