‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 71 sur 77 · LA BALLADE AYANT DES CHAMPS · texte numérisé non relu

LA BALLADE AYANT DES CHAMPS

l'emploi du vers de dix syllabes en ce genre de poésie : < Aucuns, dit-il, font ballades en vers de dix syllabes... et les autres prennent deux lignes pour refrain... Mais si (l'auteur) excède huit lignes et huit syllabes, ce n'est plus ballade. » Trente ans après, Thomas Sibilet, écrivant un traité des genres poétiques, qui parut pour la première fois en 1555 *, affirma que la Ballade était, à l'origine, exclusivement consacrée aux sujets sérieux et relevés. « Mais, dit-il, avec le tems, empireur de toutes choses, les poètes françois l'ont adaptée à matières plus légières et facétieuses, en sorte qu'aujourd'hui la matière de la ballade est toute telle qu'il plaist à celui qui en est auteur. » Ce que Técrivain du xvi® siècle signale ici comme un déclin du genre en fut l'essence même. Sans parler de des Champs, que Sibilet ne pouvait connaître, les ballades de Machaut et de Froissart, celles de Charles d'Orléans comme celles de Villon, de Christine de Pisan et de Marot lui-même, ne sontelles pas la preuve que la Ballade admettait tous les tons, se pliait à toutes les fantaisies du poète ?

* Art poétique françois, pour riostruction des studieux, etc. . . Paris, Yve Regnault, 1555.

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La Ballade, souvent adressée à de grands personnages, patrons des poètes, retint vo^ lontiers l'appellation de Prince, dont le Chant Royal avait fait le premier mot de son envoi. En adoptant Tusage de ce courtois et galant épilogue, on en varia les termes selon la qualité et le sexe de la personne qu'on avait en vue. On le supprima d'ailleurs toutes les fois qu'on le jugeait superflu. C'est la pratique constante de Machaut et de Froissart : c'est celle de des Champs* Les ballades qu'il termine par un envoi sont des confidences familières sur tout sujets à l'adresse des personnages les plus divers.

Un certain nombre de chansons royales figurent parmi les œuvres de des Champs. Ce sont des ballades de proportions plus amples et d'un style parfois plus soutenu. Telle de ces pièces se rattache à un événement politique ou religieux considérable, la guerre aveo l'Angleterre s le schisme^; telle autre est une satire éloquent^ du temps présent ^ ; celle-ei est un souvenir de ses campagnes ^, ou

^ Man., 311, col. A.

• Tarb.. I, 180.

' Çb^p-i ^» ^' ci-de86U8 p. 311.

* Tahb. , ï, 11,

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