‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 62 sur 77 · LE MIROIR DU MARIAOB · texte numérisé non relu

LE MIROIR DU MARIAOB

Il est impossible de n'être pas frappé de la ressemblance qui éclate ici entre des Champs; d^une part, et de l'autre Boccace et Tauteur du Livre des Quinze Joies : nous avons affaire au même personnage ; ce sont parfois les mêmes détails de style. La rencontre est-elle fortuite? les trois écrivains ne se seraient-ils pas inspirés d'un original aujourd'hui perdu ? Nous serions tenté de le croire. Ce ne serait pas sans doute l'unique emprunt fait par Boccace à des fabliaux dont la trace a disparu. Quoi qu'il en soit, des Champs (et ce n'est pas pour lui un médiocte honneût') supporte la comparaison avec le conteur italleii et le conteur français ; et l'on entrevoit môme dans le personnage dé là belle-mère, telle que nous l'offre le Miroir du Mariage, cette morgue hautaine, cette pruderie farouche, cette intrépide confiance en là vertu de sa race, et ce profond mépris pour la roture, qui feront un jour la meilleure part du caractère de Mme de Sotenville .

Ces quatre personnages» mari débonnaire, épouse infidèle, chambrière impudente, belle- ^ mère acariâtre, semblent désormais tout prêts \ pour la scène. Nous retrouvons ailleurs cette » veine comique que nous révèle le Miroir du Mariage.

S80 ÉTUDB SUR BUSTAGHB DES CHAMPS

Hélas ! Géta, qm paes-tn estre ?

Es (es-tu) homs ? Dennil, qusnt pas n'as d'estre ;

Car vrai est, si tu homs esfcoies,

Autre que Géta ne seroies. . .

G^ta ne (ji ne) sui pas, certes non ,

Combien que Géta m'appelle-on ;

Mais puisque je ne le sui mie.

Moi ainsi nommer est folie.

Géta m'appeloit-on devant (jtuçuictj ;

Quel nom arai (aurai-je) d'or en ayant ?

Je n'arai point de nom pour voir (vrat),

Car noient (néants rien) ne doit nom avoir.

Néant sui I si (pourtant)^ parle ma bouche !

Des ieuls voi I de la main me touche ^ I . . .

Cette traduction ne pouvait être pour des Champs qu'un amusement de lettré, un souvenir de ses années d'étude. Le < Beau dict des quatre Offices de l'hostel du Roi, c'est assavoir Panneterie, Eschançonnerie, Cuisine et Sausserie, à jouer par personnaiges », présente au contraire un caractère original, et doit se ranger parmi les plus anciens monuments conservés de notre scène comique.

Le sujet est une dispute de préséance entre les différents services de la table du roi. Chacun vante ses mérites, et s'évertue à déprécier ceux de ses adversaires. C'est un assaut de quolibets, d'injures, de bouffonneries passable-

* La comédie de Plaute est devenue, sous la plume de Vital de Blois, le Livre de Géta et de Birria^ les valets ont dépossédé le maître.

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