‹ Étude raisonnée de la versification françaiseChapitre 68 sur 73 · DE L'ÉPOPÉE · texte numérisé non relu

DE L'ÉPOPÉE

Les poèmes épiques sont d'une rareté extrême, le génie seul pouvant aborder Tépopée. Aussi nous bornerons-nous à citer les chefs-d'œuvre du genre sans parler des règles concernantlapoésie héroïque.

V Iliade et T Odyssée y d'Homère, et V Enéide, de Virgile, sont les meilleurs ouvrages que les anciens nous aient légués. Lei Pharsale, de Lucain, n'atteint pas ces hauteurs.

Chez les modernes, il faut placer au premier rang la Jérusalem délivrée^ du Tasse, et le Paradis perdUy de Milton; puis les Lusiades du Camoëns.

En France, Voltaire seul a abordé ce génie, dans sa Henriade ; mais il était loin d'avoir l'enthousiasme et surtout la foi nécessaires au poète héroïque ; aussi son œuvre est-elle froide.

Les véritables poèmes épiques dont nous puissions nous enorgueillir sont bien plutôt le Télémaque^ de Fénelon, et Les Martyrs, de Chateaubriand. Bien qu'ils soient en prose, ces deux ouvrages ont été conçus d'après les règles de l'épopée et ils en possèdent toutes les qualités.

11 y a un genre d'épopée qui vise moins haut, mais dont on ne cite guère d'exemples en dehors du Roland furieux^ de l'Arioste.

Il y a aussi le poème hé rot-comique y véritable parodie de l'épopée, dont Boileau nous a donné un parfait modèle dans son Lutrin.

DB LA VERSIFICATION l8q

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