‹ Étude sur Béranger, le chansonnier patriote et républicainChapitre 3 sur 37 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Béranger est mort en 1857, ses œuvres viennent de tomber dans le domaine public. Ses œuvres ! S'en souvient-on encore ? Oui, les amoureux de la chanson et les anciens chansonniers. Mais, sans sa statue au square du Temple et la rue qui porte son nom, beaucoup l'ignoreraient peut-être ; hélas ! notre vie est tellement surmenée que Ton n'a pas le temps de jeter les yeux sur le passé. Aussi, Béranger n'est-il, je crois, qu'imparfaitement connu de nos jours, par la jeune génération. L'homme et l?OEuvre sont pourtant, dignes, l'un et l'autre, d'être remis en lumière !

Maupassant a très justement écrit : « Que beaucoup ne sont pas frappés par l'acuité vibrante de la vie contemporaine, comme ils sont émus par certaines apparitions de l'histoire, d'où découlent pour eux des rêves artistiques et philosophiques. L'aujourd'hui est trop près, trop deviné, pas assez imprévu pour nous don-

ner la bizarre sensation d'étrangeté, de grandeur qu'on rencontre dans l'élévation du passé »

Rien ne pouvait mieux s'appliquer à Béranger, le chantre national de toute une époque et dont les actes s'accordèrent si bien, et toute sa vie, avec ses pensées humanitaires.

J'ai donc entrepris de montrer et d'exciter l'intérêt de la jeunesse Républicaine (car c'est surtout à elle que s'adresse ce travail) en révélant à nos jeunes citoyens des faits ignorés ou bien oubliés, en faisant revivre l'histoire du chansonnier populaire, avec sa vie intime, et démontrant l'influence qu'il eut sur tout un peuple ; car Béranger a préparé par des chansons élevées, faisant entendre des accents vibrants de patriotisme, la Fraternité, la Liberté des citoyens, et l'Egalité par l'Association Universelle des cœurs.

Cet ardent Républicain fut nommé le Père du Peuple, et ce titre est le plus noble et le plus grand qu'un homme puisse ambitionner, n'e>til pas vrai ?

Tel est l'apôtre et le chantre merveilleux que je viens présenter dans cette étude, car les écrits et les pensers du Maître, en dehors d'un intérêt incontestable, sont malgré le temps d'une actualité parfois saisissante i

Je ne dépeindrai pas ici le chansonnier de Lisette, de Margot, ou de Frétillon, mais le Barde National, le Béranger qui, par ses chansons, contribua à faire la Révolution de Juillet; je ne montrerai pas le chansonnier à vingt ans, dont le cœur est amoureux, mais le Patriote,

dont l'invasion de 1815 exalta les nobles ardeurs, et dont la réaction royaliste indigna et vévolta son Républicanisme, en un mot, j'étudierai l'homme dont la vie fut sacrifiée à la Patrie et à l'humanité, et le chansonnier champion du Progrès social.

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