‹ Étude sur CatulleChapitre 107 sur 144 · LIVRE II. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE V

» dans le nez. » — « Porçius et Socration sont les deux » bras rapaces de Pison (i) , la famine et la lèpre de » l'univers. » La maîtresse de Mamurra n'a (2) « ni le )> nez petit , ni le pied mignon , ni les yeux noirs , ni la » main élégante, ni la bouche propre , ni le langage bien » relevé. » Parfois même un mot suffit, remplace tout un tableau et résume tout un caractère. C'est Juventius aux yeux veloutés , doux comme du miel , (3) tnellitus. Ce sont des jeunes filles fraîches et blanches comme du lait — lacteolœ (4). Mamurra est pareil au pigeon blanc , amoureux et superbe (5).

Ce don de voir rapidement et fortement parmi tant d'autres traits celui qui contient pour ainsi dire l'objet tout entier , et de faire par là passer devant nos yeux au moyen d'un mot toute la série des gestes et des actes dîun homme , ce talent d'éclairer le récit par des expressions lumineuses , est le propre de l'imagination. Catulle a une imagination prompte , mais peu large , renfermée dans les petits sujets , trop faible pour refléter à la fois les grandes scènes de la nature ou les actions émouvantes des hommes. Il a pourtant réussi à trouver quelquefois de ces mots vastes et pleins de sens qui ouvrent à la pensée de lointains horizons ; quelquefois , par la justesse vigoureuse de l'expression , il a permis à notre esprit de le suivre au-delà

(1) c. XL VII, 1.

Scabies famesquc mundi.

(2) c. XLIII.

Salve , nec minimo puella naso , Nec bello pede , nec nigris oc-ellis , Nec longis digitis , nec ore sicco , Nec sane nimis élégante lingua.

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