LIVRE II. — CHAPITRE I. iél
qu'un accident, un passage d'une époque à une autre. En Grèce, l'Alexandrinisme était toute la littérature , et il ne devait point avoir d'héritiers. Il était donc possible qu'à Rome un poète mieux doué que les autres , plus raisonnable et plus libre , attentif en même temps aux doctrines de son école et aux critiques des écoles rivales , tempérât les excès de l'une en prenant aux autres ce qu'elles avaient de bon , et servît par là de lien entre les anciens et les modernes, entre Ennius et Virgile, Lucilius et Horace. Catulle fut ce poète. Nous l'aurions plus difficilement prouvé si, après avoir dépeint sa nature originale et sincère , incapable par conséquent de supporter docilement un joug trop étroit y nous n'avions pas expliqué pourquoi cependant certains préjugés et certaines habitudes s'imposèrent nécessairement à son talent.
l62 ÉTUDE SUR CATULLE.