‹ Étude sur BayleChapitre 7 sur 9 · SCEPTICISME LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

SCEPTICISME LITTÉRAIRE

De la critique littéraire dans Bayle. — Nouvelles de la République des Lettres.

L'esprit dogmatique du XVIP siècle se reproduit en littérature comme en philosophie et en histoire. A peine constituée, rAcadémie, sous l'inspiration de Richelieu, s'arroge le droit de juger le Cid. On invoque Aristote au théâtre comme dans Técole. Les poétiques delà Ménardière et de d'Aubignac, les longues dissertations de Corneille sur le poème dramatique, attestent celte préoccupation de la règle, qui s'est emparée de tous les esprits au sortir de l'anarchie intellectuelle et religieuse de l'âge précédent. Plus tard, Boileau, le grand justicier du Parnasse, rédige dans son Art poétique le code littéraire de son temps. Tour à tour combattant et dogmatisant, satirique et législateur, il représente l'orthodoxie du goût, comme Bossuet celle de la foi. — Pour nous, qui contemplons à distance la majestueuse unité du XVIi* siècle, il nous semble qu'un vaste et harmonieux concert s'élève autour du trône où siège Louis XIV ; mais, au dessous de ces voix puissantes dont le bruit remplit les échos de la postérité, il en est d'autres qui se sont

perdues dansTéloignement, et qui relentissaient souvent avec le même éclat aux oreilles des contemporains. Au sein de cette activité multiple où la discussion et l'enseignement se mêlent sans cesse, la liUérature, comme la philosophie et la religion, a ses sectes, ses hérésies. Au début, ce sont d'abord les débris des écoles espagnole et italienne qui essaient de disputer le terrain à la jeune école française; puis vient la lutte du romanesque et du naturel, de la fantaisie et du bon sens ; enfin, au déclin du siècle, s'élève la grande querelle des anciens et des modernes. Parmi ces écoles qui se disputent la faveur du roi et du public, entre ces cabales qui sifflent Racine et applaudissent Pradon, qui élèvent tour à tour et sacrifient Tun à l'autre Sophocle et Corneille , Démosthëne et Bourdaloue, Bayle reste neutre. Nous le retrouvons, tel qu'il est apparu jusqu'ici, avec sa froide modération, son indifTérence mêlée de bienveillance et d'incrédulité, tendant la miin à tous et ne s'engageant avec personne, accordant les mêmes éloges aux deux Phcdres rivales, qu'il appelle deux tragédies très achevées (1). Si parfois, dans un moment d'humeur, il laisse échapper contre Homère quelques unes de ces boutades qui semblent le rapprocher de La Motte et de Perrault, il revient au plus vile sur ses pas, et se tire d'afTaire par une plaisanterie, tant il craint d'être enveloppé malgré lui dans un parti ! v (2) On l'a traduit ( Homère) en français depuis peu , et on lui a ôté plusieurs bassesses qui sont tout à fait éloignées de nos manières ; mais tous

(1] V. Dict., art. Bérénice, sur les deux tragédies de Corneille et de Racine.

(2) Noav. de la rép. des lett., mars 1684, art. 8.

ces soins n'ont pas sauvé le prince des poêles du mépris de nos connaisseurs. Je me garderai bien de dire qui sont ceux qui ont le goût dépravé, car je ne veux pas subir l'arrêt terrible qu'avec l'approbation de la plupart de nos savants le jeune Casaubon a prononcé sur tous ceux qui n'admirent pas Homère : Qui Homerum contemnunt^ vix illk optari quidquam pejuspotest, quam ut fatuitate sua fruantur (!)• » Cette position intermédiaire était la seule, en elTet, qui convint aux allures de Bayle : elle lui laissait toute sa liberté de critique. Sut- il toujours en profiter? Non, il faut l'avouer.

Jusqu'à présent, le scepticisme n'a été pour lui qu'un moyen commode de secouer toute autorité, de voyager plus à son aise , d'attaquer et de confondre les systèmes les plus opposés. En matière d'art, d'éloquence et de poésie , sa critique , tout en restant négative , prend un autre caractère. Nous ne trouvons plus là le contradicteur éternel , le questionneur fâcheux , qui mettait aux abois les docteurs de l'Église et de l'école. Ce disputeur, naguère si ingénieux à soulever les difBcultés, à signaler les endroits faibles, lorsqu'il s'agissait d'ébranler un système philosophique ou de dépister une tradition suspecte , affecte une réserve , une discrétion qu'on se prend quelquefois à regretter. D*où vient donc cette infériorité? Elle tient à la nature même de Bayle et aux habitudes de son esprit.

« Il faut de l'âme , dit Vauvenargues , pour avoir du goût.)) L'âme, chez le critique comme chez Tartiste, n'est autre chose que la passion, ou du moins le sens du

(1) V. Dict., art. Andromaqae.

beau. Or, c'est là précisément ce qui manque à Bayle. La passion , elle est morte dans son cœur depuis longtemps; le beau absolu n'existe guère plus pour lui dans l'art que le vrai en philosophie et en histoire. La perfection est à ses yeux relative , variable ; chaque peuple, chaque siècle, est libre de l'entendre à sa façon. <( Les anciens avaient, touchant le front, un goût de beauté «qui nous parait assez extraordinaire, car ils trouvaient que les plus petits fronts étaient les plus beaux... Cela doit nous montrer que la beauté n'est qu un jeu de notre imagination, qui change selon les pays et selon les siècles ( 1 ) . » Seulement, au lieu d'en faire un objet éternel de désespoir pour l'artiste et l'écrivain, comme il a fait de la vérité pour l'historien et le philosophe, il la croit accessible à tous dans une certaine mesure. Un bon livre, chose si rare, si difficile à trouver pour Boileau, lui semble facile à faire, v Quand vous aurez connu personnellement, écrit-il à son frèrq cadet, plus de personnes célèbres par leurs écrits, vous verrez que ce n'est pas si grand'chose que de composer un bon livre (2). » Il est vrai qu'il ajoute ailleurs : « Le dernier est toujours celui auquel je donne la préférence. » Ce lecteur affamé, qui court d'un volume à l'autre sans pouvoir se rassasier, pardonne aisément à l'écrivain ses . incorrections , ses fautes de goût, ses invraisemblances ou ses longueurs, pourvu qu'il trouve dans son œuvre un quart d'heure de régal et d'amusement.

Le purisme en littérature n'est guère plus son fait que

(1) Nouv. de la rép. des lettres, nov. 1685, art. 8.

(2) Nouv. lett., t. !•'.

le stoïcisme en morale. Celte liberté de langage et de composition qu'il réclamait pour lui-même, il l'accorde volontiers aux autres. La forme, le style, le plan, tout ce qui est d'art pur, le préoccupe peu. Amateur de curiosités, il préfère aux morceaux les plus pathétiques et les mieux écrits une anecdote amusante , un fait singulier et inconnu. La savante compilation de Baillet intitulée : Jugement des savants^ lui parait un livre rempli de fort jolies choses. Cette manie de chercheur et d'antiquaire a tari en lui les sources du goût. Enfin, à cette influence vient s*en joindre une autre encore plus décisive: l'abus de la dialectique, qui desséche et ôte à la sensibilité ce qu'elle donne à la pénétration. Cette passion finit par l'absorber tout entier. Vers les dernières années de sa vie , lui-même avoue qu'il est dégoûté de tout, excepté des matières de raisonnement. On comprend par là le froiçl accueil qu'il fait aux pièces d'éloquence (1), l'espèce d'incrédulité qu'il apporte en jugeant ces grands enchanteurs du cœur et de l'oreille, les poètes, qu'il appelle de beaux pousseurs de sentiments (2). La préface d'Iphigénie lui cause autant de plaisir que la pièce elle-même. Pourquoi? Parceque Racine y discute toutes lés hypothèses sur le sacrifice d'Iphigénie, les opinions de Lucrèce , de Sophocle , d'Horace, de Pausanias, etc.; parcequ'il s'égaie d'une bévue commise par les adversaires d'Euripide dans la tragédie d'Alceste ; parcequ'en un mot cette [préface eût été un excellent article du Dictionnaire.

(1) NouT. de la rép. des lett., nov. 168i.

(2) NouY. lett. crit. sur l'Hist. da calv., lett. 2L

Cependant Bayle est resté , dans l'opinion générale , comme un des plus illustres représentants de la critique littéraire (1). Avant Voltaire, c'est presque le seul nom qu'on se plaise à citer. On a même trop souvent oublié pour lui Boileau et Fénelon, qui, dans un genre différenty il est vrai, lui sont infiniment supérieurs. — Bayle dut surtout cette réputation à ses Nouvelles de la république des lettres. Pendant trois ans (2), il fut comme le rapporteur universel de TEurope, entretenant chaque mois le public des ouvrages de toute espèce qui paraissaient dans le monde entier. II s^acquitta de cette mission délicate avec une conscience et une habileté incontestables. Â une époque où la critique naissait à peine, où les journaux savants, créés delà veille, étaient hérissés de longues et lourdes dissertations Taites pour eiïrayer les lecteurs les plus intrépides, on fut charmé de ces analyses sobres, rapides, claires, bienveillantes, de ce talent que peu d'hommes ont possédé, même depuis, dans l'art d'exprimer et de résumer les idées d'autrui.

La modération , ou , si l'on veut, la timidité impartiale de ses jugements, acheva de lui concilier la faveur et la confiance de l'opinion. En général, Bayle se contente d'être l'écho de ce qui se dit ou s'écrit autour de lui ; son journal est un miroir où viennent se refléter en abrégé les traits principaux des ouvrages contemporains et les impressions du public. L'auteur parle rarement en son propre nom ; il emploie de préférence les formules générales : on dit y on pense, on estime. « Le discours

(1) V. M. Sainte-Beuve, Portraits littéraires.

(2) De 1684 à 1687.

de M. Boileau (lors de sa réceplion à l'Académie française) a été trouvé digae de son esprit et de sa réputation. La plupart de ceux qui en parlent le louent extrêmement , et ceux qui en disent le moins de bien font entendre seulement qu'il n'y avait rien d'extraordinaire (1). » Etait-ce prudence, politique, ménagement calculé pour ouvrir toutes les portes à son journal? Peut-être, dans une certaine mesure : carBayle, par scrupule même de conscience, ne sépara jamais complètement sa cause de celle de ses libraires ; et , disons -le à sa louange , il réussit à les enrichir en restant lui-même dans un état voisin de la pauvreté. Mais cette raison n'est pas la seule : ici encore il obéit à la pente naturelle de son esprit , à son goût décidé pour l'abstention. Sa réserve ne s'étend pas seulement aux vivants ; sur les morts, il n'est guère plus alBrmatif. Nous l'avons entendu tout à l'heure, à propos d'Homère : « J^ n'oserais me prononcer ». Ailleurs, dansle Dictionnaire, même alors qu'il n'est plus seulement rapporteur, mais juge, mais historien, quand il s'agira de Molière, il dira : « Plusieurs (2) personnes assurent que ses comédies surpassent ou égalent tout ce que l'ancienne Grèce ou l'ancienne Rome ont de plus beau en ce genre. » Doiton le mettre au dessus d'Aristophane ? Il n'en sait rien, et trouve que la comparaison est impossible : il faudrait, pour cela, connaître les vices et les ridicules des Athéniens comme on connaît ceux des marquis de Versailles et des bourgeois de Paris. S'il lui reproche timidement

(1] Nouv. de la Rép. des lett., jaill. 168i, art. 8. (2) Dict., art. Poquelin.

de s^élre donné parfois trop de liberté dans rinvention de nouveaux termes, et d'avoir même laissé échapper des barbarismes, il atténue ou eflace en partie sa critique par une note placée au bas de la page. «Prenez bien garde qu'on ne blâme ici que l'excès de sa liberté, car, au fond, Ton ne nie pas qu'il ne s'en servit d'une manière très heureuse et qui a été utile à notre langue. » Pour lui, il pardonne aisément à l'auteur du Misanthrope le sac ridicule de Scapin. Au sévère arrêt de Boileau il oppose le témoignage d'un juge moins académique, d'Arlequin : il pense avec lui qu'il faut s'occuper de tout le monde, même du parterre, et servir aux gens des plaisanteries à leur portée. C'est là le système qu'il se félicite d'avoir suivi dans la rédaction du Dictionnaire. Les puristes (et il demande pardon à ces messieurs de les appeler de ce nom), les puristes l'en ont blâmé* Ceux-ci lui ont reproché ses pensées gaillardes, ceux-là ses citations , d'autres ses réflexions philosophiques. « Songent-ils bien, s'écrie Bayle (1) , que, si je m'étais réglé sur leurs idées de perfection, j'aurais fait un livre qui leur eût plu, à la vérité, mais qui eût déplu à cent autres, et qu'on eût laissé pourrir dans les magasins du libraire?.... Qu'on fasse la réflexion que faisait Socrate (2) à la vue d'une foire, je le veux bien ; mais la foire sera pourtant ce qu'elle doit être. »

Tel est , en eflet , le caractère de sa critique dans le Dictionnaire et dans les Nouvelles de la république des lettres. C'est une foire où il admet tous les livres ;

(1) Dict., art. Poqaelîn.

(2) a Qaam mulUs non egeo I

pourvu qu*ils soient nouveaux , il leur accorde à tous à peu près la même bienveillance et la même place ^ comme à l'étalage d'un libraire ou sur les feuilles d'un prospectus. On est étonné de trouver côte à côte Une réponse à M. de Meaux sur la communion et l'analyse A\4rîequin procureur (l),deux ouvrages fort utiles, l'un à la foi y Tautre à la morale , mais qui ne réussiront pas à faire de Bossuet un prolestant, ni des procureurs de fort honnêtes gens ; plus loin , les Désordres de l'amour et la Morale de r Evangile ^ V Exposition de la Doctrine catholique et une longue dissertation sur Vusage du quinquina , le Traité de Vunité de Y Eglise et le Grand et fameux problème de la quadrature du cercle , Dix nouveaux Sermons du P. Allix et une nouvelle édition des Contes de La Fontaine , que Bayle ne garantit pas , il est vrai y comme un livre de dévotion^ mais oit les ama^ leurs trouveront de fort beaux récits, et des gravures en taille douce bien entendues et dans la bienséance néces^ saire (2). L'annonce d'un phénomène nierveilleux , d'une épingle trouvée dans Turètre ou d'une femme qui accouche d'un grand plat d œufs, occupe autant de place que celle des oraisons funèbres de la reine-mère par Fléchier, et de Condé par Bourdaloue (S). En revanche , le discours prononcé par Bossuet à Notre-Dame n'est pas même indiqué.

Cette revue rapide et toujours changeante , avec ses associations bizarres, telles que les amènent l'ordre chronologique pu les lectures du journaliste, avec ses lacunes

(1) NouT. de la rép. des leU., oct. 1684.

(2) Nouv. de la rép. desleU., avril 1685, art. 8.

(3) Nov. 1684.

mêmes et ses caprices, o!Trc un spectacle assez curieux. Pour nous surtout, dont la perspective a étendu ou modiGé les jugements 9 il est piquant de voir passer associés, confondus dans les mêmes éloges, des hommes et des livres de mérites bien différents , les uns oubliés le lendemain, les autres entourés aujourd'hui de tout le prestige de l'éloignement et d*une gloire incontestée : Fléchier et M. Anselme, l'abbé de La Chambre (i) et Bossuet, M. Ferrier, bon poète françois y et M. Despréaux , aiASsi bon poète que bon critique. Bayle n'a pas la superstition des grands noms : l'enthousiasme est son moindre défaut. Ses éloges même ont un ton de modération qui laisse place à plus d'un trait narquois jeté en passant : « Il est certain que M. de Meaux tourne les choses d'une manière fort délicate, qu'il évite fort adroitement les endroits scabreux , et que l'air honnête, la modestie et l'art de paraître ingénu qui régnent dans ses ouvrages, peuvent rendre beaucoup de services à la cause qu*il soutient (2). )> Quand il s'occupe des œuvres d'art, on voudrait seulement que sa critique fût plus pénétrante et plus hardie , comme elle sait l'être souvent sur des matières bien autrement délicates. Dès que la théologie, l'histoire, la philosophie, reparaissent, on sent renaître en lui l'esprit curieux et contradicteur. C'est qu'en effet , pour Bayle , la question religieuse domine toutes les autres. On n'a jamais proscrit ni dragonne personne pour une tragédie ennuyeuse ou pour

(1) Le même qui reçut La Fontaine à l'Académie, et prononça l'oraison funèbre de Marie-Thérèse en concurrence avec Bossaet. (V. Nouv. de la rép. des lett., juin 1684.)

(2) NouT. delà rép. des lett., avril 1684.

un mauvais sonnet; mais les théologiens, les philosophes, les historiens même, ont eu part tour à tour, eux el leurs livres, aux honneurs de Tinterdit et du bûcher* Indépendamment de son goût naturel , Bayle trouve là déjà un motif suffisant de prédilection.

Plus tard, il reconnut lui-même tout ce qu'il y avait de faible et d'incomplet dans ses jugements en matière d'éloquence et de poésie « Je ne faisais point le critique , dit-il , et je m'étais mis sur un pied d'honnêteté. Ainsi , je ne voyais dans les livres que ce qui pouvait les faire valoir : leurs défauts m'échappaient (1). i» Comme critique en littérature, à part le mérite de Tes^ prit et de la clarté , Bayle n'a qu'un côté vraiment original : c'est cette tolérance universelle à l'égard des livres et des auteurs , cette indifférence ou cette incrédulité qui fait bon marché de la gloire, et l'accorde volontiers à tous comme un présent de peu de prix ; cette indépendance des règles, ce dédain de la perfection, qui semble étrange au moment où le XVII'' siècle achève ses plus beaux chefs-d'œuvre, où le goût épuré et affermi rend ses arrêts les plus éloquents par la bouche de Boileau et de Fénelon. En général, les écrivains les moins dogmatiques , ceux qui , par nature ou par système, se sont montrés les plus disposés à secouer toute autorité de secte et d'école , admettent cependant des principes absolus dans les questions d'art et de goût. Voltaire , qui rit de toutes les infaillibilités, de l'Académie et de la Sorbonne , est un défenseur opiniâtre de la poétique et de la grammaire ; il attaque tout , hormis la

(1) Réfl. sur le prêt. jag. da public, ch. 19.

langue et la règle des trois unités dramatiques. Horace, ce facile ami de la médiocrité en vertu, en sagesse comme en fortune , l'admet partout , excepté en poésie. Bayie est moins rigoureux : partisan de la tolérance, il l'étend même aux œuvres de l'esprit ; il veut que les livres s'entre-supportent comme les hommes, les goûts comme les croyances. <( Que chacun se fasse justice , s*écrie-t-il, et considère qu'il n'est pas tout le monde (1). » Par là , son scepticisme littéraire se rattache à la thèse générale que nous traitons ici ; par là encore, Bayle se trouve en opposition avec son siècle, et réalise, dans sa République des lettres , cet idéal d'anarchie paisible qu'il réclamait ailleurs pour toutes les opinions.

(1) NoQY. de la rép. des lett., août 1684, ayert. ^

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