CHAPITRE III
Résignons-nous donc à laisser Michel, pour cette époque de sa vie, parmi les artistes médiocres du temps, qui ne furent ni approuvés ni blâmés, et qui poursuivaient leur carrière de peintre avec une insouciance de renommée, et une application au travail qu’on retrouve peu de notre temps.
Si Michel avait eu de la vanité ou de la jactance, s’il avait été dévoré du démon de l’ambition ou de la réclame, quel coup de pistolet n’eût-il pas tiré, comme on le dit aujourd’hui, en envoyant au Salon quelque page farouche et empâtée, comme il en fit dans sa vieillesse !
Mais le dix-neuvième siècle était encore dans l’âge de la naïveté, et Michel, plus qu’un autre peut-être, avait la fierté de sa force et la pudeur de sa modestie.
Il faut donc nous borner à attendre du temps des indications précises et à puiser plutôt dans nos inductions que dans nos preuves les dates des phases et les manières des travaux de Michel.
Nous l’étudierons plus loin sous plusieurs formes, et avant de l’envisager dans ses transformations, nous chercherons à connaître ce qui l’anima comme homme, ce qui l’inspira comme peintre.