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TUBE DIGESTIF

Le tube digestif commence par un petit mamelon extérieur (fig. 2, pl. 48) au milieu duquel se trouve placée la bouche ou plutôt l’origine d’un court canal (fig. 17, pl. 20) qui semble encore une dépendance des téguments. Vient ensuite le pharynx ou bulbe pharyngien, car il constitue une masse assez considérable, quoique de consistance très molle (P4./f.,16,17et3). À l'extrémité diamétralement opposée à la bouche, ce bulbe se continue par un tube beaucoup plus étroit, Pœsophage (41, 2, ts, fig. 3 et16), replié sur lui-même de façon à former deux cercles

Sternaspis thalassemoïdes Otto. » Je suis heureux de voir mes résultats déj confirmés ici par l’éminent naturaliste de Gôttingen.

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successifs dont le deuxième, beaucoup plus grand, embrasse le premier. Dans cette partie l’œæsophage est enchevôtré avec les lobes des organes segmentaires (0.S., fig. 3). Vers son extrémité postérieure l’æsophage se renfle très légèrement, mais ce renflement que l’on peut appeler gésier, n’est visible que quand le tube digestif est vide; on ne laperçoit pas sur la figure qui le représente dans son état de plénitude. Immédiatement derrière ce gésier (7') le tube digestif forme une anse représentée entre ü, et à, fig. 16, et change alors de direction. L'intestin cheminait de gauche à droite, en regardant l'animal par le dos (i, à, fig. 3) ; il va maintenant de droite à gauche (is, à: ibidem) il décrit ainsi trois tours despire (d-ê,, de, 4-0) dans lesquels il se trouve enroulé avec les organes sexuels; puis, formant une nouvelle anse (4), il se dirige tout d’un coup d’arrière en avant et se contourne de nouveau, de gauche à droite. La portion à à 4,est beaucoup plus large et constitue l'estomac. Après à, l'intestin récurrent se met à tourner de gauche à droite et forme encore deux cercles indiqués sur la fig. 16 (ou, de); changeant alors une deuxième fois de direction, il chemine de nouveau en arrière en s’enroulant encore de droite à gauche ; il décrit ainsi deux tours de spire dis-ds, dis-dis (intestin postérieur); enfin il s’élargit considérablement pour constituer le rectum (R, R, fig. 16), etsetermine à l'anus. Dans la première portion de l’intestin récurrent, vers C,il existe encore un léger renflement qui n’est également visible que sur l'intestin vide.

L’estomac et le rectum sont évidemment plus larges que les autres portions de l'intestin (abstraction faite du pharynx). Celles-ci, assez volumineuses quand elles sont remplies de vase, s’affaissent beaucoup et paraissent très réduites, quand elles sont vides ; c’est pour cela que l’œsophage semble ordinairement plus étroit que tout le reste de l'intestin, car il se vide le premier et est généralement affaissé sur lui-même dans les aunnaux que l’on dissèque, parce qu'ils sont restés plus ou moins longtemps hors de la vase; en réalité il est tout à fait comparable aux intestins récurrent et postérieur.

Le pharynx, je lai déjà dit, est protactile comme une

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trompe et semble jouer un rôle important dans la préhension des aliments ; toute sa surface interne est garnie de forts bourrelets allant de la bouche à l’œsophage et remplissant presque entièrement sa cavité. Ces bourrelets s’anastomosent alternativement en avant et en arrière, de sorte que leur ensemble peut être considéré comme un bourrelet unique, allant alternativement d'avant en arrière et d’arrière en avant, et formant une anse chaque fois qu’il change de direction.

Le pharynx se compose d’une couche épithéliale puissante (fig. 23, pl. 21, £.v.) dans laquelle on ne distingue à première vue que des noyaux très nombreux et paraissant former plusieurs couches superposées ; avec de forts grossissements, on s'aperçoit qu'il est composé de cellules très minces, allongées, presque filformes, qui n’ont en général qu’un noyau, mais comme ce noyau est placé à des hauteurs très différentes dans chacune d'elles, l’ensemble prend l’aspect d’un épithélium stratifié. C’est surtout sur les bourrelets que ces cellules sont étirées en longueur ; dans les vallécules qui les séparent, elles sont plus larges et moins hautes. Leur plateau est garni de cils vibratiles gros et courts; à l’intérieur elles confinent à de nombreuses fibres musculaires transversales (M. t., fig. 23), munies pour la plupart de noyaux et prenant part à la formation des bourrelets. Un tissu conjonctif contenant des vaisseaux tellement nombreux que la face interne du pharynx en paraît ordinairement toute rouge, remplit l’intervalle entre ces muscles et les fibres longitudinales (M. /.) moins nombreuses et pourvues aussi de noyaux. Ces dernières fibres ne constituent qu’une couche unique appliquée sur le péritoine, elles ne prennent donc pas part à la formation des bourrelets. Le tout est recouvert par le péritoine (P.). Dans la cavité du pharynx on trouve un produit de sécrétion liquide qui se coagule dans les réactifs.

L’œsophage présente un épithélium (E, v., fig. 24, pl. 21) également vibratile, mais à cellules moins hautes et plus larges que dans le pharynx. Ces cellules se groupent aussi quelquetois en petits bourrelets peu marqués; une couche conjonctive est

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appliquée à la face inférieure de ces cellules. Elle contient des fibres musculaires trèsrares, les unes longitudinales, les autres transversales ; ces dernières sont régulièrement espacées. L’enveloppe extérieure de lœsophage est constituée par le péritoine ; entre ces deux dernières couches il existe un réseau de sinus sanguins extrêmement riches et formant dans certaines régions une gaine sanguine presque continue autour de l’œsophage. Le péritoine ne laisse pas reconnaître les limites de ses cellules : on y voit seulement des noyaux.

L'estomac se distingue à l'œil nu par sa couleur brunâtre et ses grandes dimensions : ici (fig. 25 et %5 a, b, c), l’épithélium change de nature :1l n’est plus vibratile, sauf dans une région, la gouttière vibratile (G. v., fig. 25 et 25 a), qui est visible à l'extérieur, même à l'œil nu, par une légère proéminence et parune coloration plus foncée. Cette gouttière se continue au delà de l’estomac et jusqu’au rectum; mais elle est surtout bien nette dans l’estomac où elle est formée (25 «) de belles et hautes cellules disposées en v. En dehors de cette gouttière, les cellules épithéliales, dépourvues de cils, contiennent de nombreuses granulations réfringentes et présentent tous les caractères d’un tissu glandulaire ; elle sécrètent un liquide jaune verdâtre dont il est facile de recueillir quelques gouttes et dont les réactions chimiques rappellent celles de la bile. Traité en effet par l’acide sulfurique et le sucre (réactif de Pettenkoffer), ce liquide prend une coloration rouge intense. En faisant arriver quelques gouttes de ce liquide, dilué d’eau, à la surface d’une couche d'acide nitrique, placé au fond d’un verre (réactif de Gmelin), on aperçoit, près de la surface de contact, une zone colorée en vert. D’après ces caractères je crois pouvoir admettre que l’estomac remplit aussi des fonctions analogues à celles du foie. L’estomac, vide de vase, contient toujours une certaine quantité de cette sécrétion verdâtre.

La couche épithéliale est très développée dans cette région du tube digestif, et, quand l’estomac ne renferme point d’aliments, elle s’avance dans sa cavité sous forme de bourrelets

LE STERNASPIS SCUTATA. 29 Jongitudinaux irréguliers. Sur ces proéminences (fig. 25 4) les cellules sont très élevées et ont leurs noyaux disposés à des hauteurs différentes, ce qui donneencore l'apparence d’un épithélium stratifié. En réalité celui-ci se compose encore ici d’une ‘seule couche de cellules, saufcependant dans certaines régions de la coupe transversale (fig. 25 c), où précisément la couche cellulaire atteint une hauteur moindre. En effet à la base des cellules supérieures, dont les contours sont bien visibles, on rencontre une couche finement granuleuse et présentant des noyaux plus petits, on n'y distinge pas les limites des cellules. Elle est analogue évidemment aux Basalzellen décrites et figurées par Spengel chez l'Echiurus Pallasii (1).

La paroi extérieure de l’estomac est constituée par le péritoine composé ici de cellules bien distinctes et assez hautes (P., fig. 25). Ces deux couches cellulaires sont séparées par une lame conjonctive encore fort mince; elle renferme des fibres musculaires clairsemées, les unes transversales, les autres longitudinales. Sur les coupes on ne distingue pas ces fibres, mais on les reconnaît facilement en examinant par transparence des lambeaux de l’estomac qui ont macéré dans l’acide chromique et ont été colorés ensuite par le carmin ; la coioration n’est même pas indispensable.

Le vaisseau dorsal (V. D. fig. 25) accompagne lestomac dans toute sa longueur et est soudé avec lui; ce vaisseau communique partout avec le riche réseau de sinus :apillaires (fig. 33, pl. 22), qui enlace toute cette portion de l'intestin et qui se déverse d'autre part dans un sinus longitudinal plus large (S. s., fig. 25 «, pl. 2), placé contre la gouttière vibratile, avec laquelle ce sinus se prolonge jusqu’au rectum.

L’estomac, quoique susceptible de se dilater notablement, quand il est bourré de vase, présente plus de consistance que les autres portions du tubeintestinal et ne s’affaisse jamais autant qu’elles par le jeûne prolongé ; cela tient évidemment au développement plus puissant du péritoine et surtout de lépi-

(1) Spengel, Loc. cit., pl. XXV, fig. 33.

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thélium ; la couche musculaire est trop faible pour déterminer ce résultat.

Après 210 (fig. 16), l'intestin se rétrécit notablement, mais il est encore très richement vascu.arisé jusqu’en C. Cette région, intermédiaire entre l'estomac et l'intestin récurrent, est distincte de l’un et de l’autre ; elle présente un très joli aspect par son réseau sanguin dont les sinus ne se confondent jamais en une gaine; ces sinus sont surtout abondants vers son extrémité où ils communiquent avec le vaisseau € émané du lobe C. de l’ovaire. Les parties subséquentes de l'intestin sont au contraire moinsabondamment pourvuesde vaisseaux, lesquels néanmoins sont loin de faire défaut. La structure de l’intestin récurrent (fig. 26, pl. 21) et de l’intestin postérieur (fig. 27), est du reste calquée sur celle de l’estomac. L’épithélium s’y réduit de plus en plus ; il perd son caractère glandulaire ; ses bourrelets, qui d’abord occupent encore presque toute la cavité de l'intestin vide (fig. 26), deviennent ensuite de moins en moins proéminents ; il n’est point vibratile, sauf toujours dans la gouttière qui est ici un peu plus réduite.

Le rectum enfin possède la structure de la peau dont 1l n’est qu’un refoulement. Il présente donc (fig. 28, pl. 21) une cuticule (Cu.) dont la surface libre est couverte de nombreux cirrhes entre lesquels s'arrêtent les particules de vase ou autres corps étrangers, de sorte que le tout semble former unecouche continue amorphe recouvrant la cuticule. Vient ensuite l’hypoderme dont on distingue bien ici les cellules et les noyaux, puis une couche de muscles annulaires qui fout suite aux muscles transversaux des téguments. Les muscles longitudinaux ne semblent pas se continuer d’une façon bien nette sur le rectum...

J'ai parlé plus haut du cordon musculaire qui réunit, de chaque côté, les crètes internes des trois faisceaux de soies antérieurs et qui va ensuite s’étaler sur le pharynx; sa contrac- Lion, jointe à celle des deux grands rétracteurs ventraux, doit ramener dans l’intérieur du corps le pharynx projeté; c’est aussi dans le même sens que doivent agir les muscles déjà

LE STERNASPIS SCUTATA. 31 meutionnés qui, de la région antéro supérieure du pharynx, vont sur la ligne médiane dorsale du premier et du deuxième dissépiment. Quant à la projection du pharynx, je pense qu’elle a lieu tout simplement par la contraction des muscles transverses de la portion antérieure du corps qui continuent ainsi l’action des muscles correspondants de la portion postérieure. Le rectum aussi se projette souvent au dehors chez les animaux placés dans les liqueurs de conservation, mais je doute que le même fait puisse se produire chez l’animal vivant, sur lequel je ne lai jamais observé.

Je n'ai pas pu découvrir de brides allant de l'intestin aux parois du corps, mais de nombreux vaisseaux (voy. plus loin) relient entre elles les différentes portions de ce viscère, et les vaisseaux des organes segmentaires et sexuel rattachent l’ensemble du tube digestif au vaisseau ventral.

Pour l’histologie de l’intestin je suis en général assez d’accord avec Vejdovsky qui a dû cependant en faire l’examen un peu rapidement, puisqu'il ne mentionne pasla gouttière vibraüle que l’on distingue facilement à l’œil nu.

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