‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 55 sur 77 · LE MIROIR DU MARIAGE · texte numérisé non relu

LE MIROIR DU MARIAGE

discordants, mêmes procédés de style, discours/ sans fin, digressions perpétuelles, descriptions abusives*, comparaisons prolongées hors de toute mesure *. Jean de Meung a fourni à des Champs la meilleure part de son érudition^ Héros malheureux ou coupables, amantes délaissées ou infidèles, Hercule et Déjanire ^, Dalila et Samson*, Jason et Médée*, Néron et Agrippine®, Lucrèce'' et Virginie*, Didon, Phihs, Jézabel et Thaïs®, il n'est pas un des noms destinés par notre poëte à grossir la liste des infortunes conjugales, qui ne lui vienne en droite ligne de Jean de Meung. Des Champs lui prend sa morale, sa philosophie, ses vues sur la nature humaine, ses lieux comnluns, tout, jusqu'à ses diatribes contre les usuriers, les riches insatiables *®, les avocats et les médecins. Enfin les autorités invoquées par Jean ' de Meung, prophètes, pères de l'Eglise, philo-

' V. Man, , 487.

* Man., 488.

' Jftr. de Mar., Rub., 29.

* Ib. Rdb. 28.

" R. de la Soêe,eà' Franc. Michel, t. II, 81.

* Ib. I, 206.

^ Ib. I, 287.

* Ib, I, 1S7.

* Mit. de if., Rub. 30.

** R, de la Rae, I, 169, 170; cf. db8 Champs, pass.

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sophes, historiens et poètes, fi^reût aussi dans les vers de des Champs, avec cette différence que le premier est assez versé dans la connaissance dos lettres anciennes, et que le second reproduit de confiance et sans examen les indications de son devancier • . Il lui arrive même parfois de prendre assez plaisamment un nom d'ouvrage pour un nom d'homme*.

^ Jean de Mevng précise ; telle opinion sur les dangers de Tamour est empruntAB au 4$ BeiueiuU de Cieéron (M. éô ta J^. I, ISO): les OforgifUêi de Virgile lui ont fourni son tableau de Tâge d or» et il a Uré des Mitamorph09es d^Ovide celui des Igis qui suivent (/»., II, tQ8)s ouvres le VI* livre de VSnéidi, vmif y trouvères établi

Par l'autorité de Sebyle [la Sibylle]

Que nus (nm() <fai vive ebastement

Ne puet venir k dampnement. . . {Ib.^ I, W).

Aillsm» s*exeusant de certaines libertés de langage Justifiées ar la nature de son sujet, il se couvre de Tautorité de SàlluÀté

i»., II. m).

* Bn voici un exemple. Jean de Salisbury mentionne quelque part {Polj/eratieuiy VIII, 11) nn certain traité du Mariage atfartbué à Tbéopbraste, et qu'il appelle le • Livre d'or * du philosophe, « aureolus Tbeophrasti liber de Nuptils, in quo qunrit an ▼ir sapiens ducat uxorem >. Ce livre concluait, parait-il, contre le mariage. Jean de Meung reproduit exactement le nom de Fauteur et les conclusions de Touvrage. -~ Ha ! soupire le mari Jaloux»

Hal se (ii) Tbéofrates créuaae,

Jà (jamais) famé espouséé n'eusse;

Il ne tient pas home pour sage

Qui famé prent par mariage. . . .

Car il dit, et pour voir («rat) Taiiohê (oIItsm)

En son noble livre auréole (d'or) . . «

(R. de la £otê, éd. Franc. Michel, t. I, p. 284).

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