TOTAL
Ihfanterie (385 bataillons).
Cavalerie (141 1/2 escadrons).
Artillerie
(136 batteries ,
832 bouches à feu).
Sapeurs et pionniers • (8 bat. 4 esc).
Réserve. »
Tôt
AL
Il convient de faire remarquer que le train des équipages ne forme pas un corps et n'est pas même compté dans l'effectif, chaque régiment d'infanterie ou de cavalerie ayant une compagnie d'équipage , chaque batterie d'artillerie une section d'équipage; mais les hommes de ces compagnies sont hors rang et figurent parmi les ouvriers , domestiques, etc.
En temps de paix, une portion des troupes russes obtient un congé indéfini. Ce congé se donne après un temps de service qui varie suivant que les soldats appartiennent aux contrées orientales ou aux provinces occidentales de l'empire. Les premiers ont le droit de se retirer après quinze ans de services; s'ils en profitent, ils retournent sans solde à leur profession civile jusqu'à ce qu'ils soient rappelés pour
entrer en campagne ou jusqu'à leur complète libération qui a lieu au bout de vingt- cinq ans. Les soldats des provinces occidentales peuvent se retirer après dix ans de services. S'ils prennent leur congé, ils sortent des bataillons actifs pour être versés dans les escadrons et bataillons de réserve , toujours très-éloignés de leur état-major. Ces bataillons n'ont , en temps de paix , qu'un effectif réel assez faible. Cependant, les règlements militaires obligent les soldats qui en font partie à se rassembler à des époques déterminées pour s'exercer aux manœuvres.
Le recrutement de l'armée régulière s'opère par les levées de paysans dans les domaines de la couronne et des seigneurs ( 1 ). Les troupes de la Finlande se recrutent presque entièrement au moyen de l'enrôlement volontaire.
La Russie tolère le mariage des soldats et elle reçoit leurs femmes et leurs enfants dans ses casernes. Sous l'empereur Nicolas , l'État avait soin des enfants , soit au moyen de subventions accordées aux parents , soit en les prenant entièrement à sa charge; mais depuis 1856, les cantonistes (fils de soldats) ont été rendus à leurs parents , et le gouvernement a établi des écoles militaires dans lesquelles on reçoit les enfants de soldats et d'employés civils et militaires. On forme dans ces écoles des écrivains , des chirurgiens et des topographes pour l'armée.
Quant aux levées de paysans, elles s'opèrent d'une manière toute spéciale. Ce mode de recrutement a pour base le chiffre des âmes de révision^ c'est-à-djre le total des contribuables
(1) Nous indiquons ici le mode de recrutement suivi avant l'émancipation , mais il sera nécessairement modifié par suite du changement considérable apporté à l'état des choses en Russie.
qui» lors de la plus récente révision» se sont trouvés faire partie d'un district ou d'une seigneurie. L'empire est partagé, à cet effet» en deux grandes régions par une ligne allant de l'est à l'ouest, et le recrutement s'opère chaque année dans l'une ou l'autre de ces parties à raison de cinq recrues pour mille âmes, ce qui donne environ 450,000 soldats. En temps de guerre, la levée est souvent de huit à dix recrues pour mille âmes et elle a été portée quelquefois jusqu'à quinze et vingt. C'est une lourde charge pour la propriété seigneuriale, car le service militaire affranchit, et rhomme de levée, quand il sort de l'armée ^ devient libre. Le seigneur paie en outre, pour chaque recrue, une somme de 33 roubles destinés aux frais d'armement. La levée se fait ordinairement par le tirage au sort, mais ce mode n'est pas établi par des règles fixes et peut être facilement éludé. Dans les domaines de la couronne, on prend ordinairement les soldats dans les familles les plus nombreuses et parmi celles qui paient la plus faible redevance ; le remplacement est admis et il y a des exemptions pour les pères chargés de trois enfants ainsi que pour les soutiens de famille.
Dès qu'un homme de levée est reconnu propre au service, on lui rase le sommet de la tète, sa barbe tombe, il est dépouillé de son large kaflan pour revêtir une partie du costume militaire et on le dirige sur le corps auquel il est destiné. La surveillance la plus rigoureuse l'environne, et s'il parvenait à s'y soustraire, les peines les plus sévères frapperaient la famille qui lui aurait donné asile.
La noblesse et le clergé sont exemptés du recrutement. Certaines positions particulières entraînent aussi le droit d'exemption, et les riches paysans peuvent faire remplacer leurs fils.
La femme du soldat qui , pendant cinq ans » n'a pas reçu de nouvelles de son mari e&t réputée veuve et peut se remarier.
Le corps de la garde, une partie des grenadiers, les troupes de garnison habitent des casernes et des logements permanents. La majeure partie des troupes actives est toujours prête à marcher et loge chez le paysan. Chaque soldat abandonne à son hôte le^ vivres qu'il perçoit, et, en échange, il est nourri par lui. On sait généralement que le soldat ne souffre pas tant que le paysan a des provisions. Aussi évite-t*on, par de fréquents changements dans les cantonnements, de trop épuiser les mêmes localités^
Le service des subsistances a pour base : Varlel, Vordinaire^ L'artel est un fonds commun appartenant aux sous-officiers et aux soldats d'une compagnie, et qui est formé dos retenues de solde» de secours accordés par le gouvernement , de l'argent que gagnent les soldats lorsqu'ils travaillent pour des particuliers. L'arlel est géré par un certain nombre de souS'Officiers et de soldats élus par leurs camarades à la plu«ralité des voix. Il est divisé en deux caisses; Tune est destinée à fournir aux soldats les légumes, le sel, quelques poudres à polir, des charrettes , des chevaux pour le transport des approvisionnements de la campagne ; l'autre caisse comprend pour ainsi dire les économies de chaque soldat, économies qui ne lui sont payées que lors de sa libération.
En temps de paix, le soldat russe ne reçoit , pour sa solde, que 5 à 6 roubles par an, ce qui fait de 1 à 2 fr. par mois. La durée du service, pour la garde et pour l'armée, est de quinze ans, dont douze dans le service actif et trois dans la réserve.
Le recrutement, comme nous l'avons dit, n'atteint pas la
noblesse russe » doiit la majorité , cependant , fait partie de Tarmée, de l'administration ou de la diplomatie.
Le corps des officiers et celui des fonctionnaires supérieurs de l'armée se forment donc, en grande partie, des jeunes nobles sortant des écoles des cadets; le reste est pris parmi les sous-officiers qui , après douze années d'un service irréprochable , peuvent aspirer au grade d'enseigne, s'ils répondent d'une manière satisfaisante à l'examen auquel ils sont soumis.
Les officiers de la garde sont pris dans la noblesse la plus riche et la plus élevée. Ils sont tous supérieurs de deux grades aux officiers de la ligne. Leur équipement et leur armement sont des plus beaux.
L*armée irrégulière est composée d'abord de cosaques qui en forment les éléments principaux , puis de diverses peuplades qui ressemblent à ces derniers sous le rapport de l'organisation militaire , mais qui en diffèrent essentiellement au point de vue de la nationalité et des mœurs. Le^ régiments de la cavalerie irrégulière sont principalement destinés à servir dans la petite guerre. Leur tâche est d'assurer la sûreté de l'armée ainsi que ses moyens de communication, de protéger les bagages et les convois de prisonniers, de faire le service des ordonnances , des relais de correspondance. Ils ont également pour mission de harceler l'ennemi par des escarmouches continuelles et sont en outre chargés du service des avant-postes. Le grand avantage de cette organisation est donc d'alléger considérablement le service de l'armée régulière et de la garder intacte pour le jour du combat.
Les cosaques forment des régiments , des bataillons et des batteries. L'Empereur nomme tous les officiers, qui sont généralement choisis dans la cavalerie légère. Les régiments,
forts de près de 900 hommes, sont divisés en sotnia de 120 à 150 chevaux, ou en bataillons d'infanterie forts de 1,000 à 1,100 hommes, ou en batteries d'artillerie fortes do 250 à 260 hommes. Ordinairement il y a six sotnia par régiment. De dix-huit à vingt-cinq ans, les cosaques sont.exercés aux armes; de vingt-cinq à quarante ans, ils remplissent les cadres du régiment ; à quarante et au-dessus, ils constituent la réserve.
L'effectifdes troupes irrégulières s'élève^d'aprèsTitlmanacA de Gotha, à 122,300 hommes de cavalerie, 32,600 hommes d'infanterie, 8,500 hommes d'artillerie et 342 bouches à feu. La Russie comprend encore, dans l'effectif des troupes dont elle peut disposer, plus de 20,000 cavaliers que doivent lui fournir quelques hordes asiatiques. Ces peuplades ont des chefs indigènes. Au nombre de ces auxiliaires figurent les Baschkirs, les Kirghiz et les milices de la Géorgie.
Nous donnons maintenant le tableau récapitulant toutes les forces de l'armée russe.