LIVRE II. — CHAPITRE V
des mots la mollesse langoureuse et lascive , Catulle multiplie les longs mots pleins de voyelles et de consonnes liquides.
' Mais le plus souvent ces diminutifs affaiblissent la pensée et donnent à la poésie quelque chose de précieux et d'enfantin tout à la fois. Ainsi , ces deux vers où il est question de Manlius et de Vinia , les diminuent sous ' prétexte de leur donner de la grâce : « Jette ton joli bras » rond, jeune homme, au cou de ta jolie femme. » (i) Ariane , dans cet instant douloureux où elle s'aperçoit de la fuite de Thésée, pleurq, mais avec trop d'apprêt pour que ses larmes soient sincères. D'ailleurs, sa douleur n'est point assez tyrannique pour l'empêcher de songer à sa toilette, et tout en courant sur le rivage , éperdue , elle a le soin de relever sur sa jambe nue sa tunique flottante qu'elle a peur de mouiller. (2)
La répétition est encore un de ces moyens faciles qui donnent au style l'apparence du mouvement et de la force. « Il est mort, (3) le moineau de ma maîtresse, le » moineau , délices de ma maîtresse. » — « Alors, (4) » dit-on , Pelée fut enflammé d'amour pour Thétis ; alors » Thétis ne dédaigna pas l'hymen d'un mortel , alors » Jupiter lui-même voulut que Pelée fût uni à Thétis. »
Le lieu commun et la recherche des détails , défauts ordinaires à toute l'école Alexandrine , détruisent souvent
(i)LXI,i 77 .
Mitte brachiolum teres , Pratextate, puellulae.
Frigidulos udo singultus ore cientem
Mollia nudatœ tollentcm tegmina surce.