‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 53 sur 77 · V. aussi Tarb., II · texte numérisé non relu

V. aussi Tarb., II

Vingt ans a {il y a) que je ne cessai De vices blâmer et d'escrire Les vertus ; mais je m'en tairai.

Car toujours devient chascuns pire. . .

* V. la belle et sombre pièce citée par Tarb^, t. II, 130. Le royaume est censé se plaindre à son roi : bien des traits s'ap-

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Ids préTarications des poissants S âe préobw l'amour de Dieu aux hommes d'SgUse^ la justice aux princes', la charité à tous'. Il consulte l'histoire, et la trouve pleine d'effrayantes leçons ; les vices qui dévorent son temps ont amené jadis la chute des plus grands empires^.

pliqueraieat encore mieux à la situation lamentable do rot loi* mdme :

J'ai perdu mon entendement. . .

Je n'ai nul bon gouTernement *.

Vieuls 8ui ; convoitise s'advance (prospère);

Chascuns mon avoir happe et prent. • •

Toute miaère me gouveroe. . . etc. . .

' Mais aujourd'hui, qui vuet bien regarder

Ceuls que prince lève haut et advance, Bq plosleors lieux ceux {emm-là) verres regtber (ra-

[gimier) Contre son droit, faire grant deaplaisaaoe A ses sujets.. .

S' (<f) un justicier en parle, trop lui nuit ; Lors perd prince son domaine, qui fuit {t*ûbstient de

[remplir) Per son défaut (m /hute) son souverain ofSee^ Quant ne soustient ce qui son droit conduit {garantit

[i^ pouvoir) :

Durer ne puet royaume sans justice.

{Mon., W).

* Mon., 107.

* Mm., 294.

* Tous les règnes (royaumes) qui n'ont craint et douté Le créateur du ciel et de la terre,

Btqui se sont par ragueil aheurté (ubamiounés)

A leur vouloir (asjMHef), sans s'tf de (ses aûb) requerre

Et n'ont voulu raiaon. justice querre,

Sont translatés (liwét à é'miru) et à perdition.

Savoir lepuet qui en vourra (voudra) enquerre :

Téaseitt 1Voi«, Thèbes» Rome, Ition.

(Mm., m.

U ouvre rEoriture Sainte ; lacondfi mnatiou n'y figt pas mom9 formelle. Il croit voir apparaître autour de lui les signes précurseurs qui, d'après J'Apocalypsej procéderont la venue de TAute^ obristS £t tous en effet, Papes, Rois et Empereurs, ne fontrils pas les derniers efforts poup amener son règne '? Voici venir le septième 6ge, l'ftge maudit. Déjà la guerre est déchaînée en tous lieux^ ; dans vingt ^ns, nn pqu p^us, un p$n moins^ la monarcl^ie sera « muée »

(passera en d'autres mains), Pepuis le déluge et depuis les prophètes, jamais lie mqi^de ne £Ut W prèsi de sa an- On diriût un autre Jérémiei Assis m seuil du siècle, et lui défendant de passer plus avant^. D'obscures et lugubres

^ Mon,, m.

9 if49., 30».

* Il disait, quelques années auparavant :

. . .Nous sommes assez près de la bonde (borne) ^ Si PEscripture et Jésus Christ ne ment.

Car nous véona partout à la réonde {rondi^ Cruerre esmouvoir , que (ftne) cité Tautre afibnde

[détruit).

Lune et souleil avoir divers signauli.

Terre mouvoir jasques aux infernaulx» Gent contre gent faire guerre et tenir, Et Rois enfans es règnes principaulz ; Par ce devroit tos| ce siècle ienir {finir),

(Man., m, col. l).

* Depuis que le dâuge fu (fut)^ Bt que les cinq cités fondirent

Pour leurs péoïkiés par ardent fu {feu).

Que Loth et sa femme en issirent,

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visions obsèdent la pensée du poète. U voit en songe un corps admirable; une voix s'en échappe, qui crie avec l'accent de la douleur : € Donnez-moi une tête ! > Alors apparaît une vieille femme, dont le front porte cette inscription : Je suis la Lâcheté. C'est moi qui égare les pervers, et qui ai mis à mal celui-ci » Pendant qu'il cherche à pénétrer le sens de cette apparition, une dame s'est avancée, à la physionomie aimable et sereine, c'est la Raison. Nature, Vertu, Honneur s'approchent tour à tour, et remettent ce corps sur pied, en lui ordonnant d'être vaillant et brave. Le corps mutilé, c'est la France qui pleure et redemande son roi ' .

Plaignons ces tourments d'un cœur sincère, ces angoisses d'un honnête honmie qui voit son pays descendre lentement vers l'abîme. La

Ne puis que les Prophètes dirent Les mauls dont li mont {monde) seroit pleins Près de la fin, li noms Dieu vains Et sa loi escandalisée {pervertie).

Ne fut li termes si proachains D'estre monarchie muée. . .

Tout est à présent corrompu ; Tous estas mal faire désirent. . • Dont {voUà pourquoi) la parole est avoirée (virifiét), Dedans vingt ans, po (un peu) pins, po moins, D'estre monarchie (çue la monarchie eera) muée . . .

{Man., 257, col. 3).

* Man., 463, sq. q.

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