LA JEUNESSE DE DES CHAMPS
s'ouvre alors pour notre poète. Nous avons ses notes de voyage pendant cette odyssée à travers l'Europe occidentale ; il les a jetées au hasard de la rencontre, dans un rondeau, dans une ballade. Ce n'est pas chose toujours facile d'arriver jusqu'aux princes ; il faut courir après eux, solliciter une audience, revenir à la charge. Les mois s'écoulent, et la bourse est à sec:
Vous, ambasseur et messagier,
Qai alez par le monde es courts
Des grans princes pour besongner^
Vostre Toyaige u*est pas courts {e<mrt).
Car on quiert tant de divers tours, [aeeordée).
Depuis que vous serez ois (une fois la 4^ audience
Il faut que vostre fait (votre meesage) soit mis
Au conseil, pour répondre à plein ;
Attendez encor, mes amis l
Tous jours arez d'huy à demain ^ . . .
Tems passe, et tout vient à rebours :
Argent faut hors de son pals '.
Ces ennuis ne sont rien en comparaison des courses en pays sauvages, Moravie, Lusace, Hongrie, Bohème. La pluie, le froid, les routes défoncées ^, sont les moindres misères du voyage. Le cheval est las, etreftise d'avancer:
* • Vous aurez certainement réponse aujourd'hui on demain >. ' Ma»,, 364, col. 3.
' Envoiez-moi par tout paîs, s'écrie-t-il, Sauf par le pals d'Alepaigne. • . (Man.^ 354, col. 3).