‹ Étude sur CatulleChapitre 96 sur 144 · LIVRE II. — CHAPITRE III. Ï · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE III. Ï

. Muneraque et Musarum hinc petis et Veneris. Multa satis lusi : non est Dea nescia nostri. Omnia tecum una perierunt gaudia nostra.

Hcec tibi non tribuo munera, cum neqtieo.

Nous arrivons maintenant aux genres secondaires où a excellé Catulle , et dont le plus grand mérite est la difficulté vaincue. En même temps qu'il choisissait les iambes et les hendécasyllabes pour exprimer ses sentiments , il y appliquait religieusement les règles d'une métrique laborieuse. Que de peine et d'habileté ne fallait-il pas , après les iambes flottants et faciles de Plaute , et même de Térence, pour donner un air de facilité et d'aisance légère à des vers soumis à la contrainte d'une langue mal commode et d'un rhythme compliqué ! Si nous voulons comprendre la grâce de ces pièces courtes et fines dont l'harmonie échappe à notre oreille peu exercée , il faut qu'en notre mémoire reviennent les sonnets du seizième siècle les mieux composés , ou les strophes de nos poètes modernes les plus ingénieuses. Nous goûtons à les entendre quelque chose du charme que devaient avoir les petits vers de Catulle.

Il a employé plusieurs fois le vers iambique , mais tel qu'on ne s'en était pas servi avant lui , tantôt pur, sans spondées ni tribraques , tantôt régulier et terminé par des spondées. Il nous reste deux pièces écrites en iambiques trimètres purs, les seules probablement qu'il ait essayées. C'était un tour de force qui avait étonné ses contemporains , car elles furent souvent citées , imitées et parodiées. Les Grecs eux-mêmes ne lui en avaient pas donné l'exemple, et il est admirable que des poèmes d'une

versification si compliquée , soient en même temps des chefs-d'œuvre de grâce facile ou de vivacité énergique. Les vers iambique régulier scazon, phalécien et glyconique souvent employés par Catulle , les uns isolés , les autres sous forme de strophes, présentent les mêmes caractères de régularité et de perfection soutenue. Horace n'aura que fort peu de changements à faire subir aux strophes saphiques qui ont déjà dans Catulle cette forme élégante et souple qui leur prête tant de charme. La même sévérité distingue quelques pièces plus difficiles , écrites dans des mètres qui ont été peu employés après Catulle , les asclépiades et les vers priapéens.

Enfin nous avons réservé pour terminer cette longue revue une pièce écrite en vers galliambiques , les seuls à peu près que nous ayons , bien que ce mètre fût à la mode du temps de Martial : « Le bel Attis , dit-il , ne me dicte pas de vers galliambiques mous et efféminés. » Ce mètre, composé presque exclusivement de brèves, exprime étrangement la rapidité de l'action , la grâce triste des sentiments et le mystérieux effet du récit. Il convient à l'allure capricieuse et fantastique de la scène ; rarement l'harmonie a plus heureusement rendu les soubresauts impétueux de la passion. Dans un examen de détail il serait facile de signaler les mouvements rapides et changeants de ces vers ; nous en citerons au moins quelquesuns d'une marche hardie :

Thiasus repente linguis trepidantibus ululât , Levé tympanum remugit , cava cymbala recrepant , Viridem citus adit Idatn properante pede chorus, (r)

Nous avons vu que Catulle était avec cette pièce arrivé

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