‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 11 sur 77 · DB8 C · texte numérisé non relu

DB8 C

66 ÉTUQ9 @UR BUSTACHq PUS CHAMPS

Par nm foi, 9e« e)ie?»a)8 («mu ckêvêl) 9e Uoe [ht te).

Et ne vuet plas aler à piet ;

Cent fois le jouv chope et puis chiet,

De }aissier aux champs me inenace,

Trop (iris) souvent des genouls s'assiet :

Par ma fait mes chevauls se }ace,

Et dit que les nois {la neige) et la glace

h\n.\ destrait ; mais s'il lui meschiet,

Dire puet ))iefi cil qui sus siet ;

Par ma fbi, mes chevauls se lace *.

Eucûre si le yoyageur trouvait, pour se refaire, une bonne table et le feu pétillant de Tâtre ! Mais les hôtelleries de Bohême, mais la cuisine allemandCj fl I

Poisson salé, char (eÂéir) de père enfumée.

Piteux brouet aras (vouê aurei) douse en un plat, Bsestuves (à la ouisimê) sans chambre à cheminée, Cervoise et pain ; là orres (fMUê eniendres) grant desbat. . . Et là sere2 servis à l'ordonnance De voatre hoste, non pas k vo (^otre) plaisance, Mais de tels mes (mêtê) comme il plaira à lui : Faire autrement n'est pas en vo puissance.

Mal fait mangier à Tappétit d^autrui I '

Bt quels lits ) des draps sales, puants, et qu'il faut partager à d^ux ou trois I ' Dieu vous garde de la Bohême I

Poivre noir, chouls pourris, poireauls,

* Man , 358, col. 3.

' Man., 358, col. 2.

Chascuns ne gist mie à pav soi,

Mais deux et deux en chambre obsoure,

Ou le plus souvent trois et trois

Bn un seul lit, à Taventure. . . (JftM., 3M, ool. 3).

LA JBUNKSSB DB DBS CHAMPS

Ch«r enfumée, noire «t dore, Boire cervoiee amère et seure»

Mal oouchier, noir paille et ordure, Poulz, pucea, puour et pourceaala, Est de Béhalgne {Bohême) la nature '.

Quelles gens encore que les < couratiers de chevaux ' » , c.es mattres de poste du temps, et les mariniers, ces coquins de la pire espèce, qui complotent contre la bourse ou la sûreté du voyageur ! Il n'y a pas d'engeance au monde que des Champs exècre davantage, si ce n'est celle des médecins^ quand il sera malade '.

Ne lui parlez pas davantage du voyage de Lombardie. Sans doute

U fait bien bon demeurer

En donle chaatel de Payie ^ . . .

L'hospitalité des grands y est magnifique ; dames et princesses, chevaliers et seigneurs y forment une cour choisie ; le luxe des fêtes, la richesse de la vaisselle d'or et d'argent, les parures rehausséesd'or et de pierreries éblouissent les yeux. Mais pour gagner ces nobles cités, Pavie ou Milan, il faut franchir les monts.

* ifMi., m^ coL 1.

' Tarb. , I, 189.

* lf«ii., 990.

* Tarb.» I, tl9.

chevaucher cinq ou six jours dans la neige, au sein de gorges affreuses , avec des rochers menaçants sur sa tête, et Tabîme à ses pieds. Bien fol est qui s'aventure, sans un pressant besoin, au-delà des Alpes ! Où sont ces bonnes villes de P>ance, où l'hospitalité est si large et si courtoise, Paris ou Rouen, Reims ou Amiens, Arras ou Senlis ! * le doux pays que la France ! qu'il y fait bon vivre ! L'étranger y trouve toutes les aises du foyer domestique.

Quelle exacte police et comme on sent, dans toutes les parties du royaume, la main vigilante et ferme d'un roi justicier ! Il ne peut revoir ce beau pays sans lui envoyer un salut d'amitié et de gratitude ! ^

D'ailleurs il ne lui déplaît pas de courir le monde. Ce n'est pas dans les livres qu'on apprend à connaître les hommes. Il faut quitter « l'hôtel » (le logis), pour acquérir cet utile complément d'instruction que le séjour à l'étranger procure à tout esprit bien fait :

* Uan., 240.

* O douls pais, terre tiès-bonourable, Où cliascuns a ce qu'il vuet demander Pour son argent, et à prix raisonnable ! . . . Chambre u par soi, feu, dormir, reposer.

Lits, oreillers^ blans draps, flairans la graine i .

(Tare., T, 194).

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