MINORITÉ DE CHARLES YI
la gravité de l'attentat, les excès de la populace, le concert criminel qui avait semblé unir et confondre la cause des communes flamandes et celle de Paris et des bonnes villes, justifiaient assez, pour des Champs, la rigueur des supplices.
A ses yeux, comme aux yeux de tous les hommes de son temps , le droit des rois sur les sujets est absolu, imprescriptible. Les princes peuvent abuser de leur autorité, les sujets doivent la subir, même capricieuse et injuste. La tyrannie est un grand mal, car elle provoque nécessairement le soulèvement des peuples; mais la rébellion n'en est pas moins odieuse *. Le chef peut faire soufifrir les membres, jamais les membres ne doivent se révolter contre le chef. Demander au ciel la sagesse pour les rois, présenter à ceux-ci d'humbles remontrances, voilà le droit des peuples. Mais intervenir dans le gouvernement, comme l'avait osé faire Etienne Marcel, ce n*est pas seulement introduire la guerre civile dans l'Etat, c'est attenter à Tautorité divine, dont le pouvoir royal est une émanation.
* Crap., 104.
* Man^, 129.
' Ma»., là.