‹ Étude sur CatulleChapitre 4 sur 144 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

vers , que nous y rencontrerions , à côté d'obscurités inévitables, des clartés qui suffiraient à nous montrer le chemin ? Et si leur histoire perdue renaissait à la lumière , ne devrions-nous pas conclure alors , en comparant nos impressions aux faits eux-mêmes , que ce qui nous paraissait vraisemblable était vrai , que la vie réelle du poète est bien celle que ses vers supposent, et que, sauf de légères erreurs, les points principaux ne nous avaient pas échappé ?

Il en est sans doute de même pour Catulle , malgré les siècles qui nous séparent de lui , malgré les changements considérables dans la langue et dans les moeurs qui rendent cette reconstitution plus fragile et plus délicate. J'essaie de trouver dans les œpvres de Catulle sa vie et son talent , d'expliquer , en les replaçant dans leur milieu , l'homme et l'écrivain. Je voudrais , en éclairant l'un par l'autre , et tous les deux par le temps où ils ont vécu , faire dans cette recherche la part de la certitude , de la vraisemblance et du doute.

Mais avant de m'engager dans l'histoire de la vie de Catulle , je dois expliquer suivant quelle méthode j'ai lu et classé ses poésies. Si le mot

ne devait point paraître ambitieux , je dirais que j'ai observé surtout 1 'âme du poète : j'ai réuni et commenté les unes par les autres les pièces qui exprimaient des sentiments analogues et qui paraissaient se rapporter aux mêmes personnages ou faire allusion aux mêmes circonstances. Je n'ai tenu aucun compte de l'ordre suivi dans les manuscrits ; en voici la raison. Catulle avait publié lui-même un livre de poésies dont nous avons la dédicace adressée à Cornélius Nepos. C'était un volume d'hendécasyllabes — « lepidum novum libellum », — celui que désignait ainsi Sénéque : « Catullus in hendecasyllabis. » (Senec. controv. VII, 19.) L'habitude s'était même conservée de donner ce nom aux recueils de poésies légères écrites en vers phaléciens. « Plaçait exemplo multprum unum separatim hendecasyllaborum volumen ctbsolvere. » (Plin. j. ep. VII, 4.) Cette première édition ne contenait-elle que des hendécasyllabes ? Les autres pièces que nous trouvons parmi les poésies de Catulle ont-elles été ajoutées plus tard par Catulle lui-même , ou après sa mort par ses amis ? Nous ne. pouvons, rien affirmer sur ce point. Il est cependant probable que l'édition qui nous a été

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