‹ Étude sur Eustache des ChampsChapitre 73 sur 77 · LA BALLADE AVANT DBS CHAMPS · texte numérisé non relu

LA BALLADE AVANT DBS CHAMPS

à l'adresse de quelque vaniteux « rhétorique », et des juges qui l'ont couronné.

Il n'est pas de mon sujet de suivre les destinées de la Ballade après des Champs. Je me bornerai à rappeler qu'elle fut pendant deux siècles (1350-1550) la forme préférée de notre poésie française. Des Champs, par l'usage heureux et varié qu'il en fit, dut contribuer plus que personne à la fortune du genre .

Vertu et de la Beauté, qui ont inspiré à des Champs deux ballades, et à Chaucer un poème. Gower a repris à son tour l'idée de Chaucer y dans la 4' partie du poème intitulé Confessio Aman' iis (yoy. Todd's. Illustrations of&ower and Chaucer, Zondon, 4840), U y aurait du reste un rapprochement possible entre l'auteur du Spéculum Meditantis et celui du Miroir du Mariage : on retrouverait sans peine chez des Champs le tour d'esprit moralisant que Ton signale chez celui que Chaucer appelait le moral Gower.

^ Tarb.» I, U8.

CHAPITItE XXI

ORIGINALITÉ PROpBî; PÇ DES CHAMPS,— CONCLUSION.

La langue de des Champs est pauvre et sèche ; la pureté lui manque, et tràfirsouvent la petteté. Les incorreetions, les locutions bar^ bares abondent dans sa phrase. Les formes grammaticales y sont à chaque instant modifiées, altérées de la façon la plus arbitraire ; les désinences s'allongent, se resserrent, se retranchent selon les besoins de la rime ou les exigences de la métrique. Le style n'est pas moins défectueux : la pensée du poète s'égare en digressions sans fin, se noie dans les redites les plus fastidieuses. Mais sur cette trame embrouillée et obscure se détachent, nous l'avons vu, des traits d'une précision vigoureuse, d'une vérité simple et forte ; soit qu'il oppose la majesté divine à cette majesté d'emprunt

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