‹ Étude sur Alexandre Vinet;Chapitre 18 sur 29 · I. — Considérations générales · texte numérisé non relu

I. — Considérations générales

Les deux volumes qui portent ce litre représentent le dernier grand travail de Vinet, puisque les éditeurs les ont formés avecles notes des cours de 1846. En réalité et pour le fond, la date en est plus ancienne, car c'est le développement d'autres cours donnés à Bàle en 1833 sur les moralistes du xviii® siècle. On a dû plus d'une fois compléter la pensée du critique par les rédactions de ses élèves ; néanmoins l'ouvrage dans son ensemble porto Tempreinle de l'auteur ; ses principes y sont présentés avec une vigueur qui reflète l'originalité de son talent.

Le xviu® siècle jugé par un penseur chrétien , l'influence morale de ses idées littéraires appréciée au point de vue de la foi, voilà l'intérêt que nous ofifrent ces pages. N'avons-nous pas le droit de répéter, avec le messager d'Albe dans la tragédie des Horaces :

Ah ! c'est beaucoup nous dire en peu de mots. Dans deux introductions différentes par la date et l'ob-

jot * , Vinet considère d'abord les idées morales do cette époque, puis l'époque elle-même, et en fait ressortir le caractère nouveau par un vigoureux et raagniQjiue parallèle entre Bossuet et Voltaire, acceptés Tun et Tautre comme la personnification do leur temps par le nombre et l'immensité de leurs travaux, par Tactivité qu'ils ont déployée, par le bon sens qai a été leur arme Je choix autant que d'instinct, par la persévérance avec laquelle ils ont poursuivi leur but, par Tautorité qu'ils ont exercée. Le contraste et les ressemblances entre le dernier des Pères do l'Eglise et le Prince des libres-penseurs se retrouvent dans les deux grands siècles qu'ils ont dominés par leur génie. Cet ingénieux rapprochement permet à Yinet de substituer les faits aux abstractions ; ce résumé, énergique dans sa généralité môme, a toute la chaleur de la vie. C'est un de ces morceaux d'ordre supérieur qui suffisent à attester le mérite d'un écrivain. Bien que retraçant uniquement les grands traits, ce tableau, dans sa précision et sa rapidité, éclaire d'une vive lumière bien des points de détail, et, si le dernier poli fait défaut, on n'en est que plus saisi par la vigueur et la profondeur de la pensée, qui se montre telle qu'elle a jailli de l'âme. De tels enseignements appellent la méditation. C'est leur enlever leur beauté, mais non leur grandeur, que do les résumer dans cette affirmation, à laquelle ils aboutissent : que le xvii" sièclo a nui à la religion en la confondant avec une théocratie dont il fut le

* La première, faite pour les cours de Bàle. a été placée par les éditeurs à la ÛQ de l'ouvrage sous la rubrique : Appendice,

plus noble triomphe, et que le xviii* siècle a donné à la philosophie, dont il a abusé, un rôle éminent en la prenant pour base des impérissables revendications de Thumanité. Il est digne de remarque que ce jugement n'est pas celui de la faveur, mais celui de P impartialité, car, en môme temps qu*il le rend, Vinet laisse voir combien il préfère les hommes du siècle de la foi à ceux du siècle de la libre -pensée.

Ce qui le frappe d*abord dans cette nouvelle époque dont il aborde Tétude, c'est l'invasion des préoccupations philosophiques ou sociales dans le sanctuaire des lettres, Il n'est pour ainsi dire ni un ouvrage ni un auteur qui, du plus au moins, ne dogmatise; toute cette littérature ccn'esl plus qu'un sermon», dit-il avec une gravité plaisante. Elle n'y trouve pas grand bénéfice au point de vue de l'art, cela se comprend de soi-même ; cet âge «si » brillant, si riche en écrivains, si puissant par la parole, «est une des époques les moins littéraires de l'histoire». Ce défaut existe en effet, mais n'est pas aussi grave que le fait supposer une telle appréciation. Néanmoins le critique n'a pas l'air soucieux de vouloir faire ses réserves lorsqu'il le présente comme peu ou mal compensé par le caractère scientifique donné à la plupart des productions de l'esprit, car il déclare ce caractère plus apparent que réel. La vraie science, afflrme-t-il à bon droit, n'admet pas d'opinions préconçues et veut ôtre cultivée pour ellemême. Or tous ces prétondus philosophes sont des polémistes, ils luttent plus qu'ils n'observent, ils combattent plus qu'ils n'étudient, ils ont une sorte de résultat

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préétabli. Ils en appellent, il est vrai, au bon sens, au sens commun, pour triompher du préjugé, objet de leurs attaques; mais ce sens commun n'est le plus souvent que Topinion courante, si ce n'est même la passion dominante : c'est donc aussi un préjugé. Par suite, leur travail fut négatif. Ils n'eurent et ne pouvaient avoir de force que pour détruire. Leurs théories confuses n*offrentaucun vrai système de morale. Los plus sages d'entre eux s'en rendaient compte. Saint-Lambert écrivait dans une note de son poème des Saisons : «Le temps d'édifier »n'est peut-être pas loin d'arriver. Il me semble que ce Dn'est guère encore qu'en combattant des erreurs qu'on «établit des vérités et que les meilleurs livres n'éclairent »que parce qu'ils détrompent.» Erreur comme méthode, cette afiBrmation est vraie comme expression de la réalité ; mais il s'en faut bien que cetle lumière paraisse à Vinet valoir celle du soleil. Le centre de ces négations, l'unité de ces efiforts dispersés, est en effet l'irréligion, qui n'a jamais eu et n'aura jamais le caractère d'une saine philosophie. Nous avons déjà vu comment, au jugement de notre critique, la science pure n'établit pas une telle opposition entre la religion et la morale, et nous comprenons que dans cet antagonisme il trouve plus de passion que de réflexion. La décadence et l'abus de l'autorité ecclésiastique provoquèrent, il est vrai, une réaction qui favorisa sans nul doute la liberté de la pensée, mais fut due à un motif beaucoup moins noble, la licence de l'esprit.

Il y a eu au moins autant d'inintelligence que d'ardeur

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dans ce mouvement, qui confondit le principe religieux avec les formes ou les institutions dont on voulait secouer le joug. A une soumission aveugle succédait une indépendance frivole ou une licence effrénée. Le divorce, dans ces conditions, était un scandale que les deux partis en lutte pouvaient naturellement se reprocher. La situation présente de la société ne nous permet guère d'espérer que le combat va finir faute de combattants, ni par une meilleure entente des vraies lois du progrès, et je doute que la marche actuelle des idées modifiât Tinlerprétation que Vinet donne du conflit pour les générations qui nous ont précédés.

Il fallut donc chercher, comme on cherche encore, une nouvelle base pour établir les principes ébranlés. Cette base, le xviii® siècle a cru la trouver, semble-t-il à Vinet, dans le retour à la nature. Le xvi° siècle l'avait déjà enseigné, et Vico aurait pu voir dans ce fait une confirmation de sa théorie du progrès gravitant en spirale. On ne parle pas directement de la doulce loy nainrelie, mais on veut que Thomme se développe selon sa nature, on n'a pas assez d'éloges pour les vertus naturelles. « L'idée favorite de ce temps, dit Vinet, c'est la » réintégration de la nature dans tous ses droits. x> — Comment dès lors n'aurait-il pas protesté ? D'une part, ses convictions individualistes sont froissées par toutes ces théories qui considèrent toujours l'homme comme membre de la société et non dans sa valeur personnelle. Mais, si c'est à ses yeux une erreur, c'est une erreur logique. L'être intérieur, c'est-à-dire moral, n'a toute sa valeur

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que par ses rapports avec Dieu ; or on a rejeté, sinon l'idée, du moins l'action de Dieu : resle-t-il autre chose que la société ? D'autre part, son esprit chrétien multiplie l(îs réserves les plus expresses sur le fond de cette nature qu'on déclare bonne à priori, quand l'histoire , Texpérience et la conscience semblent s'accorder au contraire pour nous la montrer misérable et dévoyée. S'il reconnaît après cela les servicec que, malgré leurs erreurs, ces systèmes ont rendus dans le domaine social, il estime qu'après tout ils doivent au christianisme, qu'ils prétendent remplacer, ce qu'ils ont de force et de vie morale. Jl dit formellement : a En donnant à la langue quelques » mots nouveaux : humanité^ philanthropie, bienfaisance, »los moralistes ne lui donnaient que la monnaie du mot y>cliarité. La charité est toutes ces choses à la fois, et la «charité avait déjà dix-hnit siècles et n'existait pas avant »le christianisme. )> Cela s'appelle bien retirer à la philosophie ce qui ne lui appartient pas, mais non lui en refuser Tusage, et l'on comprend que ceux qui s'en firent les adversaires sont blâmés à juste titre par Vinet pour n'avoir pas su se rendre compte qu'elle était dans la vérité et prenait le beau rôle lorsque, sur ce point au moins, elle s'attribuait l'héritage d'une foi qui semblait s'éteindre. Mais celte prétention d'être le siècle philosophique par excellence est-elle bien fondée? Dans cette réaction, dans cette avidité de lumière et d'indépendance qui emporte la triple autorité des anciens, de l'Église et de la monarchie, dansées revendications aussi violentes à certains égards que légitimes à d'autres, Vinet ne sait voir

KISTOIAE DE LA LITTKIIATURE AU XVlir SIÈCLE. ^'ll

qu'une philosophie sans hauteur et sans profondeur. La science^ il est vrai^ devient littéraire, mais Tart n!est plus purement esthétique. Sous prétexte de tendre à la pratique, il revôt le caractère de Tutilitarisme. Ce qui domine, c'est Texcès de Tanalyse, c'est un sensualisme élégant ou frivole pour le grand nombre, grossièrement matérialiste pour quelques-uns. La spéculation n'est môme pas comprise; en parlant beaucoup de la raison, cette époque ne peut guère se vanter de lui avoir fait faire de grands progrès dans la connaissance des mystères de la pensée et de la vie, elle en a simplement fondé l'autorité sur les masses ou vulgarisé l'usage; c'est une justice qu'il faut rendre à la libre -pensée. La culture est devenue beaucoup plus générale. Au siècle précédent, les écrivains ne tenaient compte que de ce qu'ils appelaient le public; dans celui-ci, ils s'adressent au peuple. Une foule de prosateurs et des poètes de tout ordre et de tout mérite , s'appuyant les uns sur les autres ou rivalisant avec une âpreté jalouse, pèsent directement et d'un grand poids sur la direction des événements et sur les affaires. D'après M"® de La Fayette, l'esprit est une dignité ; mais Vinet remarque, à bon droit, que ce joli mot n'a pas assez de force : il faut dire une puissance, et môme ajouter qu'il s'en rend compte et ne manque pas de s'en prévaloir. Il en appelle en tout à l'autorité de l'opinion, et cette opinion il la fait et la dirige; par elle, il contre-balance tous les pouvoirs. Le parti des philosophes existe en dehors de toute organisation et trouve un chef dans Voltaire. Gr&ce aux dons

extraordinaires de ce fécond génie, la république des

lettres se transforme pour un moment en une véritable monarchie.

Au milieu de ces agitations si peu littéraires, qu'est devenue la langue ? a Elle perd et elle gagne ; mais elle »perd plus qu'elle ne gagne ]>, nous dit Yinet. La précision, la justesse, la vigueur, sont restées et se perfectionnent ; mais la gr&ce et la noblesse naturelle ont en quel que sorte disparu. Sous prétexte de tout éclairer^ la philosophie introduit Tabus des expressions abstraites et générales; de là, dérive la raideur, sinon l'emphase. Hais l'énergie, la clarté, la vérité, conservent au stylesa beauté. Yinet estime,avec raison, que ces changements répondent à ceux qui se sont produits dans les mœurs et dans les idées. « La forme de la phrase est aussi Texpression de Dla société x>, dit-il en style d'aphorisme, que nous pouvons commenter ainsi : la prose du xviii* siècle, dansson élégante et ferme rapidité, est déjà la langue des affaires.

Si c'était la connaissance du siècle lui-même que nous avions en vue, nous devrions suivre Yinet dans les considérations brèves, mais aussi abondantes que diverses, qu'il présente sur un très grand nombre d'écrivains de cette époque, où la quantité n'a pas toujours nui à la qualité. Il les range en trois classes, qui par rapport au siècle antérieur font du temps nouveau une continuation, un développement et une réaction. Cette division rationnelle correspond à la réalité des faits et sert encore à faire ressortir le caractère multiple de cette littérature. On comprend donc Timporlance qu'il a attachée à ces détails, et comment, sans prétendre être complet, il a justifié sa

HISTOiaii DE LA UTTÉnATLUE AU XVIIP SIÈCLE. 243

mélhode ca disant : a Dans une histoire littéraire, il faut M tenir compte des auteurs de second ordre ; souvent ils ^caractérisent mieux que les premiers Taspect de leur »époque. M. Lerminieren a fait la remarque: l'écrivain »du premier rang est souvent dans la pensée de l'avenir, Dtandis qu'un esprit inférieur se nourrit de celle du préiDsent. T> Mais c'est la doctrine de Vinet qui est notre objet; il nous est donc permis de nous placer à un point de vue différent et de nous en tenir aux grandes lignes qui nous conduiront à la pensée mère du critique, nous bornant à Texamen de ce qu'il a enseigné sur Montesquieu, Voltaire et Rousseau. Deux lacunes sont pourtant à signaler, même en acceptant samétbode. Il n'apas suffisamment étudié Tœuvre des Encyclopédistes, qu'il a pour ainsi dire simplement indiqués, en passant, comme disciples de Voltaire, ce qui n'est pas exact de tout point ; et surtout il a fait une beaucoup trop petite place àBuffon, dont il ne semble pas avoir suffisamment compris le rôle, et qu'il se borne à trouver « imposant par ses Ira- » vaux, la nature de son esprit, la grandeur de son talents , mais sans voir en lui le type d'un esprit vraiment moderne, de cet esprit qui, de nos jours, tend à prendre peut-être la première place; car il est bien difBcile, pour ne pas dire impossible, de traiter actuellement les questions philosophiques et morales sans être inilié en quelque mesure aux problèmes et aux découvertes de la science.

Ces réserves faites, nous sommes d'autant plus libre de restreindre ainsi notre cadre que, si Ton rapproche

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spécialement la pensée de Yinet sur Tœuvre de Rousseau de sa pensée sur Tœuvre de Voltaire, on trouvera aussi sa pensée sur le siècle. Il repousse leurs systèmes avec leurs principes, mais il accueille plusieurs de leurs idées. De môme pour le siècle, beaucoup de ce qu'il a détruit méritait de l'être ; mais peu de chose survivra de ce qu'il a essayé de construire. Il a mis en lumière des vérités fragmentaires; pour l'ensemble, il a été dans Terreur. En somme, il a fait son œuvre. C'est môme là ce qui explique que Vinet ait cru pouvoir laisser les Encyclopédistes dans Tombre, quoiqu'il rende justice à leur talent, en particulier pour d'Âlembert et Diderot; mais ils ne lui paraissent que des acteurs secondaires dans ce grand drame. Ils font tous partie du chœur, et il remarque à leur sujet qu'ils ont été Texpression de leur temps bien plus qu'ils n'en ont eu la direction. Ce qu'ils firent se serait fait sans eux sous d'autres formes, mais peut-être avec d'autres résultats, et, nous pouvons entendre, avec des résultats meilleurs. Ce sont surtout les défenseurs de la cause qui lui est chère que Vinet prend à partie, les accusant d'impuissance. Quant aux philosophes, ils ont ébranlé des institutions que le temps allait renverser ; ils ont vaincu TÉglise parce que l'Église s'abandonnait elle-même ; ils ont triomphé de la foi parce que la foi n'était pas dans les cœurs. Il eût fallu un Bossuet ou un Luther pour tenir tête à l'orage ; mais de tels hommes ne surgissent qu'aux époques où l'esprit religieux est vivant, et les marque de son sceau pour en faire ses interprètes. Lisons entre les lignes, le grand

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accusé n'est pas le siècle ni ses illustres représentants, mais cet esprit frivole qui croit pouvoir se contenter de la civilisation et des progrès du monde présent en oubliant le monde invisible.

Toutefois, en parcourant les monuments de cette littérature incrédule, Vinet a beau marcher sur des ruines, ses affirmations chrétiennes semblent répéter le vers d'Horace, en lui donnant une portée sublime :

Multa renascentur quae jam cecidâre ;

sa foi l'avertit que la vérité est comme la charité, qu'elle ne périt jamais. L'ouvrage de M. E. Lerminier sur V Influence de la philosophie au xviii* siècle lui inspire la réflexion que ce déisme ou même cet athéisme ont servi à faire voir qu'il fallait que l'Évangile ne fût pas confondu avec les institutions extérieures ni soumis aux intérêts de la politique. Par là, dit-il, le xvin* siècle « a servi «l'Immortel qu'il croyait écraser; ses coups n'ont fait oque briser les liens qui le retenaient captif. Il a dégagé ))le christianisme de l'enveloppe grossière, épaissie par ))le cours des âges, que la Réformation n'avait déchirée ))qu en partie et sous laquelle se perdait sa liberté, sa »force, sa vie céleste. Ce sera là peut-être, aux yeux de «l'avenir, le service capital rendu par le xviii* siècle ; «ainsi, instrument aveugle de la Providence, il se trouvera «avoir réellement, à son insu et bien contre son gré, res' j> taure le sentiment religieux * ». Cette sorte de prédiction,

* Histoire de la littérature au xviii« siècle, II, pag. 272.

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sans doule» n'est ni justifiée par les faits ni accréditée par Topiaion ; mais, quelque sentiment qu'il éveille, ce langage de la foi n'est-il pas digne d'un noble esprit? Cet esprit parait avoir autant de justesse que de noblesse lorsqu'il résume ainsi sa pensée: «Quant à revendiquer »les droits de Tbomme individuel et social, et à fonder »la société sur la souveraineté démocratique, ce fut bien »là la mission du xviii' siècle, et c*est bien sa gloire. » Mais cette gloire, par la manière dont il l'acquit, est aussi sa condamnation. Le critique Tentend bien ainsi lorsqu'il ajoute : a II nia le ciel pour conquérir plus aisé- )>ment la terre 2>.

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