XLVI1I, 1. - (4) LV, 17. — (>) XXIX
du mot lui-même , de s'élargir à son aise dans le rêve , d'avoir l'impression de quelque chose de grand. Voici un lever dç soleil qui éclaire • Attis et ses compagnes endormies après les fatigues de l'orgie , au bord de la mer retentissante (i). « Mais dès que le soleil à la face d'or » eut parcouru de son œil radieux l'air transparent, la terre » rude, la mer sauvage. » Cette énumération rapide et ces expressions éclatantes nous font reconnaître successivement tout un magnifique paysage , tel qu'il convient à cette histoire fabuleuse. Ariane , à son réveil , voit s'enfuir au loin la voile de l'infidèle Thésée. Elle court , éperdue , sur le rivage , et le poète nous la montre seule , se dressant sous le ciel et en face des flots comme une statue de bacchante (2). De là , son regard fixe se perd là-bas, dans les vagues de la mer. L'amour d'Ariane , la trahison de Thésée , les sentiments tumultueux qui assiègent le cœur de l'amante , le rivage , l'immense mer , une voile apparaissant comme un point blanc à l'horizon , tout cela est contenu dans un beau vers. Plus loin , Thésée est parti pour immoler le minotaure; son père, le vieil Egée, attend son retour du haut de la citadelle d'Athènes, interrogeant l'étendue des flots « et les larmes , goutte à goutte, tombaient assidûment de ses yeux inquiets. (3) » C'est la
Sed ubi oris aurei Sol radiantibus oculis Lustravit aethera album , sola dura , mare ferum.
(2) c. LXIV , 60.
Quem procul ex alga mœstis Minois ocellis Saxea ut effigies bacchantis prospicit , eheu , Prospicit.
At pater , ut summa prospectum ex arce petebat , Anxia in assiduos absumens lumina fletus...