LIVRE II. — l CHAPITRE I. I
r Atat xat [AaXa/ai jxàv «ctjv xaxà xîj7cov SXtovrat , ïj ta x^wpà aAiva td x'euOaXIç oOXov avï)8ov , uarepov au Çcoovxi xal ctç ercoç aXXo çuovxr à(j.|xeç 8' , oi ^uyakoi xal xapxepoi , ot aoçot àvôpeç , oratoxs ftpâra OawofjLEç , àvaxooi èv /Qovi xoiXa , êuSojJieç eu ;j.aXa fxaxpov àx^pfiova vrfypexov uîcvov.
Ainsi la prétention et la monotonie de la prosodie Alexandrine trahissaient le manque de sincérité qui est le vice fondamental de toute l'école.
L'Alexandrinisme Romain a ici une première supériorité vis-à-vis de l'Alexandrinisme Grec, c'est qu'il lui fallait presque tout créer. Il devait rendre souple, sonore et douce, une langue jusque-là raide , sourde et rauque. Ce fut le grand travail des poètes de l'école nouvelle, et c'est peut-être là que, malgré les défauts d'une versification laborieuse , ils obtinrent le plus entier succès. Les Latins avaient le goût des formes syncopées; la prononciation des iambes et des trochées leur était plus facile que celle des dactyles. Il fallait lutter contre cette tendance , continuer l'œuvre d'Ennius , et faire triompher à Rome les consonnances allongées de l'hexamètre Grec. Il était en outre nécessaire de régulariser les formes métriques trèsnombreuses , mais trop libres , de Plaute , Lucilius et Varron. Les jeunes poètes furent aidés dans cette entreprise par les progrès de l'éloquence et l'influence du théâtre. Les assemblées populaires applaudissaient , dit Cicéron, (i) lorsqu'elles entendaient les phrases retomber
bientôt , et la poésie rimée fut de bonne heure employée. Le premier poème latin rimé , que nous connaissions , est de Commodien , et de l'an 230 environ après J. C. Les poètes chrétiens employèrent la rime qui devint bientôt la règle de la poésie après en avoir été la négation.
(1) Cic. or. 50 : « Conciones saepe exclamare vidi quum apte verba cecidissent. »
avec une harmonie agréable ; au théâtre , le public tout entier réclamait si l'acteur accentuait mal une syllabe. Les oreilles s'habituaient ainsi à la justesse des sons et aux caresses de la musique. L'exemple de Catulle prouve quel prix avait pour les jeunes poètes l'observation rigoureuse des règles et de la prosodie. Il n'y avait point à inventer un grand nombre de formes de vers , mais il fallait surtout les employer à propos et les disposer dans un ordre harmonieux. Levius et Catulle préparèrent ainsi Horace , l'un en s' exerçant aux mètres les plus difficiles dans ses polymetra , (1) l'autre en perfectionnant l'hexamètre , le pentamètre , et en s' accoutumant le premier aux strophes. Toutes les espèces de vers iambiques et trochaïques se trouvaient dans Ennius ; les Alexandrins les reprirent en les soumettant à des règles inflexibles. Le pentamètre existait à peine , il y en a quelques uns seulement dans Lucilius , et un certain Porcius Licinius avait écrit des vers élégiaques. L'école nouvelle , imitant celle d'Alexandrie , se livra avec un soin particulier à la poésie élégiaque. Levius a employé des dimètres iambiques , anapestiques , des iambiques trimètres scazons , des dactyliques tétramètres , enfin des heiîdécasyllabes , une certaine forme de décasyllabes qui lui est propre , et trois espèces d'ioniques. Les œuvres de Varron (Atacinus)
(1) Pour tout ce qui regarde la versification latine , consulter L. Mùller, de re metrica,poet. latin. Leipsig, 1861; pour la poésie rîmée, voir le même ouvrage , opusc. II.
Du même , éd. de Levius , Cinna, Catulle , etc. , 1870 (Teujraer). Weichert a rassemblé dans son livre déjà cité , tous les documents <jue nous possédions sur Levius et Cinna. Mûller a réuni dans son livre sur la métrique latine tous les vers qui restent de Levius , 45 environ. On voit qu'ils appartenaient tous les deux à l'école Alexandrine.