LES DEUX ÉLOQUENCES-- TRAITS DISTINCTIFS DU GÉNIE
Dans Topinion généralement reçue, c'est à Téloquence politique qu'est particulièrement Rattachée la gloire oratoire de Cicéron : les Catilinaires et les Philippiques y ont mis le sceau. Cette opinion ne me parait pas parfaitement juste. Et d'abord les Catilinaires, bien que, suivant en cela l'usage, nous les ayons rangées au nombre des harangues politiques, en sont-elles véritablement? Une vaste conspiration se forme et va éclater au sein de Roiûe; le consul, c'est-à-dire le chef du pouvoir exécutif, chargé de veiller à la sûreté de la république, surveille cette conjuration, la déjoue et Tétouffe. Il en fait connaître au sénat le but, la répression, en même temps que les moyens par lesquels il en a triomphé. Ce sont là les actes, les discours d'un chef d'État; mais, à proprement parler, il n'y a rien là de ce qu'on entend par éloquence politique, c'esf-à-dire par cette puissance de la parole qui conseille, entraîne un peuple dans des voies nouvelles, et, en le prévoyant, dirige l'avenir. Il n'y a pas non plus le caractère de lutte qui est un des signes les plus marqués de l'éloquence politique. Où parle Cicéron? Au sénat; c'est-à-dire devant des per-
sonnages qui, pour la plupart, et par leur âge et par la grande expérience des affaires, sont peu sensibles aux grands effets, ou, si l'on veut, aux séductions de la parole, et qu'il s'agit plutôt de convaincre que d'émouvoir. Il y a là place à une éloquence parlementaire, mais non à l'éloquence politique. Les Philippiques auraient, à un plus haut degré, le caractère de cette éloquence; mais, à part la seconde qui, par sa véhémence, rappelle les violences de la tribane, mais qui n'a point été prononcée en présence d'Antoine, toutes les autres sont encore des rapports, des conseils adressés au sénat, bien plus que des harangues politiques, au sens que nous avons donné à ce mot. Ainsi donc ce n'est pas au sénat, mais au Forum, qu^il faut, selon nous, chercher la véritable éloquence politique de Cicéron, disons' mieux, la véritable éloquence romaine : celle qui révèle la vraie physionomie latine et en a le cachet, cette éloquence-là« elle est au barreau, à la tribune aux haran* gués, bien plus qu'au sénat.
On ne se fait pas une idée vraie de l'éloquence judiciaire, à Rome. Voyons donc ce qu'elle était en réalité. Les causes se jugeaient au grand air, devant le peuple. Là, on portait les causes les plus importantes, les causes de concussion et les causes de majesté; causes de concussion, c'est-à-dire spoliation organisée d'une province aussi étendue qu'un État moderne; causes de majesté, c'est-à-dire causes de révolte publique. Les accusés sont le plus souvent les représentants les plus illustres
LES DEUX ÉLOQUENCES. m
deTaristocratie. Les défenseurs sont eux-mêmes de hauts personnages qui ont passé par les magistratures. Les accusateurs sont ordinairement de jeunes orateurs qui ont besoin d'un coup d'éclat pour leurs débuis. Enfin, les juges, ce sont les jurés, au nombre de cinquante, cent, cent cinquante, jugeant en toute souveraineté et constituant une sorte de haute cour. La défense était complètement libre ; le défenseur pouvait recommander son client par sa vie tout entière; les injures, les diffamations étaient permises. L'avocat et l'accusateur interrogeaient eux-mêmes Tacclisé ; et derrière l'enceinte se tenait, attentive et émue, Rome tout entière. Les passions de la foule, la pompe de la procédure, la liberté des digressions, tout cela ouvrait à Torateur une vaste carrière; tout cela était, sinon les' conditions d'une bonne justice, au moins d une éloquence véhémente.
C'est donc là, dans Téloquence judiciaire, qu'est, selon nous, la vraie puissance et l'impérissable gloire de Cicéron. Assurément, les Catilinaires et lesPhilippiques sont de grandes représentations oratoires. Il y a dans les premières une mise c;n scène habilement conduite : l'éloquence y est solennelle et vive toutefois; elle s*étale, elle flotte avec majesté, comme la toge du consul. Sans doute, il y a dans les Philippiques de véhémentes et courageuses indignations; Gicéron y a retrouvé la hardiesse et la verve de ses plus brillantes années; mais on sent bien après tout qu'elles sont impuissantes contre la fatalité qui entraine la république; c'est une noble pro-
ISS GtCÉRON.
testatioD, ce n'est pas une force qui se sent libre :'ici même Cicéron est obligé de s'appuyer d'Octave contre Antoine, comme il s^était appuyé à son début de Pom* pée, et plus tard de Pompée et de César.
N'hésitons donc pas à le dira : l'éloquence la plus vraie,* la plus positive, la plus efficace dans Tœuvre oratoire de Cicéron, c'est l'éloquence judiciaire, parce que là il y a un intérêt précis, une condamnation à emporter ou à repousser. Aussi est-ce l'éloquence judiciaire que Cicéron lui-même, par la bouche d'Antoine, proclame comme le grand effort, le triomphe suprême de Tart oratoire. Classant les genres, il la met au premier rang^; ajoutons que presque toutes les causes judiciaires étaient des causes politiques, en même temps que des causes criminelles : meurtres, empoisonnement, haute trahison, corruption de juges, brigue, violence, usurpation des droits de citoyen , etc. *. Dans les causes mêmes où l'accusation ne semble pas d'abord politique, c'est toujours, en réalité, un débat politique qui s'engage sous le prétexte d'un autre intérêt. Le procès de Roscius est un débat entre la faction de Sylla et les honnêtes gens ; celui de Cluentius se rattache également aux discordes et aux guerres civiles du temps de
^ Omnium cseterarum oratio, mibi crede, ludus est homini non hebeti, neque inexercitato, neque communium litterarum et politiorishumanitatisexperti. In causarum contentionibus magnum est quoddam opus, atque haud scio an de operibus humanis maxime. — ii, XVII, De Oratore,
• Inter sicarios, — de veneno, — perdueliionis, — de coitione, -- de arabitu, — de vi, — de civitate, — de repetundis.
Sylla. En un mot, tous ces procès sont encore des luttes de partis, des causes politiques.
Il nous faut maintenant considérer d'un point de vue général, dans Cicéron, cette double éloquence, judiciaire où politique, et en fixer les principaux traits; en faire ressortir les beautés, et aussi en indiquer les dé&uts. Mais, avant l'éloge, la critique.
Ce qu'on lui a souvent reproché, et ce que tout d'àbord nous allons examiner, c'est son excessive vanité. C'est le premier précepte donné par la rhétorique, que l'orateur ne doit que point ou peu parler de lui-même ; et que, si le besoin de la cause qu'il défend l'y oblige, il le doit faire d'une manière discrète et avec une grande modestie personnelle. Or Cicéron, si bien instruit des règles de l'art, y a souvent manqué. On peut cependant plaider en sa faveur quelques circonstances atténuantes : d'abord la nécessité où il fut souvent, pour se défendre, de faire sa propre apologie. Quintilien , passant en revue les ouvrages de Cicéron où perce sa vanité, distingue les Lettres familières j où il s^épanche librement avec ses amis, ses Dialogues, où il charge de son éloge quelqu'un des personnages qu'il met en scène, et ses Discours, où il se loue lui-même librement, directement. Mais là, il est plus occupé de louer ses actions que son éloquence : en les louant, il en partage l'honneur avec le sénat; il le fait remonter aux dieux : c'est une réponse à ses détracteurs, à ses ennemis ^
* Inslit. orat., xi, 1, xvn.
La seconde excuse que Ton peut invoquer en sa faveur est l'habitude où l'on était, dans les républiques anciennes , de ne se pas ménager Téloge , et de ne point user des précautions oratoires que nous y mettons, a On Ta blâmé surtout des éloges qu'il se donne ; on le blâmera encore : je ne l'accuse ni le justifie. Je remarquerai seulement que plus un peuple a de vanité au lieu d'orgueil, plus il met de prix à l'art important de flatter et d'être flatté; plus il cherche à se faire valoir par de petites choses, au défaut des grandes, et plus il est blessé de cette franchise altière, ou de la naïve simplicité d'une âme qui s*estime de bonne foi et ne craint pas de le dire. J'ai vu des hommes s'indigner de ce que Montesquieu avait osé dire : a Et moi aussiy a je suis peintre. » Le plus juste, aujourd'hui, même en accordant son estime, veut conserver le droit de la refuser. Chez les anciens, la liberté républicaine permettait plus d'énergie aux sentiments de franchise, au langage. Cet affaiblissement de caractère, qu'on nomme politesse, et qui craint tant d'offenser T amour-propre, c'est-à-dire la faiblesse inquiète et vaine, était alors plus inconnu. On aspirait moins à être modeste, et plus à être grand. Ah! que la faiblesse permette quelquefois à la force de se sentir elle-même, et, s'il nous est possible, consentons à avoir de grands hommes, même à ce prix ^ » ajoutons que cette vanité est souven^ légitime et même noble : c'est alors l'amour même de
* Thomas, Essai sur les éloges.
la gloire ^ Quand il s'agit de son rôle politique, moins justifiée, cette vanité est moins supportable ; elle est souvent indiscrète ; elle agace et fatigue; mais, à côté de ces saillies regrettables d'amour- propre, quelle passion du bien public! comme il part du cœur, ce cri qu'il nous fait encore entendre dans ce même discours pour Archias : « Pourquoi dissimuler un sentiment généreux qui éclate en nous malgré nous, et ne pas plutôt nous en faire honneur? Il n'est point d'homme insensible aux attraits de la louange, et les plus noble» cœurs sont les plus sensibles à la gloire... Pour moi, je l'avouerai : j'ai pour la gloire un amour trop vif peut-être, mais du moins honorable, car la plus belle récompense qui puisse dédommager la vertu des travaux et des périls, c'est la gloire et la renommée; Sans ce mobile, Romains, pourquoi, dans le cours si borné d'une vie fugitive, Thomme irait-il se consumer de mille fatigues inutiles'? »
* Certe si nihil animus prsBsentiret in posterum et si, quibus regionibus vit» spatium circumscriptum est, eisdem omnes cogitationes terminaret suas, Dec tantis se laboribus frangeret, neque tôt curis Tigiliisque urgeretur, neque toties de vita ipsa dimicaret... ego vero omnia qu» gerebam, jam tura in gerendo, spargere me ac disseminare arbitrabar in orbis terrse memoriam sempiternam. — Pro .4rckiOf n.
* Neque enim est hoc dissimulandum, quod obscurari non potest, sed prae nobis ferendum : trabimur omnes iaudis studio et optirous quisque maxime gloria ducitur... atque, jam me vobis indicabo, et de meo quodam amore gioriie, nimis acri toriasse, verumtamen bonesto, vobis contitebor. Nuliam enim virtus aliam mercedem iaborum periculonimque desiderat, prseter banc Iaudis et gloriœ : qua quidem detracta, quid est, quod in hoc tam exiguo vitœ curriculo, et tam brevi, tantis nos laboribus exerceamus?— Pro Archia, %, xi.
126 GIGÉRON.
La gloire! c'esj là, en effet, rame de toute la vie publique de Cicéron. C'est elle qui, jeune et inconnu, lui donne le courage de prendre en main la défense deRoscius contre un affranchi tout-puissant de Sylla, Chrysogonus ; d'atta» quer, dans Verres, les déprédations de Taristocratie romaine; de braver, en repoussant les lois agraires, l'impopularité ; de tout faire, pendant son consulat, pour la sûreté de Rome, pour la conservation des citoyens, pour le salut de toute la république. Rien de mieux jusque-là. Mais bientôt ce sentiment généreux s'égare: à l'amour de la gloire se mêle la vanité. Déjà même, sous son consulat, cette faiblesse se trahit, et elle n'est pas étrangère à son exil. L'exil aurait dû, ce semble, l'en corriger; mais non, à son retour, elle n'a rien perdu de sa vivacité. Obligé, pour se défendre contre ses ennemis, de rappeler les services qu'il a rendus à Rome, il triomphe d'une si belle occasion de faire son apologie. Mais le péril de la république le rendra à lui-même, à sa première audace, au courage de son âge mûr, à la véritable gloire. Contre Antoine, il se retrouve lui-même et tout entier. Au fond donc, malgré quelques écarts, c'est toujours le même et noble sentiment qui l'inspire, et Voltaire l'a bien jugé, quand il lui fait dire :
Romains 1 j'aime la gloire, et ne veux point m'en taire, Des travaux des humains c'est le noble salaire.
Il est un autre reproche qu'on lui peut adresser, au point de vue des mœurs oratoires, c'est la facilité avec laquelle
il se désintéresse, dans les causes dont il se charge : ici disant le contraire de ce qu'il a dit ailleurs; tantôt défendant ceux qu'il avait accusés, ou attaquant ceux qu'il avait défendus. Pour tous ces cas, il a, nous Ta* vous vu dans le discours pour Cluentius, une théorie toute faite* Cette théorie du reste est plus ancienne que lui; c'était celle d'Antoine; seulement Antoine était plus prévoyant : pour qu'on ne pût pas le mettre en contradiction avec lui-même, il ne faisait pas paraître les plaidoyers qu'il avait prononcés ; et bien lui en prenait. Voyez en effet avec quelle complaisance dans le De oratore^ il s'étend sur les tours de force d'avocat au moyen desquels il avait, un jour, eu le bonheur de déconcerter son adversaire le pauvre Sulpicius, et d'arracher à une juste peine un tribun séditieux qu'accusait Sulpicius. Quant à Cicéron, avec cette même aisance dont il explique ses contradictions, il justifie son empressement, ou du moins sa condescendance à défendre des gens qu'il avait atta* qués, Yatinius, par exemple; moins pardonnable quand, oubliant avec quelle indignation il a flétri les crimes de Verres, il parle, «n défendant des proconsuls, concussionnîtires, avec une légèreté cruelle des provinces ravagées.
Voici une autre critique: « Quelquefois, pour le besoin de sa cause, il tourne en risée les choses graves et oublie les convenances. Ainsi, en plaidant pour Celius, il va jusqu'à dire qu'il n'est pas étrange que son client, au milieu de cette fortune et de ce luxe, s'abandonne au
128 GIGËRON.
plaisir ; qu'il y aurait de la folie à ne pas jouir quand on le peut; des philosophes surtout, et d'illustres philosophes, plaçant le souverain bien dans la volupté.» Tel est le reproche que lui adresse Plutarque ^
Les défauts que nous venons de relever se rapportent surtout aux mœurs oratoires, c'est-à-dire au soin que doit prendre Torateur de n'inspirer pour lui aux juges que des préventions favorables, et de leur donner de son caractère une idée qui les dispose à la bienveillance. Ceux que nous allons indiquer rapidement tiennent à l'éloquence même.
Cicéron ne s'est jamais entièrement corrigé des défauts de sa jeunesse, de cette surabondance, de ces exagérations qu'il s'est reprochées lui-même dans ses premiers discours ; il ne se refuse pas non plus assez à ces développements, quelquefois un peu oiseux, qui retardent la marche du discours ; il se complaît à des digressious toujours agréables, mais non toujours nécessaires, qui, sans nous en éloigner tout à fait, nous écartent du
* Plutarque. dit M. Le Clerc, exagère un peu; et la morale de ce plaidoyer, quoique facile et indulgente, n'est pas aussi relâchée qu'il le suppose. Voici les passages qui se rapprochent le plus de l'analyse faite par l'historien : a Itaque alii voluptntis causa omnia sapientes facere dixerunt ; neque ab hac orationis turpitudine eruditi horaines refugerunt.... Multa enim nobis blandimenta natura ipsa genuit, qui-
bus sopita virtus conniveret Quamobrem si quem forte invene-
ritis, qui aspernetui* oculis pulchritudinem rerum ... Iluic homini ego fortasse, et pauci, Deos propitios, plerique autem iratos putabunt. Ergo... detur aliquid setati; sit adolescentia liberior; non omnia voluptatibus denegentur, etc. » — Pro Cœlio, xm, xyiii.
véritable sujet. Ces plaisanteriiBs même, où il excelle, il n'en est pas toujours assez sobre, et dans ses invectives il se laisse aller à une liberté que,. même dans les franchises qu'on est convenu de lui accorder, la langue latine peut difficilement admettre. Enfin, cette philosophie qu'il réclame comme Tindispensable auxiliaire de l'éloquence, Ta-l-il toujours discrètement placée dans ses ouvrages? n'est-elle pas trop souvent le prétexte de ces morceaux à effet qu'il tenait en réserve pour les grandesoccasions.Si,de la composition elle-même, nous passons à l'élocution, ne désirerait-on pas qu'il eût un peu moins sacrifié à l'harmonie de la phrase, à l'éclat des mots et des figures, à la chute de la période; en un mot, que, plus sévère qu'il ne Ta été pour la facilité de son esprit, il se fût, par plus de simplicité, de précision, d'oubli de lui-même, davantage rapproché de Démosthène? mais que de beautés, et quelles beautés rachètent et couvrent de leur splendeur ces rares défauts I Aussi, malgré ces taches, Cicéron est resté, et à juste titre, le modèle de l'éloquence romaine.
En dehors des dons de la nature, à quelles causes particulières a-t-il dû celte prééminence? il nous les fait lui-même connaître. La première, c'est cette science du droit qu'avant lui Grassus seul avait possédée, et que lui, il connaissait à merveille. Â chaque page, ses discours en témoignent ; mais on en peut voir^ un exemple remarquable dans la manière dont il explique l'inler-
* Fragments du pro M, TuUio.
dit unde vi^ et le sens de dolus malus, a Dans le discours pour A. Cécina, dit-il lui-même, toute la difficulté roulait sur les termes d'une sentence provisionnelle. Je m'attachai à éclaircir par des distinctions plusieurs choses qui étaient embrouillées ; je fixai le sens des mots équivoques; je fis sentir l'importance du droit civil*. J'en fis un magnifique éloge : Méconnaître l'autorité du droit civil, c'est renverser à la fois les fondements dé la justice et de la société... Il faut donc absolument vous mettre dans l'esprit que rien dans l'État ne mérite d'être plus soigneusement conservé que le droit civil *.» 11 veut que, dans Tinterprétation d'une question, on s'attache à l'esprit, et non à la lettre de la loi ^. On admirera toujours les qualités d'esprit que Cicéron déploie dans ces arides questions, si on ne l'y suit pas constamment avec intérêt, et si on peut dire avec Aper : « Quis de exceptione et formula perpetietur illa immensa volumina quae proM. Tullio aut A.Csecina legimus *. »
La seconde cause de sa supériorité, c'est la connaissance de la philosophie, qu'il estime si nécessaire, si utile à l'orateur. En quel sens faut-il l'entendre? Au sens large et particulier toutefois de la morale, de l'ex-
* Tota mihi causa pro Csecina de verbis ititerdicti fuit ; res involu<' tas deiiniendo explicavimus ; jus civile laudavimus; verba ambigus distiiiximus. — Orator,, xxix.