CHAPITRE IX
SECONDE ET TROISIÈME CAMPAONB DE FLANDRES, — EXPÉDITION DE QUELDRES. — LA GUERRE JUQÉE PAR DES CHAMPS.
Jamais n'y serai repris '.
fredonnait gaiement le poète au retour de Rosebeoque, dans un joli rondeau, son adieu à la Flandre. Il se trompait. Un an ne s'était pas écoulé que l'armée royale reprenait le chemin de la frontière. Cette fois on était au printemps*, et des Champs put entonner sans trop de peine le refrain de son bon capitaine * :
* GrAP., 84.
* Il n'aime pas les campagnes d'hiver :
Qui s'arme lors, il en devient gouteax, Car mauvais fait chevauchier sur la glace ; Si Jambes vont, il deviendra boiteux :
Ezcnaez-vous, par le conseil d'Eustace. {Man., 224).
GAyPAaNES DE FLANDRES 423
Aux champs, aux champs! issez {sorte») de vos Véez-ci Avril, et la douce saison [maisons • . .
gue l'on se doit ordener pour la guerre. . • e tems est douls pour doimir en la plaine ; L erbette vient pour chevauls soutenir (noMrrtV) . # .
U fallait empêcher les Anglais de donner la main aux communes flamandes et de se cantonner dans les places conquises. Des Champs assista à l'un de ces grands déploiements de forces qui, sous Charles VI, aboutirent à de si minces résultats. Mandement avait été lancé \ % enjoignant à tous les vassaux en état de porter les armes, de prendre part à l'expédition , sous peine de voir tomber le fief en rachat. » On fut obligé^ après une sorte de revue, de renvoyer les trois quarts de^ hommes incapables de servir. Lt'armée traînait après elle un immense attirail de sièges, arbalétriers, mineurs, engins de toutes sortes. Les capitaines anglais n'attendirent pas l'attaque ; l'armée française occupa presque sans coup férir Bergues et Grav^lines ; l'ennemi avait décampé. U se laissa pourtant investir à Bour* bourg. La garnison anglaise manquait de vivres : on le, sayait ; un seul assaut pouvait terminer la campagne. Mais le duc de Breta-
* Bel. de S.'Denis, IV.
gne, cousin du roi d'Angleterre, intervint pour obtenir aux Anglais une capitulation honorable; il fut soutenu par le duc de Berri, qui redoutait un triomphe trop complet de son frère, le duc de Bourgogne : le roi leva le siège, malgré l'avis de tous les gens de guerre ^ . Les prélats du Conseil s'en étaient mêlés, et avaient parlé d'accommodement. Des Champs exhala sa mauvaise humeur. Que viennent faire à la guerre les hommes de robe, les < gens de fourrée pelisse • ? » à chacun sa besogne et son état ! les propositions de paix ne sont qu'un leurre ! — On le vit bien. Une trêve fut conclue du mois de janvier 1384 an mois d'octobre de l'année suivante : avant l'expiration de la trêve, les Anglais débarquaient à l'Ecluse, et, dès le mois de juillet, les Gantois reprenaient la place de Dam .
Une immense armée, sous la conduite du roi, vint y assiéger une poignée d'hommes.
La ville avait pour se défendre de bonnes murailles, des fossés larges et profonds, et le vaillant lieutenant d'Arteveldt, François Ackermann . Le comte de Flandre reçut le roi dans
' Bel. de S.-Den., IV, 4.
' Crap.. 43.