‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 27 sur 77 · CAMPAGNES DR FLANDRES · texte numérisé non relu

CAMPAGNES DR FLANDRES

son château de Mâle ; les principaux seigneurs s'étaient dispersés dans les petites villes du voisinage ; le reste de Tarmée s'en tira comme il put. Des Champs ne dort que d'un œil, ouvrant l'autre aux maraudeurs *. On crie à chaque instant : alarme ! au feu ! au larron ! Après une chaleur accablante, des pluies torrentielles étaient survenues, et, quand il pleut, en cet abominable pays, on ne trouve rien, ni pain, ni fourrage, ni œufs, ni volaille*. Des Champs maudit son étoile. C'est un désordre, une confiision, une malpropreté repoussante ; ce sont les sept plaies d'Egypte. A l'en croire, il y a pris c Torde maladie » (la gale). Qu'on les extermine, ces Flamands! qu'on n'en laisse pas un seul debout ! Cependant le blocus se prolongeait, les assiégés tentaient d'heureuses sorties. Des Champs s'impatiente. Que font Brun l'Ours et Grimbert le Blaireau, Isangrin le Loup^ et tous ces

' Man., 206.

* Mauvais y fait longuement séjourner. . . .

Et quant il pluet, on ne sait où tourner;

Pain, vin ne vient. . .

En fourraige a (il y a) pou de foin et de vesce ;

Œufs faillent, let {lait), canes, coqs et gelines.

{Tarb.,I, 76).

126 ÉTUDB SUR BUSTACHE DES CHAMPS

valeureux champions * f Qu'ils aillent fôrcef Renard dans Maupertuis ! ou, si c'est là un effort supérieur à leur vaillance, pourquoi sont-ils si nombreux ?

L'exploit n'est pas à grant quantité eatre.

Dam finit par se rendre : tout fut égorgé et mis à sac.

Après les dégoûts et les fatigues de la campagne, la fortune ménagea quelques compensations à des Champs. Il visita Bruxelles, ville de plaisir et de luxe, et dut s'y trouver bien, car il s'en éloigne à regret*. Il fut surtout l'objet de l'accueil le plus flatteur au château de Nieppe, près de Gassel. Aurait-il éprouvé, pour une des gracieuses hôtesses qu'il y rencontra % d'autres sentiments que ceux de la

* Car Bruns, li ours, atout (avee) sa grant bannière , Tybert le ohat. et Grimbert le tesson.

Et Isangrin, qui sist (se poste) sur la bruyère, Ne firent rien, fors véoir lo dongon.

(Tare., I, 77).

* Adieu, beauté, liesse, tous déliz.

Chanter, danser, et tous esbatemens !

Ccut mille fois à vous me rocommans, Bruxelle, adieu!... (Tare,, I, 78).

Le domaine de Kicppe, avec la seigneurie de Cassel, appartenait alors à Yolande de Flandres, mère de Robert I**", duc de Bar, un des maîtres de des Champs. Dans une autre pièce (▼. Tarb., II, p. 159), des Champs nomme les dames qu*il a rencontrées au chftteau de Nieppe autour de Jeanne de Bar, fille de

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