‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 41 sur 77 · SCHISME · texte numérisé non relu

SCHISME

Si des Champs maltraite les financiers, il n'épargne pas davantage les gens d'église. Il leur reproche leur orgueil, leur cupidité, leur ambition. Il voudrait ramener le clergé à la pureté de son institution primitive et aux obli«gâtions de son état. Cherchez le prieur dans son monastère, le chanoine dans sa collégiale ou sa prébende, Tévéque dans son diocèse :

vous les trouverez à la cour des princes, où ils disputent aux laïques les offices mondains* et les grandes charges administratives. Regardez-les, ces hauts dignitaires ecclésiastiques, au milieu de c la tourbe » des chevaux et des écuyers, avec leurs manteau?: fourrés

* JfM., S20.

Idl l^TUDK SUR BtiStACHS DÉS CliAlCt>b

d'hermine, « montrant leur roue » (se pavanant), c faisant leurs moues et leurs fronces^ » (plissant la lèvre, fronçant le sourcil). Voilà un spectacle que des Champs ne supporte pas, dont il a « mal à la tète >. Officiers des princes, qui font d'eux leurs chanceliers, leurs ministres, les présidents de leurs chambres des comptes, les prélats, outre les bénéfices accumulés entre leurs mains, touchent des gages énormes,

. . . cent et quatre vingt mille (francs), Pour euls croupir en une ville :

Ainsis est l'argent despendu.

Par ma foi, c'est argent perdu !

Pendant ce temps, un vicaire les supplée, et Dieu sait comment, en leur absence, le troupeau est gardé !

Et par la coulpe des pasteurs,

Sont les ouailles en péril

D'aler à perte et à essil (ruine) ^

Pour ce qu'eles n'ont point de garde . . . '

La richesse a produit son effet ordinaire, le relâchement dans les mœurs. Parfois, le scan-

• Mir.deifar., Rub, 48.

' Mir. de Mar, (M an., 525.) Les plaintes de Clémeogis sur les mœurs du clergé (De Corr. Eccl. Sutu^ pass.), prouvent

2ue des Champs n Viagère pas. V. sur le grtnd sckism* I. ÎMMOMT, U Sot, em Frûncê, Ch. XVI.

SATIRKS CONTRE LBS GENS D'ÉGLISE 193

dale s'afiQche ; les fidèles s*étonnent, se moquent,

Bt diént : Veez (toyez) nostre cuié,

Nostre prélat et nostre abbé,

Qui nous lont Jeûner les vigilles :

Ils manguCnt \manffent) ; ils ont les filles. . .

Us ont tuit 11 péchiés mondains.

Pas ne fai mal, si je vueil faire

Autel {pareillement) comme mon curé fait *•

Qui réprimera ces excès ? Les clercs ne sont pas justiciables des tribunaux laïques. Or, les juges d'église ont la conscience large : leur premier intérêt est de ménager les coupables. Ils font une lucrative concurrence à la justice royale. Certains cas leur reviennent de droit, sans compter ceux qu'ils évoquent abusivement.

Ceuls qui jurent Tilainement, Femmes qui brisent sacrement De leur lit ou leur mariage *,

larrons, blasphémateurs, adultères, sont sûn

/ Mît. de Mar. (Man.. 524.)

* Ib, Voici la suite du passage :

Bt bommes de félon courage Qui emble («0/0}, tue on qui meurtrit (êiSMiim) Clers se fait sans savoir escript («avot> lire). On le requiert [pourzuit): il est reudns [99 déclaré wu^ine). Où [alort que) il n'est clers fors que tondns. • . '

(ifaii., 5S3, e. S).

Dks C. 13

194 ÉTUDB SXm BUSTAGHB DBS CHAMPS

de trouver auprès d'eux indulgence et miséricorde :

Car ce sont pitéable gent *.

Un point sans plus est nécessaire, l'argent.

Un homme a pillé, assassiné ; on le poursuit : il se déclare « rendu » (moine), n'eût-il de clerc que la tonsure ; son appel est toujours entendu ; les juges ecclésiastiques

Chargé de aes grief faix le preqnent ;

SMl a argent, ne le condempnent. . .

Car dès Te jour qa'on est en fosse (ênfritûn).

Composition se fait grosse»

Selon le cas et la personne.

Tout Yéa, sentence se donne

En la fin qu'on n*a rien trouvd,

Ne contre le meurdreur (meurtrier) prouTé.

Après le scandale de la procédure, on a celui de l'acquittement.

Âiosis est absous le larron ,

Bt ne lui faut autre pardon (ju4tifioatiQn)t

Et si (pourtant) est le fait tout notoire.

Lors ne sont plus en inventoire (sous uçu€itr$)

Ses biens ; on lui [le) délivre à plein ;

On lève de son corps la main.

Et s'en va du fait non pugnis.

Vrai coupable absous* Trop honnis

geroit un Juge séculer (t^culnr).

S'il vouloit ce chemin aler '.

' Mûm,t 971.

' Mm.,m(Mfi^d$Mar.).

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