AVANT-PROPOS. VII
qu'il met en tête de son édition sans paraître avoir eu grand souci des doutes qui déjà empêchaient plusieurs critiques de l'attribuer à Alain Chartier. Nous aborderons plus loin cette question, qui n'en est plus une à nos yeux.
A partir de 1617, date de cette publication, il n'est plus guère fait mention de notre auteur qu'à propos delà poétique légende du baiser de Marguerite d'Ecosse, et le manuel de Brunet ne cite aucune édition complète postérieure à celle d'André Duchesne, qui semblait avoir dit le dernier mot sur ce sujet. C'est à cette source que puisent désormais tous les auteurs de biographies ou de dictionnaires plus ou moins en crédit. Charles Sorel, par exemple, dans sa Bibliothèque française de 1671, qui n'est plus guère recherchée que par un très-petit nombre de curieux, ne parle qu'en des termes assez dédaigneux des poésies d'Alain Chartier, qu'il trouve fort obscures et fort ennuyeuses. Le docte Baillet, dans son ouvrage sur les Jugements des savants, adopte le j ugement de Sorel, et trouve que, pour les œuvres en prose, le titre de Père de l'éloquence française n'est justifié que par le Curial. L'abbé Goujet, qui le premier, de 1740 à 1756, a fait sur nos vieux auteurs des recherches suivies, mais entreprises sur un plan trop vaste et qu'il n'a pu mener à bonne fin, a donné, relativement à Alain Chartier, quelques détails empruntés à André Duchesne ; il cite même plusieurs passages de ses poésies dans le IX® volume de sa Bibliothèque française, mais sans beaucoup de