TÉGUMENTS
Tout le corps du Sternaspis est couvert de poils ou cirrhes serrés (Ci, fig. 10, pl. 18, fig. 28, pl. 21), implantés sur une cuticule fibreuse et épaisse (C., fig. 6, Cu, fig. 10, pl. 18, Cu, fig. 29 et 30, pl. 21), au-dessous de laquelle on rencontre une couche ectodermique ou hypodermique (Hy, fig. 6 et 10, pl. 18, fig. 29 et 30, pl. 21), reliée à son tour aux muscles.
L’hypoderme n’est pas partout également distinct ; la région des branchies et celle des soies antérieures se prêtent le mieux à son étude, parce que ses cellules y sont notablement plus hautes et mieux limitées. Néanmoins avec de l'attention et en employant de forts grossissements, on retrouve partout les indices de cette couche ectodermique, car on réussit au moins à distinguer les noyaux de ses cellules. Celles-ci sont placées sur un seul rang et serrées étroitement les unes contre les autres avec noyau ordinairement bien net ; souvent il est tout à fait impossible de distinguer leurs limites de séparation ; mais
(1) Malmgren, loc. cit.
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fréquemment aussi leurs faces de contact paraissent épaissies, après l’action des réactifs, et simulent alors des tractus conjoncüfs traversant l’hypoderme. Celui-ci donne passage à des fibrilles très ténues (F, ». fig. 10, pl. 18, et fig. 30, pl. 21) dont chacune se rend à travers la cuticule dans un des cirrhes, à l'extrémité duquel la fibrille se termine souvent par un léger renflement ; leur parcours à travers la cuticule est ordinairement plus ou moins ondulé.
Cest surtout après traitement par le chlorure d’or d’après la méthode Ranvier (jus de citron, chlorure d’or, acide acétique, alcool), que l’on voit bien ces fibrilles ; elles prennent en effet par ce réactif une coloration violet foncé qui leur est commune avec l’hypoderme, mais qui les différencie de la façon la plus nette de la cuticule et des cirrhes que le chlorure d’or n’atteint pas ou ne colore que très faiblement.
Vejdovsky considère ces fibrilles comme des capillaires conduisant le sang dans les cirrhes, auxquels il attribue un rôle respiratoire. Mais la figure (1) qu'il donne à l’appui de cette opinion est évidemment schématique. Comment le sang circulerait-il dans des capillaires aussi étroits et aussi longs, se terminant en cul-de-sac dans des organes (cirrhes) qui ne sont qu'une dépendance de la cuticule et qui manquent de tout élément musculaire ? Nous verrons plus loin que les nerfs périphériquestraversent la musculature du corps pour s’étaler sur l’hypoderme, c’est-à-dire que ces nerfs se perdent dans Île tissu conjonctif reliant cet hypoderme à la musculature; comme d’un autre côté, malgré son épaisse cuticule, le Sternaspis n’est certainement pas dépourvu de sensibilité, je ne crois pas me tromper en considérant ces filaments comme étant des terminaisons nerveuses, quoique n'ayant pas réussi, Je l'avoue, à saisir leurs relations directes avec les nerfs. En tout cas cette opinion me parait au moins aussi probable que celle de Vejdovsky.
La cuticule est fortement striée aussi bien sur les coupes
(1) Vejdovsky, loc. cit., fig. 2, pl. VI.
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longitudinales que sur lescoupes transversales. Les stries sont parallèles à la surface extérieure et ordinairement ondulées ; elles indiquent une structure stratifiée. Après une très longue macération dans le bichromate de potasse, j'ai pu dissocier la cuticule en minces fibrilles entrecroisées à angle droit.
Gette couche fibreuse estnotablement moins épaisse dans la région antérieure du corps oùelle devient même un peu translucide. C’est par la teinture de cochenille que j'ai le mieux réussi à la colorer.
Le bouclier, qui n’est qu’une différenciation de la cuticule (fig. 1,pl.18etfig. 31,pl. 21) mesure à peu près 10 millimètres de largeur sur 5 nullimètres de longueur; il est brun foncé, résistant, assez épais, et possède la forme d’un rectangle à angles arrondis et à petits côtés (bords latéraux) convexes. Son bord postérieur présente en son milieu un petitangle rentrant qui correspond à un sillon profond, divisant tout le bouclier en deux parties symétriques. Chaque moitié de ce bord postérieur est convexe en dehors et porte sept faisceaux de soies. Le bord antérieur du bouclier présente une large et profonde échancrure : du sommet de l’angle rentrant ainsi formé, partent quatre côtes saillantes qui vont vers les angles du rectangle et en dessinent à peu près les diagonales; de ce même sommet partent encore plusieurs autres côtes, moins fortement marquées, quise dirigent en rayonnant vers les faisceaux de soies. Le bouclier, qui semble composé de huit secteurs triangulaires très inégaux, porte encore des lignes parallèles aux côtés du rectangle et indiquant les zones d’accroissement. Il n’est pas plan, mais ses bords sont recourbés à droite et à gauche vers le dos. Les soies postérieuresne s’insèrent pas exactement sur ses bords dont elles sont séparées par une mince bordure de cuticule.
Quant aux cirrhes, ils varient quelque peu en longueur, ils atteignent leur plus grande dimension dans la région postérieure du corps où ils sont implantés en grand nombre sur les plaques criblées, entre les branchies. La surface des cirrhes est entièrement couverte de petites bosselures (Ci., fig. 30,
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pl. 21). ils retiennent facilement sur la peau la vase ou d’autres Corps étrangers, de sorte que souvent la cuticule semble recouverte d’une couche continue et sans structure. La peau du Sternaspis est imprégnée de carbonate de chaux et les animaux placés dans l'acide chromique ou picrique ne tardent pas à se recouvrir d’une foule de bulles gazeuses. Je n’ai jamais rencontré dans l’hypoderme des glandes unicellulaires qui sont cependant si fréquentes chez d’autres Chétopodes ou chez les Géphyriens.