‹ Étude sur CatulleChapitre 114 sur 144 · III, 3- - (4) LXIV · texte numérisé non relu

III, 3- - (4) LXIV

l'effet des plus beaux vers. Après cette comparaison de la statue de bacchante , qui nous donnait une idée si frappante du désordre d'esprit d'Ariane, il semble que Catulle aurait dû borner là sa description. Tout au contraire, il insiste , et les détails minutieux abondent comme dans un inventaire. (1) « La mitre line n'enferme plus sa tète » blonde , sa poitrine nue n'est plus couverte d'un voile » léger ; ses reins ne sont pas retenus par une écharpe » qui les entoure ; tous ses voiles ont glissé peu à peu » de son corps et se jouent à ses pieds sur les vagues de » la mer. »

Telle est la description dans Catulle. On voit que son imagination, plus vive encore que forte, est frappée surtout de l'extérieur et de la forme des objets , qu'elle va rarement jusqu'à représenter par dfes mots profonds l'âme même des choses ; elle est enfin trop souvent contrariée par les traditions de l'école. Cette imagination saisissait les travers , les contrastes et les ridicules plus facilement encore que les couleurs et les formes ; elle devenait alors de l'esprit. L'esprit consiste en général à exprimer vivement par un rapprochement imprévu et avec un tour original un trait de caractère ou une vérité de sens commun. La surprise du contraste produit sur nous une impression agréable et éveille le rire. Catulle savait démêler les défauts des autres , surtout ceux de ses rivaux , et pour les peindre , trouver des mots vifs et piquants. Furius demande de l'argent : mais pourquoi ? Il n'a rien à garder ; il ne mange ni ne boit ni n'éprouve aucun besoin ; il est sec comme la corne , net comme une

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