‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 28 sur 77 · CAMPAGNES DE FLANDRES · texte numérisé non relu

CAMPAGNES DE FLANDRES

gratitude? est-ce pour Tune de ces nobles dames qu'il écrivit alors la déclaration si discrète et si respectueuse que voici ?

D'où puet venir à deux cuers, en une heure, Qui ne se virent onqaes que un seul jour, [mênte)y D'eux entre aimer, et que châseuna labeure (se toW' Secrètement, ei est férus d'amour Tant que l'un d Wz ne set voie ne tour {Jusqu'à ce que

[l*un à'eua trouve Moyé») Comment il puist {puisse) son amour descouvrir Qui l'a fiché (attacha) en Tautre sans retour? Ainsi m'en va ; dont maintes fois souspir, . . *

La plus déraisonnable de ces entreprises folles auxquelles des Champs se trouva mêlé fut celle que Charles VI dirigea en 1388 contre le duc de Gueldres. Nos provinces payèrent encore une fois les frais de cette chevauchée . Un pays déjà pauvre se vit ruiné par la marche d'une immense armée. Le roi n'avait pas moins de deux cents chevaux pour lui et sa suite. Des Champs fait à ce propos de judicieuses réflexions. A quoi bon pareille escorte, qui donne prétexte aux rivalités, à l'indiscipline des écuyers et des « varlets ? » Quel besoin pour un seul homme

Robert. Cette princesse, fort jeune encore, était le sixième enfant du duc de Bar (v. Tarb., I, 137) et de Marie de France, fille de Jean le Bon.

' Mon., 163.

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de tant de montures? Il n'en a qu*une à la fois :

Homme ne Toi chevaachler qu^an cheval *.

Des Champs recueillait chemin faisant et notait au passage les mots tombés de la bouche des paysans * ; ils montrent bien Tefifet d'épouvante et de haine produit par la marche d'une armée féodale. — Quels sont ces gens d'armes qui passent ? — Ce sont les gens de Rabat-joie (ce sobriquet désigne le roi de France). — Et où vont-ils ? — Dans le pays de Gueldres. —

* Que vaut avoir cent ou deax cents chevauls Derrier son dos et en sa oompaignie,

Les gens aussi? Ce ne sont que travauls.

Pompe et orgueil qui abrègent la vie,

Crueux despens ; riote (ditputet) de maisgnie {gens de tervie$)

Destruit autrui et amont et aval ;

Régnent entre euls avarice et envie :

Homme ne voi chevauchier qu'un cheval. [Man.^ 43, c. 2).

* Tout metent le monde en esmai [émoi) ; Tasse n'est, bourse ne courroie

Qu'ils (Jet ioudarde) ne visitent, bien le sai ;

Cheval, poulain, ne Jument n'ai. . .

Ne drap, linge où Ton puist gésir («e eoucku) . . .

Et si, l'un m a voulu férir. . .

Quel part {de quel câté) vont-ils? qui les convoie [mènê)'f

Qui sontr-ils? — Je te le dirai;

C'est des gens au Roi Rabat- Joie ;

Autrement ne les nommeray ;

n vont en Ghierles {Gueldru) • . .

Voi chascun jour prendre et cueillir.

Sans paier, pots, pelles tolir {enUwr) ;

Fourraige desrober (toler, pour eux, c'est fourrager] appelent ;

Devant lear ost font tout fuir. . . {Mon., IlO, col. 4).

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