‹ Étude sur CatulleChapitre 121 sur 144 · LIVRE II. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE V

que pour le trouver, c'est par excellence l'art des époques classiques. Catulle a compris comme Virgile l'imitation des Grecs et l'a devancé dans la même voie. Il ne serait que juste de lui appliquer ce vers par lequel André Chénier définissait en poète sa poésie :

Changeons en notre miel leurs plus antiques fleurs.

Le style de Catulle a, nous venons de le voir, comme la versification, la langue et la composition de ses poésies, un double caractère. Il est à la fois original et ingénieusement imité. L'originalité a aidé l'étude , et celle-ci soutient à son tour l'originalité qu'elle contrarie pourtant quelquefois. L'expression n'atteint que rarement chez lui à la grandeur ; mais elle est presque toujours vive , imagée , spirituelle , souvent émue , par moments forte et neuve. L'imitation n'a point arrêté le développement libre de son talent ; il a possédé sa science plutôt qu'il n'a été possédé par elle.

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