‹ Étude sur Georges MichelChapitre 16 sur 123 · TRAVAUX DE MICHEL; DIFFICULTÉ D’EN CONSTATER LES DATES. LF.S SALONS · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE MICHEL; DIFFICULTÉ D’EN CONSTATER LES DATES. LF.S SALONS

— LES SUJETS. — LES CRITIQUES. — LE CRITIQUE-PEINTRE CHERY. l’eSPRIT

ANTI-PAYSAGISTE DU TEMPS. — MICHEL EXPOSE RAREMENT. — SES REFUS PEUT- ÊTRE? — SES TRAVAUX DE COPIES, DE RESTAURATIONS. — SES LEÇONS.

i nous cherchons la trace écrite des travaux de Michel, nous ne la trouvons que dans les livrets des expositions nationales, à partir de 1790, époque ou l’Assemblée nationale donna aux artistes la faculté de produire leurs ouvrages aux Salons publics, sans distinction de privilèges.

Michel n’avait point été membre de l'Académie royale de peinture. 11 n’avait pu prendre part aux fameux Salons qui n’admettaient que les ouvrages des artistes reçus par concours à ce corps célèbre,, auquel une réputation européenne avait attiré tant de disputes et d’inimitiés.

11 ne s’était pas non plus montré aux expositions de la redoutable rivale de l’Académie royale, l’Académie de Saint-Luc, qui avait cessé ses exhibitions bien avant 1789.

Aussi l’apparition de Michel ne peut-elle être constatée qu’au livret de 1791, à F « Exposition décrétée par ordre de l’Assemblée nationale au mois de septembre 1791, l’an 111 de la liberté. »

Michel y avait fait trois envois :

i° Un petit tableau représentant un Marché de chevaux et d' animaux ;

2° Un autre petit paysage ;

3° Un autre petit paysage.

Le livret indique qu’il demeurait, alors, rue Comtesse d’Artois, n° 8 1 .

Bruandet, le peintre faubourien, le Falstaff des barrières, son ami, qui lui aussi avait été éloigné de l’Académie royale de peinture, y figurait avec quatre tableaux de paysage, dont un représentait une « vue de la forêt de Fontainebleau. »

Les petits maîtres, tels que Senave, Charpentier, Swebach- Desfontaines, y apparaissent* mais Demarne, l’ami de Michel, un peu étourdi, comme un académicien devait l’ètre, de la nouvelle et bruyante exposition, s’était abstenu.

Et la séduisante madame Lebrun n’y envoyait plus qu’un modeste portrait; tandis que sa rivale, madame Guyard, y produisait avec éclat les effigies de Robespierre et d’Alexandre Lameth.

L’Académie royale était vaincue, dispersée, son privilège était anéanti pour les expositions par le nouveau décret de l’Assemblée, et la nouvelle ère démocratique commençait pour les artistes.

Michel est-il remarqué dans cette exhibition nationale ? Nous n’en avons trouvé qu’une bien faible trace.

Une des plus sérieuses critiques de ce Salon a été faite par un peintre nommé Chéry, dans une brochure intitulée : Explication et Critique impartiale de toutes les peintures et sculptures, gravures, dessins, exposés au Louvre d'après le décret de l'Assemblée nationale, au mois de septembre 1791 , l'an III de la liberté, par M. D..., citoyen patriote et véridique,

Qui lui-même avait exposé un Alcibiade mort, auquel il ne ménage pas les éloges sous le nom de D.. .

Chéry s’exprime ainsi sur son confrère :

« N° 620 : Un Marché aux chevaux, par M. Michel; faible.

Page 1