‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 66 sur 77 · LA BALLADE AVANT DBS CHAMPS · texte numérisé non relu

LA BALLADE AVANT DBS CHAMPS

Le hoitain se décompose ainsi en deux quatrains que terminent alternativement le premier et le dernier vers de la ritournelle. C'est là, ce semble, le type de ce petit poème naïf qui reçut au xvi* siècle, le nom de Viilanelle.

Des Champs s'occupe surtout de la Ballade ; il en énumère avec soin toutes les variétés ; il indique les règles de l'envoi et de la « rubri- « que (refrain) », le nombre de vers qui forment le couplet, le nombre de pieds dont chaque vers se compose. Il recommande une attention pai-ticulière dans le choix des rimes : c'est la rime qui fait la beauté d'un couplet ; la rime, selon qu'elle est * léonine (riche) » ou < consonnante (suffisante) » , donne à la Ballade sa qualification propre. Le chef d'œuvre, aux yeux des connaisseurs, c'est la BaUade « équi- » voque et rétrograde ' » , où la dernière syllabe de chaque vers forme le premier mot du vers suivant; le même son, en se reproduisant, amène un sens différent ; < et ce sont,

' Voici Texemple qu*en donne des Champs lui-m6me :

Lasse, lasse I maleurease et dolente, Lente me yoj, fors de souspirs et plains {plaintes) ; Plains sont mes jours d'ennui et de tourmente ; Mente qui vuet, etc . . .

An zvi® siècle, les Molinet, les Meschinot, les Guill. Crétin renchériront encore sur ces puérilités.

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ajoute naïvement l'auteur, les plus fors balades qui ^e puissent faire. »

Des Champs n'a pas écrit moins de 1774 ballades. C'est la forme poétique qu'il préfère : il contribua à la mettre en honneur. Mais ni lui, ni Froissarty qui a composé dans sa jeunesse toute une suite de ballades amoureuses, ne sont les inventeurs du genre ; Guillaume de Machaut s'y exerçait bien avant eux; et il demeura entendu, depuis cet autre Ovide, c ce vray maistre d'amours » , que la Ballade servirait à exprimer les épreuves et les tourments d'un cœur épris. C'est ainsi que le Livre des Cent Ballades nous montre, à côté des ducs de Berri et d'Orléans, les grands seigneurs et les gens de cour, les la Trémouille et les Couci, les Philippe d'Artois et les Jean Boucicaut, rivalisant d'ingénieuse galanterie et d'habileté poétique. Les règnes de Charles V et de son successeur sont déjà l'apogée d'un genre qui devait connaître de longues années de prospérité, jusqu'au jour où, s'eflFaçant devant la gloire triomphante du Sonnet, il disparut sous la condamnation accablante et dédaigneuse des poètes de la nouvelle école * .

' De ces vieux Chante Royaux décharge le krdeatt ;

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